CISSS : il est «minuit moins une!»

VICTORIAVILLE. Tout le monde, les maires de Drummondville et de Victoriaville, ainsi que le député caquiste François Paradis, admet qu’il «est minuit moins une» pour cette demande d’implanter un Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) propre au Centre-du-Québec. Les élus disent et redisent que le ministre Gaétan Barrette a encore le pouvoir de changer son fusil d’épaule afin de reconnaître le bien-fondé de la requête du milieu centricois.

Le député Paradis, porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de santé, a convoqué une conférence de presse dans le hall d’entrée de l’Assemblée nationale mardi matin à laquelle ont participé les maires de Drummondville et de Victoriaville, Alexandre Cusson et Alain Rayes. Ont assisté à cette conférence les députés caquistes, Sébastien Schneeberger et Sylvie Roy.

La conférence de presse visait essentiellement à demander une rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard, les élus n’ayant pas l’«oreille» du ministre Barrette, comme l’a dit le maire Rayes. Les maires ont reconnu avoir essuyé un premier refus de la part du chef du gouvernement qui les a retournés au ministre de la Santé.

À la question d’un journaliste qui demandait si les maires ne se tiraient pas dans le pied en se faisant accompagner par un groupe de la deuxième opposition, M. Rayes a répondu que non.

Il a expliqué que jusqu’à maintenant, ils avaient échoué dans leurs démarches auprès du ministre Barrette à faire reconnaître la région à part entière. «On peut respecter les principes du projet de loi», a souligné M. Rayes. Mais d’implanter un seul CISSS pour la Mauricie et le Centre-du-Québec s’apparenterait à ce que le gouvernement fédéral exige du Québec de s’associer avec l’Ontario afin d’exercer une compétence et d’installer le siège social à Ottawa. «On n’a rien contre la Mauricie», a poursuivi le maire de Victoriaville. Est-ce que Trois-Rivières accepterait de relever de Victoriaville, de Drummondville ou de Bécancour?, a demandé M. Rayes. «Poser la question, c’est y répondre.»

Le maire Alexandre Cusson a parlé de la «lutte» à mener pour faire reconnaître la région Centre-du-Québec, la seule des 17 à ne pas être reconnue. Serait-elle une région de deuxième ordre, a-t-il demandé.

Il a dit du ministre Barrette qu’il ne «calmait pas la population», qu’au contraire, il l’inquiétait. Le maire a reproché au ministre d’avoir «instrumentalisé» une réunion des CMDP des deux régions en décembre dernier. Depuis, les gens du CMDP (Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens) du CSSS de Drummond ne participent plus à ce genre de rencontre avec leurs vis-à-vis de Trois-Rivières afin d’éviter que leur présence soit interprétée comme un appui à l’établissement d’un seul CISSS pour les deux régions. Les médecins de Drummond craignent d’être «instrumentalisés» par les gens de la Mauricie, a dit le maire Cusson.

Aux yeux du député Paradis, qui revendique aussi un CISSS pour les régions de Laurentides et de Lanaudière, il y a «mobilisation» au Centre-du-Québec. «Les gens veulent et souhaitent un CISSS, c’est un fait», a-t-il dit. Il a évoqué l’appui qu’ont donné aux élus les professionnels de la santé et les deux chambres de commerce du Centre-du-Québec. Il a également parlé des recommandations «valables et étayées» qu’ont soumises les élus au ministre Barrette.

Les maires ont aussi fait allusion à l’appui reçu par leurs homologues des autres municipalités, par les organismes communautaires et par les représentants des deux CMDP qui les avaient accompagnés lors d’une première rencontre, en décembre, avec le docteur Barrette.

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(http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/index.html) on pourra entendre la conférence de presse.

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