Une première dans le monde acéricole signée H20

Une première dans le monde acéricole signée H20
Le tout premier magasin libre-service dans le domaine acéricole (Photo : Gracieuseté)

Présente à Ham-Nord depuis fort longtemps, l’entreprise H20, dont le siège social se situe à Québec, vient d’innover dans le monde acéricole en implantant, à Saint-Augustin-de-Woburn, un tout premier magasin libre-service accessible aux membres en tout temps.

Ce magasin, que l’on a baptisé le H2GO, est, en fait, un conteneur rempli de matériel et de fournitures acéricoles dont ont besoin les producteurs acéricoles pour bien accomplir leurs tâches.

Si le magasin est officiellement accessible aux membres depuis samedi matin, l’idée d’un tel projet mijote depuis plusieurs années.

« L’idée est venue il y a environ quatre ou cinq ans quand j’ai appris l’existence à Dixville d’un dépanneur intelligent libre-service, sans employé. Les résidents membres y entrent avec une puce ou un code et se procurent ce dont ils ont besoin. J’ai adoré l’idée je et me suis dit qu’il fallait aussi le faire dans le domaine de l’érablière », expose Matthieu Fortier, directeur des ventes chez H20.

Une idée facilement réalisable d’autant, ajoute-t-il, que les acériculteurs savent ce dont ils ont besoin. « Entre autres du matériel forestier et de plomberie. Il fallait juste rendre le matériel disponible près de chez eux », note-t-il.

Parce qu’un bâtiment coûte cher et considérant aussi la valeur des superficies au pied carré, le projet de H20 a pris la forme d’un conteneur qui a notamment l’avantage de nécessiter peu d’espace. « Notre conteneur, on peut le mettre sur des terrains privés,  chez des gens qui ont une cabane à sucre. Et ces propriétaires peuvent en profiter, ayant du matériel à portée de main au besoin. Tout ce qu’il faut, c’est y amener l’électricité et l’accès Internet », explique Matthieu Fortier.

Dans ce projet, la technologie a posé le plus grand défi. « Il fallait trouver le système à adopter. Il nous a fallu quelques années avant de trouver la solution. Nous avons développé nous-mêmes une application », précise le représentant de H20.

Grâce à l’accès Internet ( au Wi-Fi), les membres, une fois à l’intérieur du conteneur, peuvent se servir de l’application pour faire des recherches et scanner des codes QR. L’article recherché apparaît. Les membres connaissent alors la quantité disponible. « Quand ils ont fini leur transaction, nous recevons un courriel et on effectue la facturation. C’est simple de même », assure Matthieu Fortier.

À distance, grâce à l’application, tant les gens de H20 que les producteurs membres ont accès à l’inventaire, ce qui permet d’éviter des déplacements inutiles. « En cette ère où l’environnement est important,  il n’y a plus de déplacement inutile. Les producteurs en forêt sont plus efficaces, ne perdent plus de temps en raison des heures d’ouverture. Et le pied carré est extrêmement bien utilisé, ce n’est pas une grande bâtisse chère à chauffer. Il s’agit d’un conteneur ultra isolé », fait remarquer Matthieu Fortier.

Deux fois par année, H20 renouvellera l’inventaire pour s’adapter au travail qu’effectuent les acériculteurs selon les saisons. « À l’automne, on parle de matériel forestier. Les gens sont en forêt et préparent la saison des sucres.

Après les fêtes, une partie de ce matériel forestier verra les quantités réduites et on ajoutera ce dont les acériculteurs ont besoin durant les sucres, comme des pièces de remplacement, des pompes et des produits chimiques pour nettoyer les machines. Donc, durant la saison, les producteurs ne seront jamais mal pris », fait valoir le directeur des ventes de H20.

« Les producteurs commencent tôt, ajoute-t-il, et quand il leur manque quelque chose pour la journée, ils doivent attendre l’ouverture des commerces, ce qui mène à une perte de productivité. Le conteneur, lui, est accessible en tout temps, 24 h par jour, sept jours par semaine. Et les membres en ayant accès à distance à l’inventaire, rappelle-t-il, peuvent prévoir leur travail du lendemain étant certain de disposer du matériel parce qu’il le voit sur l’application. »

