La ferme Valayre otage de la lourdeur administrative
Plusieurs intervenants municipaux et régionaux de même que de la fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Centre-du-Québec étaient réunis devant la ferme Valayre de Saint-Valère, mercredi (16 septembre), afin de dénoncer une lourdeur administrative gouvernementale qui retarde la reconstruction de l’étable réduite en cendres lors d’un incendie survenu en septembre 2025. L’UPA et la MRC d’Arthabaska déplorent la situation et exigent du prochain gouvernement de revoir les façons de faire.
Le vice-président de l’UPA Centre-du-Québec, Éric Houle, n’a pas manqué de rappeler que les entreprises agricoles souhaitaient investir et se développer, mais les règles imposées, de même que la lourdeur administrative et règlementaire qui y est reliée, notamment par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), sont autant de freins, comme le démontre bien le cas de la ferme Valayre.
En effet, depuis plus d’une année la famille Hébert (Louis et ses fils Matthieu et Mikaël) suit le processus administratif complexe qui lui permettra d’obtenir les autorisations nécessaires afin de reconstruire l’étable incendiée et reprendre son activité laitière.
Toutefois, le bâtiment se retrouve dans une zone désignée comme inondable (bien qu’aucune inondation n’y ait été enregistrée depuis plus de 100 ans), ce qui complexifie toute la démarche. Actuellement, la reconstruction attend la publication des nouvelles cartes de zones inondables du gouvernement ce qui devait être fait en juillet dernier. L’échéancier n’a pas été respecté et certains estiment que le déclenchement des élections provinciales repousse encore plus la publication tant attendue par la famille Hébert qui, depuis les événements, est privée de revenus, son troupeau de 180 têtes ayant été décimé en majeure partie et son quota de lait loué.
Les intervenants ont voulu faire une sortie publique afin de rappeler que le temps presse pour cette famille qui a d’ailleurs suivi tout le processus à la lettre, réunissant de nombreuses études, faisant appel à des experts (dont certains n’ont pas voulu accepter le mandat à cause de la complexité de la démarche).
« Ça n’a pas de sens, la demande d’autorisation fait plus de trois centimètres d’épaisseur pour reconstruire une étable après un incendie. Et malgré tout cela, la famille doit toujours attendre une carte. Plusieurs autres entreprises agricoles actuellement situées en zone inondable pourraient se retrouver dans la même impasse », déplore M. Houle en demandant au gouvernement d’intervenir dans ce dossier rapidement.
Même son de cloche du côté du préfet de la MRC d’Arthabaska, Mathieu Allard, qui suit la situation de très près depuis l’incendie. « La problématique dépasse les compétences de la MRC, mais ce dossier doit devenir un cas de référence. Il faut trouver les moyens que ça ne se reproduise pas », a-t-il mentionné. À cet effet, en mai dernier, la MRC s’est impliquée en adoptant une résolution en appui à la reconstruction de la ferme Valayre.
M. Allard estime que la situation est insupportable pour la famille Hébert et qu’il est impératif de mettre en place un mécanisme simple, rapide et prévisible pour des cas semblables.
Alors qu’il était toujours député (avant le lancement de la campagne électorale), Alex Boissonneault a également tenté de résoudre ce dossier. Il était présent lors de la rencontre soulignant que cette situation « était symptomatique d’un gouvernement qui n’écoute pas son monde ».
À la ferme Valayre, en attendant, la pelle mécanique est prête à se mettre en action, mais malgré toute la bonne volonté de la famille l’hiver étant à nos portes, il est peu probable que la reconstruction puisse débuter avant le printemps prochain.
Mais tous les intervenants au dossier espèrent une intervention gouvernementale rapide dans ce cas particulier, mais demandent aussi de revoir l’ensemble des processus afin qu’ils contribuent à soutenir le développement des entreprises agricoles qui sont en première ligne de l’autonomie alimentaire plutôt que de les ralentir ou même de les freiner.
