Internet : Saint-Louis-de-Blandford en TGV

SAINT-LOUIS-DE-BLANDFORD. À Saint-Louis-de-Blandford, on considère que la possibilité d’accéder à Internet à très grande vitesse constitue un service essentiel. On en a fait un choix politique, un outil de développement économique. Des municipalités comme Saint-Rémi-de-Tingwick, Notre-Dame-de-Lourdes et Plessisville reluquent la formule adoptée par Saint-Louis, soutient Normand Champagne, inspecteur en bâtiments et en environnement de la Municipalité.

Il a réagi à la lecture d’un dossier de TC Media paru dans le journal Les Affaires il y a quelques semaines faisant état des inégalités d’accès à l’Internet à grande vitesse (plus de 100 Mbit/s) des entreprises québécoises.

À Saint-Louis-de-Blandford, tous les propriétaires, sans exception, y ont accès, et cela depuis quatre ans, claironne M. Champagne.

Les frais de construction de l’autoroute électronique figurent à même la facture de taxes des contribuables ludoviciens. La taxe spéciale est de 25,34 $ et ils la paieront pendant 15 ans, la Municipalité ayant emprunté une somme de 510 000 $ pour les quatre mois qu’a duré le chantier de construction du réseau.

M. Champagne raconte comment, avec Téléphone Warwick (acquise depuis par Sogetel), Saint-Louis-de-Blandford a tissé son réseau de fibres optiques, ayant d’abord tendu la perche à d’autres entreprises comme Vidéotron, Cogeco, Télébec. «Vidéotron ne trouvait pas d’intérêt à nous desservir, Cogeco n’avait rien à proximité de Saint-Louis et Télébec ne pouvait pas nous offrir la très grande vitesse», raconte Normand Champagne. Saint-Louis recherchait la meilleure solution, la fibre optique ayant éclipsé l’érection de tours à micro-ondes.

À l’époque – en 2009 –, seul le village disposait de la fibre optique, la Municipalité comme les autres de la MRC d’Arthabaska ayant profité d’un programme visant à relier entre eux tous les centres administratifs.

Les propriétaires du village ne représentaient donc que 30% des contribuables de Saint-Louis ayant accès à la fibre optique. Les 350 autres propriétaires étaient dispersés au Lac Louise, dans le rang Saint-François. «Et notre zone industrielle – en bordure de l’autoroute – n’était pas desservie.»

En octobre 2009, la Municipalité a lancé un appel d’offres après avoir été guidée par Sogetel pour confectionner son devis. «On avait 36 kilomètres de réseau à construire», se souvient M. Champagne. Là où il était impossible d’emprunter des lignes existantes pour faire passer la fibre optique, il a fallu planter des poteaux. Et, à deux endroits, on a dû creuser sous l’autoroute 20, pour relier le Lac Louise et la zone industrielle. C’est la firme Marcom génie-conseil de Trois-Rivières qui a décroché le contrat.

Personne ne s’est élevé contre ce choix qu’a fait la Municipalité de se doter d’un réseau de fibres optiques, note encore l’inspecteur en bâtiments.

«Cela fait partie de notre grande séduction», souligne-t-il, l’accès à un service à très haut débit constituant un atout pour la Municipalité, parfois une condition pour certains de s’y s’établir. M. Champagne évoque le cas d’une travailleuse autonome ayant besoin d’une connexion efficace.

Il donne aussi l’exemple du Lac Louise qui, partant du nouveau réseau de fibres optiques, peut offrir, par Wi/max, l’accès à l’Internet pour ses campeurs.

Que le contribuable choisisse ou non de se payer la très grande vitesse (différents forfaits d’utilisation sont offerts par Sogetel), la taxe spéciale de 25,34 $ de chacun s’apparente à la taxe scolaire. «Tous la payent, même ceux qui n’ont pas d’enfant!», observe encore Normand Champagne.