Intimidation et retrait : la CSBF s’explique

VICTORIAVILLE. En matière d’intimidation et de violence, tolérance zéro demeure le mot d’ordre à la Commission scolaire des Bois-Francs (CSBF). Et dès que surgit une situation problématique, un processus se met en branle et des actions sont entreprises. Le directeur général Daniel Sicotte a ainsi tenu à faire le point à la suite du témoignage d’un adolescent victime d’intimidation et du retrait de sa formation en plâtrage du Centre de formation professionnelle Le trécarré.

Dans ce cas précis, le directeur général prévient, d’entrée de jeu, qu’il ne peut, pour des questions d’éthique et de légalité, divulguer beaucoup de détails. «Mais je veux apporter certains éclaircissements et préciser que l’aspect intimidation, ici, n’a aucun lien avec le retrait de la formation. Le retrait survient au terme des cinq niveaux de l’intervention en cascade. Ce processus est connu des élèves dès le début de la formation», a expliqué Daniel Sicotte.

Diverses interventions sont menées auprès de l’élève avant la décision d’un retrait de la formation. «On ne peut être retiré pour un seul élément, a souligné le directeur général de la CSBF. Un code de vie est en place selon le type de métier, selon les aptitudes requises. Et il existe toute une approche. Un accompagnement se fait auprès de l’élève. On n’attend pas au cinquième niveau avant de le rencontrer.»

Le retrait de la formation, par ailleurs, ne signifie pas une expulsion puisque dès lors, un processus s’enclenche pour la réintégration de l’élève ailleurs dans le milieu scolaire.

Dénoncer l’intimidation et la violence

Les actes d’intimidation et de violence n’ont pas leur place dans les établissements de la CSBF. «Le fait de dénoncer constitue un bon pas, affirme Daniel Sicotte. Il faut vraiment inciter les gens à dénoncer. On doit cependant accepter qu’il s’agisse d’un processus qui peut, parfois, être complexe. Mais si on roule dans la confiance, avec une bonne communication, souvent les problèmes se corrigent bien.»

Dès qu’une plainte survient, ou bien qu’une situation parvient à l’oreille d’un enseignant, on pose des gestes. «Une enquête débute, il y a intervention immédiate, a fait savoir le directeur général. Et le processus comporte plusieurs interventions dans le temps.»

Mais les intervenants ne se tournent pas, à chaque fois, vers le plaignant pour lui indiquer toutes les actions entreprises. «On ne peut pas tout dévoiler, ce qui peut amener les élèves et les parents à l’impression qu’on ne fait rien», a souligné Daniel Sicotte.

Le directeur général assure que toutes les questions liées à la violence et à l’intimidation sont rapidement traitées. «Avec sérieux et avec une intervention constante», a-t-il noté.

D’ailleurs, chaque école, chacun des centres possède son plan de lutte contre l’intimidation et la violence. La loi le prescrit pour les écoles primaires et secondaires. Mais la CSBF, a précisé son directeur général, l’applique aussi dans les centres de formation professionnelle.

«Dès qu’arrive un signalement, on agit. Mais comme c’est souvent le cas dans ces affaires, rien n’est tout noir ni tout blanc. Ce serait si facile si tout était noir ou blanc, a fait valoir M. Sicotte. Mais on se trouve souvent dans les zones grises. On doit trouver la vérité à travers les perceptions pour être capable d’effectuer la bonne intervention.»

Le directeur général de la CSBF accorde sa pleine confiance aux enseignants et aux directions d’écoles. «Je suis convaincu que tous mettent des actions en place. Ils ont tous un protocole à suivre. Parfois les actions sont porteuses, mais d’autres fois, elles n’apportent pas le fruit attendu, a-t-il observé. Ainsi la situation nécessite un accompagnement tant pour la victime que pour la personne qui intimide et pour les parents. Bref, chaque situation présente sa complexité, mais des actions sont mises en branle rapidement.»