Main-d’œuvre et COVID-19 : ce n’est pas le moment de réformer l’assurance-emploi, insiste la FCEI

Par Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local
Main-d’œuvre et COVID-19 : ce n’est pas le moment de réformer l’assurance-emploi, insiste la FCEI
(Photo : depositphotos)

À l’annonce du projet fédéral d’entreprendre une refonte du régime de l’assurance-emploi, la fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) prévient que 9 chefs de PME sur 10 ne veulent pas que cette prestation soit obligatoire pour les travailleurs autonomes.

La FCEI a exprimé des préoccupations soutenues par le contexte de la pandémie et les chiffres des récents sondages. Pour réformer l’assurance-emploi, dit-elle, il faut au préalable consulter les employeurs et les employés qui financent en totalité le régime et effectuer en amont une analyse des coûts et des bénéfices.

L’élargissement de la couverture permanente aux travailleurs autonomes est le principal point d’achoppement, car «la crainte de voir certaines prestations d’assurances-emploi particulièrement généreuses devenir permanentes inquiète beaucoup les entrepreneurs», selon un communiqué.

Selon la fédération, 89% des propriétaires de PME sont opposés à l’idée que la couverture d’assurance-emploi devienne obligatoire pour les travailleurs autonomes tandis que 73% soutiennent qu’elle se fasse sur une base volontaire en cas d’élargissement de la couverture.

À l’issue du sondage réalisé entre le 28 janvier et le 17 février auprès de 4901 chefs de PME, 82% voudraient que le nombre d’heures minimum exigé pour avoir droit à des prestations d’assurance-emploi soit d’au moins 420 heures au lieu de 120, comme c’est le cas actuellement.

L’embauche versus les programmes fédéraux  

Le sondage a aussi permis d’établir que 73% des répondants s’opposaient au fait de verser un montant minimum de 500 $ par semaine aux prestataires, peu importe leur rémunération antérieure comme c’est le cas actuellement.

Ces mesures sur le nombre d’heures minimum ou le paiement hebdomadaire de 500 $ ont eu «un effet dissuasif», selon la FCEI, rendant l’embauche et la rétention des employés durant la pandémie «plus difficiles» pour 43% des chefs de PME interrogés.

«On comprend qu’il y ait actuellement des programmes pour soutenir (les travailleurs). En revanche, l’assurance-emploi n’est pas un programme financé par le gouvernement et donc il ne devrait pas rendre permanents des changements temporaires mis en place durant la pandémie ni rendre obligatoire l’assurance-emploi pour les travailleurs autonomes», a conclu le vice-président des affaires nationales à la FCEI, Jasmin Guénette.

«La FCEI est prête à travailler avec le gouvernement pour s’assurer que le système d’assurance-emploi conviendra à tous», a-t-il ajouté.

À la fin de l’année dernière, le porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses avait suggéré de passer d’une réforme temporaire à une réforme permanente pour taire les «alarmismes» et accéder à «un programme d’assurance-emploi digne du XXIe siècle».

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La bonification de l’assurance-emploi tire à sa fin, mais la crise se prolonge
1 année

[…] les travailleurs autonomes, de plus en plus nombreux et particulièrement précaires. Des patrons se sont fortement opposés à une telle mesure de justice […]