Unis contre la violence faite aux femmes

Unis contre la violence faite aux femmes
La commémoration a réuni une vingtaine de personnes, jeudi, à la Vélogare. (Photo : www.lanouvelle.net)

Une vingtaine de personnes ont répondu à l’invitation du comité féministe de la Maison des femmes des Bois-Francs en participant en fin de journée, jeudi, à la Vélogare de Victoriaville, à une activité de commémoration à l’approche du 6 décembre et du douloureux souvenir du drame Polytechnique survenu il y a 33 ans.

« Notre commémoration se tient dans le cadre des 12 jours d’action pour l’élimination des violences faites aux femmes. Ça ne sera pas facile, a prévenu Marie-Claude Goudreault, agente de développement à la Maison des femmes. On va parler de violence. C’est une activité pour nous sensibiliser au fait que la violence n’est pas qu’un coup de poing au visage. C’est beaucoup de choses la violence. »

Les intervenantes ont fait valoir l’importance de l’union face à la violence faite aux femmes. « Ces violences sont quotidiennes, se cachent partout, sont plus discrètes qu’on pourrait le penser, mais aussi plus sournoises et plus banales. Les violences font des ravages jusqu’à ce qu’on les nomme et qu’on agisse pour les transformer. Il est primordial que nous soyons unis », ont-elles soutenu.

Il y a lieu, ont-elles ajouté, de pousser plus loin la réflexion parce qu’on associe souvent la violence à des problèmes de santé mentale et de consommation. On la perçoit davantage, a-t-on dit, comme un problème individuel, un phénomène isolé, ce qui rend difficile l’action.

Or, la définition féministe de la violence la considère plutôt comme un problème de société, un problème créé par les inégalités, les rapports de pouvoir qui existent entre les individus. « C’est véritablement un problème de société, c’est là-dessus qu’on peut agir, sur les inégalités. On peut essayer de les comprendre et de modifier les rapports de force qui existent entre les gens », ont souligné les membres du comité féministe.

La violence prend différentes formes, dont celle avec les mots, la violence verbale qui dénigre, humilie et fait sentir mal.

La violence psychologique, insidieuse, mène la victime à se sentir dans une position d’infériorité et à penser qu’elle est la source du problème.

Il y a la violence la plus connue, la violence physique, mais aussi la violence économique, sexuelle, et même spirituelle et religieuse où l’on empêche la victime d’avoir des croyances précises ou bien on utilise les croyances pour justifier le recours à la violence.

Plus récemment est apparue la violence technologique, celle où l’on utilise les appareils pour surveiller la personne, la suivre, la harceler en lui envoyant des messages ou des appels à répétition.

Sans oublier la violence indirecte ou par tierce personne. C’est le cas lorsqu’on utilise les êtres aimés de la victime, par exemple les enfants, pour lui faire du mal.

Si certains peuvent, devant toutes ces violences, se sentir découragés et douter d’une solution, les intervenantes ont affirmé « qu’on a le pouvoir de faire des actions pour changer la façon qu’on agit avec les autres, pour changer la façon de penser des gens. Il est important de démystifier, de reconnaître la violence, de l’identifier et de la dénoncer. Et d’entreprendre le travail pour changer. »  

Le changement, note-t-on, passe aussi par l’éducation des enfants, s’assurer qu’il n’y ait pas de transmission intergénération de la violence, diminuer les rapports de force et cesser de montrer aux enfants que les hommes ont plus de pouvoir que les femmes dans la société.

Les participants à la commémoration ont aussi été invités à lire et à choisir des phrases recueillies par le comité féministe, des mots que les femmes entendent au quotidien, des mots répétés et qui peuvent sembler anodins, mais qui produisent leurs effets. Des mots de dénigrement, ou même de menace, du genre « Tu sais ce qui va arriver aux enfants si tu me laisses », ou encore « T’es bonne à rien, fais-tu exprès pour être nulle » et « T’es bien chanceuse de m’avoir, personne ne voudrait de toi ».

Ces phrases que les participants ont lues à haute voix étaient ensuite expliquées brièvement, puis déchirées et jetées à la poubelle. Comme pour dire c’est assez et se débarrasser de cette violence.

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Fremich
Fremich
2 mois

Drame de la Polytechnique: Déjà 33 ans et nous nous en souvenons comme si c’était hier.