De grands défis attendent Donald Martel

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, vient officiellement de faire son entrée au Conseil des ministres. À l’occasion du remaniement annoncé par le premier ministre François Legault, il prend la tête du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Il succède ainsi à André Lamontagne, député de Johnson, qui quitte ses fonctions ministérielles après sept années à occuper ce portefeuille stratégique.

En plus du MAPAQ, M. Martel devient également ministre responsable du Centre-du-Québec, un rôle qu’assumait déjà son prédécesseur.

Député depuis 2012, réélu en 2014 puis en 2018, Donald Martel est reconnu comme un fidèle allié de François Legault. Depuis l’automne 2022, il agissait comme adjoint parlementaire de la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, en plus de siéger à la Commission de l’économie et du travail.

Les réactions du milieu agricole

La Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Centre-du-Québec a rapidement réagi à cette nomination. Dans un communiqué, l’organisation a félicité M. Martel et remercié chaleureusement André Lamontagne pour son engagement auprès des agriculteurs.

«En tant que ministre responsable de la région, M. Lamontagne a toujours accordé une attention particulière aux enjeux agricoles du Centre-du-Québec. Il participait activement aux événements organisés par la Fédération régionale, rencontrait les producteurs sur le terrain, écoutait leurs préoccupations et maîtrisait parfaitement ses dossiers», a souligné Julie Bissonnette, présidente de la Fédération régionale.

Des dossiers prioritaires sur la table

Si le milieu agricole salue la transition, plusieurs dossiers pressants attendent le nouveau ministre. L’UPA insiste d’abord sur la nécessité de rehausser le budget consacré à l’agriculture. Alors que plusieurs pays y consacrent plus de 1,5% de leur budget, le Québec et le Canada demeurent sous la barre du 1%. Selon la Fédération, une telle hausse offrirait une meilleure stabilité financière et un soutien durable à un secteur fragilisé par une rentabilité en baisse, un endettement record et une forte augmentation des charges.

Le remboursement de la tarification carbone représente un autre enjeu majeur. Faute d’alternatives technologiques comme des tracteurs électriques, les producteurs doivent composer avec des coûts supplémentaires importants. Les 187 millions de dollars annoncés en juin dernier sont jugés nettement insuffisants, puisque le secteur a déjà contribué entre 400 et 500 millions de dollars depuis 2015. Un remboursement plus équitable permettrait de réellement soutenir les entreprises agricoles et de maintenir un environnement d’affaires compétitif.

Enfin, la protection du territoire agricole demeure une préoccupation constante. Bien que la Loi visant à assurer la pérennité du territoire agricole et sa vitalité soit saluée dans son ensemble, elle ne règle pas la question des usages non agricoles, responsables de la perte de 61 000 hectares de terres cultivables au Québec entre 1998 et 2022. Pour l’UPA, un encadrement plus strict de ces usages est essentiel afin de garantir l’avenir du secteur et de faciliter l’établissement de la relève agricole.

Des enjeux régionaux bien présents

Comme ministre responsable du Centre-du-Québec, Donald Martel devra aussi s’attaquer à des priorités locales. Parmi celles-ci, la Fédération régionale insiste sur la nécessité de faciliter l’accès au nettoyage des cours d’eau, un processus actuellement lourd et coûteux pour les producteurs, et de renforcer l’aide aux agriculteurs touchés par les événements climatiques extrêmes, dont les programmes sont jugés insuffisamment adaptés.

Déjà familier des réalités agricoles de sa circonscription, Donald Martel arrive donc à la tête du MAPAQ avec un carnet de dossiers bien rempli. Ses premiers gestes seront scrutés de près par les producteurs, qui attendent des réponses rapides à des enjeux financiers, environnementaux et structurels cruciaux pour l’avenir du secteur.