Impact-Bio réinvente la bouteille d’eau

Une toute nouvelle entreprise, Impact-Bio, même en phase de démarrage, attire déjà l’attention, ayant été honorée, deux fois plutôt qu’une, au récent Défi OSEntreprendre.

L’entreprise, qui fabrique des bouteilles en biopolymère 100% compostable, a mérité le premier prix national de 8000 $ dans la catégorie Exploitation, transformation, production.

On a dit de Virginie Jasmin, à la tête de l’entreprise avec son père Martin, qu’elle est une entrepreneure dynamique, à la vision claire proposant des bouteilles d’eau 100% compostables pour le secteur touristique et événementiel en visant un premier marché ciblé, celui de l’hôtellerie.

Impact-Bio a aussi remporté le prix Ingéniosité assorti d’un montant de 3000 $. Un honneur qui vient saluer “cette approche audacieuse, créative et engagée qui repense la façon d’offrir l’eau embouteillée”.

Une innovation porteuse de sens dans sa fabrication et son cycle de vie. Par son ambition, sa portée humaine et son engagement, cette entreprise est ancrée dans l’action, a-t-on souligné.

Âgée de près de 30 ans, cette maman de trois enfants est établie à Saint-Norbert-d’Arthabaska, mais l’entreprise s’installera à Victoriaville. Intervenante sociale de formation, Virginie Jasmin a travaillé dans le milieu communautaire.

Sa fibre entrepreneuriale est plutôt récente. “Ça ne vient pas de très loin. Ma fibre entrepreneuriale me vient, en fait, du projet, de la bouteille et de ses possibilités. Je crois qu’il présente tellement de potentiel pour faire le bien autour de nous. Alors, il faut que j’aille jusqu’au bout”, raconte-t-elle avec le www.lanouvelle.net.

Elle s’est intéressée au projet en voyant son père qui a découvert cette façon de faire, cette technologie, il y a deux ou trois ans. “Il se demandait pourquoi on n’utilisait pas cela au Québec. Il a fait ses recherches et moi je me suis joint à lui il y a deux ans”, précise-t-elle.

Si sa fibre entrepreneuriale est plutôt récente, en revanche, le développement durable anime Virginie Jasmin depuis toujours. “Ma mère m’appelait la grano, la granola. J’ai toujours trouvé important de prendre soin de ce qui nous entoure”, avoue-t-elle.  

Au chapitre de l’entrepreneuriat, son père et elle se définissent comme deux visionnaires. “On voit le potentiel des choses.”

Pour ses bouteilles, Impact-Bio a recours à un polymère biodégradable et biosourcé, le PLA ou acide polylactique fait à partir de la canne à sucre. “C’est utilisé déjà un peu partout dans le monde. Mon père a découvert le tout à l’île Maurice. Il y en a partout là-bas, mentionne Virginie. On veut l’adapter à notre sauce à nous, pousser le modèle encore plus loin en développement durable.”

L’entreprise vise un large marché, à commencer par l’industrie touristique. “Avec ses normes et ses certifications, l’industrie effectue un grand effort en développement durable”, note la jeune entrepreneure, citant en exemple les restaurants et les événements populaires. “On veut répondre à un besoin, pouvoir boire de l’eau sans culpabilité puisque notre produit ne comporte aucun plastique. C’est un polymère”, rappelle-t-elle.

Si un mauvais humain, illustre-t-elle, lançait une de leurs bouteilles en forêt, il n’y en aurait plus aucune trace en 10 ou 12 ans.

Impact-Bio propose, pour le moment, deux formats populaires, les 500 et 750 ml.

“Même l’étiquette, nous sommes en train de la revisiter pour voir s’il y a d’autres façons de faire pour optimiser davantage et s’assurer d’avoir le moins d’impacts possible”, confie-t-elle.

Sa bouteille portant le nom de Raffinée se destine surtout à l’industrie hôtelière de prestige. “Et on travaille sur un autre modèle, plus on the go pour les festivals, pour que ce soit plus facile à réutiliser”, signale Virginie Jasmin.

Si l’entreprise commence par les bouteilles, elle a bien d’autres projets en tête comme proposer, dans un horizon de trois à cinq ans, des attaches pour les plants de tomates compostables plutôt que les attaches de plastique.

Impact-Bio fera le développement de la formulation du polymère biosourcé qui revalorisera les bouteilles vides par la remise en granules pour la production de ces attaches pour les serres. “On veut diminuer le volume de déchets, réutiliser la matière, on fera un mélange. Ce sera compostable”, mentionne l’entrepreneure.

Chose certaine, les idées ne manquent pas. “Sky is the limit, lance Virginie. Mais d’abord, on démarre. C’est motivant de vouloir rendre le monde meilleur, c’est notre mission. Nous en sommes bien fiers.”

Partenaires recherchés

Impact-Bio étant en démarrage, l’entreprise est en mode de recherche de partenaires, de collaborateurs, de personnes intéressées à appuyer le père et sa fille dans leurs démarches. On peut les contacter par les réseaux sociaux. “On doit débuter la production dans les prochains mois. Il nous reste à attacher quelques ficelles. On veut prendre le temps de bien faire les choses. On prend le temps nécessaire et on s’assure de respecter nos valeurs de développement durable. C’est la base de ce qu’on fait. Nous voulons démarrer sur des bases solides”, explique Virginie qui salue, au passage, l’équipe de Destination Entreprise.

“L’organisme nous aide beaucoup dans nos démarches. Dans leurs propos, on voit qu’ils savent ce qu’ils font. Ils ne craignent pas de poser les questions nécessaires. Ils donnent l’heure juste”, précise-t-elle.

Impact-Bio entend s’implanter à Victoriaville, ayant un endroit en tête. “Victoriaville compte plusieurs belles entreprises. C’est la beauté à Victoriaville, la force de l’entrepreneuriat”, observe Virginie Jasmin.

À terme, Impact-Bio aura une capacité de production de quatre millions de bouteilles. “Ça va rouler, indique la jeune femme, mais nous n’aurons pas besoin d’une très grande équipe, au départ, peut-être cinq personnes, notamment des gens d’expérience en plasturgie. Et puis, nous aurons des personnes à la manutention et à l’administration. Au fil du temps, on s’ajustera à la demande.”

C’est un marché entièrement québécois que vise Impact-Bio. “On est dans un modèle d’affaires où l’on veut faire une différence. Je pense que les entreprises locales ont le devoir de rendre leur population meilleure, plaide Virginie. On a un pouvoir de changement. Il faut l’exercer, faire ce qu’on peut pour rendre le monde meilleur.”

Les bottines suivent les babines dans le cas de Virginie qui est impliquée dans son milieu, siégeant au sein du conseil d’administration de la Maison des familles en plus d’agir comme trésorière à la Corporation de la famille et des amis de l’école communautaire l’Eau Vive. “Je trouve important de m’engager, de faire une différence positive autour de nous. On est là pour rendre le monde meilleur en tant qu’humain. Tout est cohérent.”