Période estivale : fermeture de 12 lits à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska

Période estivale : fermeture de 12 lits à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska
Christine Laliberté (Photo : capture d'écran)

L’été et les vacances apportent leur lot de défis au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). En plus de jongler avec la pénurie de travailleurs, des fermetures (ou modulation) de lits sont nécessaires dans plusieurs hôpitaux, dont l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska (HDA) qui a dû en fermer 12.

C’est ce qu’a indiqué Christine Laliberté, directrice générale adjointe aux programmes de santé physique généraux et spécialisés, lors d’une rencontre de presse en ligne tenue jeudi matin pour faire le point sur l’offre de services estivale dans le réseau. Elle était accompagnée de Daniel Garneau, directeur général adjoint aux programmes sociaux et de réadaptation. Cela faisait un certain moment qu’une telle rencontre avait eu lieu avec les gens des médias qui en ont profité pour poser leurs questions.

Pour ce qui est de la fermeture de lits à HDA, Mme Laliberté a mentionné qu’il y avait deux raisons à cette situation : des rénovations prévues, mais retardées par la pandémie dans une unité de soins (travaux qui s’achèvent sous peu) et aussi pour faire face à la précarité de la main-d’œuvre et maintenir les services essentiels. Cela fait en sorte que 12 lits, sur les 99 de l’HDA, sont fermés. Il est donc indispensable d’assurer une fluidité aux urgences en modulant les lits qui restent accessibles.

Mme Laliberté a souligné que la période estivale nécessitait toujours une grande planification. « Il y avait une pénurie de main-d’œuvre avant la pandémie, qui a été accentuée par celle-ci », a-t-elle mentionné. Cette pénurie de personnel se retrouve dans tous les secteurs d’activités de l’organisation et les gestionnaires travaillent pour adapter l’offre de services. « Trois principes guident nos actions : le premier, qui est prioritaire, est d’offrir des services et des soins sécuritaires et de qualité à la population; permettre au personnel, médecins et gestionnaires, de prendre des vacances pleinement méritées, et préserver les services essentiels (urgences, soins intensifs, obstétrique, blocs opératoires par exemple) », a-t-elle énuméré.

Jusqu’à maintenant, ces services sont maintenus, mais Mme Laliberté admet que la situation est encore précaire, notamment avec la recrudescence des cas de COVID-19 des dernières semaines. « Notre personnel n’y échappe pas et en date d’aujourd’hui (30 juin), on a 253 travailleurs de la santé qui sont retirés pour des cas positifs de COVID, ce qui augmente notre précarité. On a aussi les travailleuses enceintes qui ne peuvent donner des services directement aux usagers et doivent être déplacées. » Environ 160 infirmières sont actuellement dans cette situation. S’ajoutent à cela des éclosions en milieu hospitalier et dans les résidences privées pour aînés (RPA).

La gestionnaire n’a pas manqué l’occasion de remercier tout le personnel des différents établissements pour leur travail acharné des derniers mois et années et manifesté sa reconnaissance, au nom de la haute direction du CIUSSSMCQ.

La situation

Mme Laliberté a indiqué que bien que les hospitalisations soient en hausse progressive depuis quelques semaines, cela n’avait rien à voir avec ce que l’on a vécu à la 5e ou à la 6e vague. Elle a expliqué qu’actuellement les gens se présentent à l’hôpital pour autre chose que la COVID-19, qui est alors diagnostiquée. « Un fort pourcentage se présente pour une autre problématique », précise-t-elle. Ainsi, il ne s’agit pas d’hospitalisations directement liées à la COVID-19, mais a quand même un impact sur le système. Mais la bonne nouvelle dans tout cela est qu’il n’y a pratiquement pas de cas aux soins intensifs.

La directrice générale adjointe a aussi eu à répondre à une question au sujet de l’urgence de Fortierville, dont les heures ont été réduites. Elle parle de difficultés de recrutement et pour rassurer la population, elle a annoncé qu’en septembre on souhaitait revenir aux heures d’ouverture d’avant. 

La population invitée à contribuer

Christine Laliberté a expliqué que le CIUSSS MCQ travaillait fort pour maintenir les services essentiels et, pour ce faire, a besoin de l’aide de la population. Cela peut se traduire par plusieurs gestes, dont le simple fait d’aller rapidement chercher quelqu’un qui a eu son congé de l’hôpital, question de réaffecter le lit promptement. « Les proches aidants apportent une contribution importante en CHSLD. Et on invite la population, lorsqu’elle n’a pas besoin d’une intervention imminente reliée à sa condition, de faire appel à son médecin de famille, au groupe de médecins de famille, au pharmacien ou au guichet d’accès première ligne », énonce-t-elle.

Cela dit, il y a, un peu partout dans le réseau, des réductions de services, mesurées en fonction de chacun des hôpitaux. Mais encore une fois, les services essentiels sont maintenus. Malgré cela, les gestionnaires du CIUSSS MCQ ne souhaitent pas encourager le personnel, par des incitatifs quelconques (comme il se fait dans d’autres CIUSSS), à ne pas prendre leurs vacances estivales. « On sait qu’ils ont besoin de leurs vacances et doivent les prendre. Mais quand on a des besoins, on fait appel au volontariat, mais on veut préserver les vacances », insiste-t-elle.

Mme Laliberté a expliqué par la suite que tout était fait pour maintenir les services en place et, qu’à la limite en situation précaire, on offrait le taux double aux travailleurs. Mais il s’agit d’un dernier recours pour, par exemple, éviter la fermeture de l’urgence. Cela aurait été fait dans certains établissements lors du long week-end de la Fête nationale et était prévu pour celui de la fête du Canada. « Au quotidien, on travaille sur la pénurie de main-d’œuvre, comment on peut combler nos quarts de travail et assurer les services. Le taux double est l’ultime recours », répète-t-elle. Il y en aura aussi du côté des CHSLD, comme l’a indiqué M. Garneau.

Il y a tout de même des nouvelles encourageantes, comme l’embauche, au printemps, de 712 étudiants, de 132 étudiantes infirmières finissantes (comparativement à 86 seulement l’an dernier) et de 153 externes, des étudiantes en soins infirmiers de deux ans d’expérience (à peine 100 l’an dernier), qui viennent appuyer le réseau. Finalement, Christine Laliberté a tenu à rappeler qu’il ne fallait pas hésiter à consulter puisque les services essentiels sont maintenus, malgré toutes les difficultés du réseau.

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