Pour lancer ce projet, H20 a invité une quinzaine de producteurs qui ont tous accepté. Il faut dire que l’adhésion ne coûte rien. « On leur fait signer un petit contrat indiquant qu’une facturation leur serait expédiée en fonction de ce qu’ils auront acheté. C’est une relation d’affaires basée sur la confiance, signale Matthieu Fortier, et toutes les études démontrent que, lorsqu’on bâtit une relation d’affaires basée sur la confiance et qu’on apporte une solution pour aider le client, aucun vol ne survient. Il n’y en aura pas, car les producteurs vont apprécier le service, vont aimer y avoir accès.  C’est tout à leur avantage aussi. On a zéro peur du vol. »

Woburn et ailleurs

Le choix de Saint-Augustin-de-Woburn pour implanter le tout premier H2GO ne relève pas du hasard. La région dénombre plusieurs producteurs agricoles, mais aucun magasin d’équipements ne se trouve à proximité. Ces magasins se situent à Lac-Mégantic.

Pour cette première, H20 a aménagé son contenu sur le terrain d’une connaissance. « Ce qui nous permet d’avoir une assistance locale au besoin, si les clients, par exemple, éprouvent des difficultés,  s’ils ont besoin d’aide. On veut peaufiner et rendre  le tout parfait pour éventuellement répéter l’expérience », fait savoir Matthieu Fortier.

Parce qu’après Woburn, H20 a bien l’intention d’étendre ce service à d’autres régions. Des municipalités ont d’ailleurs déjà été ciblées. « Oui, on veut l’étendre ailleurs au Québec. On retrouve beaucoup d’érablières dans plusieurs régions et bien souvent, il n’y a pas de villes à proximité. On pourra en installer partout où, pour nous, il n’est pas viable d’établir un magasin avec un ou deux employés parce que les compagnies d’équipements doivent pouvoir compter sur un bon bassin pour justifier d’avoir pignon sur rue et cela se retrouve dans les centres urbains », souligne Matthieu Fortier.

Cette initiative de magasin libre-service constitue, croit-il, la voie de l’avenir dans le monde acéricole. « Plutôt qu’un commis en magasin, l’avenir passe peut-être par des consultants et des conseillers pour guider les clients lors d’achats d’équipements importants. Mais quand les producteurs ont besoin de matériel, celui-ci se trouve disponible dans les conteneurs. Un jour, mentionne Matthieu Fortier, il y aura peut-être deux conteneurs à 50 km l’un de l’autre et le client pourra avoir accès aux deux inventaires. On y croit beaucoup à ce projet, c’est clairement l’avenir. »

À propos de H20

L’entreprise H20, en plus de fabriquer des équipements acéricoles, se spécialise aussi dans les systèmes de traitement d’eau.

En juin, H20 a acheté une entreprise au Vermont, Leader Evaporator, une entreprise de plus de 130 ans d’expérience dans les équipements d’érablières, dont le chiffre d’affaires se situe à plus de 10 M $.

Aujourd’hui, H20, avec plus de 1000 employés, a un chiffre d’affaires qui oscille autour de 180 M $.

L’usine de Ham-Nord, qui a agrandi de 30% sa superficie en ajoutant 35 000 pieds carrés il y a un an et demi, emploie une soixantaine de personnes qui fabriquent des équipements acéricoles et des systèmes de traitement d’eau industriels. 

H20 embauche régulièrement du personnel, signale Matthieu Fortier. Malgré le contexte actuel, l’entreprise réussit à attirer des talents, notamment des gens provenant des grands centres désireux de s’établir en région.

L’avenir s’annonce très bien pour l’entreprise en raison du secteur acéricole en croissance. « Il manque de sirop d’érable dans le monde, il faut en produire plus. La demande mondiale est en croissance au niveau du sirop. C’est un sucre de qualité, bon pour la santé, affirme le représentant de H20. La plupart des producteurs sont en croissance, ils installent plus de tuyaux, ils grossissent et installent plus d’équipements. Tout le marché acéricole au complet est en croissance. »

D’où l’importance pour H20 de mieux desservir le marché avec un projet comme le conteneur libre-service. « Le but ultime, comme fabricant, est de vendre plus d’équipements. Comment on fait? C’est d’avoir une meilleure couverture sur le terrain, observe Matthieu Fortier, parce que les gens n’ont plus de temps, plus de main-d’œuvre sans compter que l’essence coûte cher. Les déplacements entraînent des pertes de temps. Alors, si nos clients, grâce à une solution qu’on leur offre, sont plus efficaces, ils vont l’apprécier et ultimement ils penseront à nous quand viendra le temps d’acquérir de plus gros équipements. »

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