Claude Raymond quitte la barre de Répit Jeunesse

Trente-quatre mois, c’est le temps qu’il aura fallu à Claude Raymond, spécialement sorti de sa retraite, pour redresser la situation financière de Répit Jeunesse qualifiée, à ce moment, de catastrophique et que les représentants du CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec suivaient avec préoccupation.

Une situation, s’empressera de préciser M. Raymond en annonçant  son départ, qui n’était surtout pas la conséquence d’une mauvaise gestion, mais plutôt le résultat d’une trajectoire tout à fait défavorable à l’organisme. Climat d’austérité, pertes ou gels de subventions, mauvaise conjoncture temporelle, calendrier défavorable, tout semblait s’être ligué pour mettre à mal l’organisme.

Avant d’aller plus loin et à titre d’information, mentionnons que, au cours de la dernière année, Répit Jeunesse est venu en aide à plus de 700 jeunes âgés de 12 à 30 ans et présentant diverses problématiques allant de l’isolement social jusqu’à la marginalisation et à l’exclusion, en passant par tout ce qu’il y a d’imaginable de facteurs aggravants : rupture familiale, rupture scolaire, consommation ou dépendance aux drogues et à l’alcool, prostitution, violence subie ou exercée, santé mentale vulnérable ou sursollicitée, etc.

Concrètement, le redressement réalisé correspond à une correction de quelque 700 000 $ composée d’une hypothèque, d’un déficit accumulé et d’un déficit structurel qui, dans l’année de son arrivée, avait atteint plus de 100 000 $. Pour M. Raymond, ce dernier aspect a d’ailleurs été le plus difficile à résoudre, voire le plus ingrat, puisqu’il a exigé des coupures de services et la compression de conditions de travail déjà fort peu généreuses dans les organismes communautaires.

Mais les efforts ont porté fruit et Répit, aujourd’hui, vogue sous des cieux plus cléments.

Les organismes communautaires : les sous-traitants sous-payés de l’État

Est-ce à dire que désormais Répit Jeunesse vit dans l’aisance? Répit Jeunesse est actuellement en excellente position de répondre M. Raymond, mais, s’empresse-t-il d’ajouter, aucun organisme communautaire ne vit dans l’aisance. Dans les faits, les organismes communautaires sont constamment sous pression, une pression, souligne le directeur sortant issu de l’entreprise privée, que peu d’entrepreneurs supporteraient.

Et de préciser, M. Raymond, les organismes communautaires sont d’abord des entités sans lesquelles l’État devrait assumer lui-même le service, avec ce que cela supposerait  d’augmentation de coûts : hausse des salaires, conditions de travail élaborées et tout le reste. En ce sens, de conclure le directeur sortant, les organismes communautaires sont des sous-traitants sous-payés au service de l’État.

Départ le 2 janvier 2018

Ceci dit, M. Raymond passera le relais le 2 janvier prochain. À cet effet, le processus de recrutement sera lancé dans les semaines à venir.

Que gardera le directeur sortant de son passage à Répit? D’abord, dira-t-il, le sentiment d’un cadeau que lui a fait la vie, en lui permettant de contribuer, à sa manière et selon ce qu’il est, à la cause des jeunes au parcours différent et qui embarquent dans la vie en traversant d’abord un champ de mines qui ne cessent de leur sauter au visage.

Il se rappellera également longtemps de ces merveilleux fous, les membres du dixtuor de rêve qu’il a formé (cinq hommes, cinq femmes) et qui ont pris à bras le corps la campagne de financement de l’organisme et l’ont menée à bien. Comme il se souviendra de tous ces gens, les membres du conseil d’administration en tête de lice, qui s’investissent de la cause des jeunes en difficulté et y contribuent sans compter leur temps.

En terminant, mentionnons que M. Raymond en était à sa deuxième intervention en faveur de l’organisme, la première datant de 1993 alors que Répit Jeunesse démarrait ses activités et manquait cruellement d’argent. À ce moment, il avait conçu et mis en place une campagne d’un nouveau genre, pour l’époque, et qui avait permis à l’organisme de se créer un fonds pour ses trois premières années.