L’éducation au cœur d’un panel électoral

L’éducation au cœur d’un panel électoral
Dans l’ordre, Tarek Henoud (PCQ), Mario Beauchesne (PQ), Pascale Fortin (QS) et Eric Lefebvre (CAQ) (Photo : www.lanouvelle.net)

Quatre candidats des cinq principaux partis ont répondu à l’invitation du Syndicat de l’enseignement des Bois-Francs (SEBF) et ont pris part, lundi, à un panel de discussion ayant comme thème l’éducation.

Tenue au Shad café du centre-ville de Victoriaville, l’activité a réuni le député sortant de la Coalition avenir Québec (CAQ), Eric Lefebvre, Tarek Henoud du Parti conservateur du Québec (PCQ), Pascale Fortin de Québec solidaire (QS) et Mario Beauchesne du Parti québécois (PQ). « La candidate libérale (Luciana Arantes) a décliné notre invitation », a fait savoir Nancie Lafond, présidente du SEBF.

D’entrée de jeu, a-t-elle dit, ce « panel électoral » vise à permettre aux candidats des partis représentés à l’Assemblée nationale de présenter leur plateforme en éducation et en enseignement supérieur, de même que leurs propositions en lien avec la pénurie de main-d’œuvre.

Au cours de la rencontre qui a duré 75 minutes, les candidats, dans un ordre déterminé au hasard, devaient d’abord, en cinq minutes, exposer leur plateforme de leur parti en matière d’éducation et d’enseignement supérieur, ce qu’ils ont fait.

Attraction et rétention

Rappelant les négociations à venir dans les services publics et les conventions collectives venant à échéance le 31 mars 2023, la présidente du SEBF a confié que les demandes syndicales allaient être déposées cet automne. « Bien sûr, a-t-elle insisté, il y a un élément qui nous rallie tous, la pénurie de personnel, une problématique avec laquelle on doit composer tous les jours. »

D’où la question aux candidats à savoir quelles mesures leur parti politique propose pour attirer et surtout retenir le personnel enseignant, les professionnels et le personnel de soutien.

« Oui, il faut augmenter le personnel professionnel et de soutien, valoriser la profession d’enseignant. D’accord pour une augmentation salariale, mais on revendique aussi au PQ de réduire significativement la taille des classes pour que les enseignants, les professionnels et le personnel de soutien aient du temps à consacrer aux élèves », a fait valoir Mario Beauchesne.

Son parti aussi suggère un allègement fiscal pour les 60 ans et plus. « Si on peut retenir quelques années ces personnes, avec l’ajout de nouveaux venus, cela aidera le système à reprendre le dessus », a-t-il dit.

Le candidat péquiste propose également la conversion des places en garderie privée en CPE et l’ajout de 15 000 places. « Le manque de places exerce une pression dans les milieux de travail et crée plus d’absences puisqu’un parent doit demeurer à la maison », a-t-il observé. Pour le PQ, un seul système de garde pour tous permettra aux enfants d’arriver à la maternelle au même niveau.

Pour Tarek Henoud du PCQ, la valorisation des enseignants revêt une grande importance. Pour y arriver, il fait valoir l’écoute et le partenariat. « Sans cela, on ne peut faire avancer les choses. D’où l’importance de s’asseoir et de travailler en partenaires avec les enseignants pour améliorer les conditions de travail. C’est pourquoi, au PCQ, on veut mettre en place des tables de discussion pour que les idées partent du bas pour aller vers le haut » », a-t-il formulé.

Son expérience de travail en milieu coopératif lui a démontré des aspects importants pour assurer la pérennité d’une entreprise : la mobilisation des employés, les conditions de travail et la conciliation travail-famille.

Le parti du candidat Henoud s’engage aussi à des crédits d’impôt pour contrer la pénurie de main-d’œuvre.

De son côté, Pascale Fortin a fait remarquer que bon nombre de mesures contenues dans la plateforme de QS sont suggérées par les syndicats. « Ce qu’on veut, c’est améliorer les conditions de travail. D’abord, il faut investir à la hauteur des besoins », a-t-elle observé.

La solidaire a fait valoir l’importance de l’ajout de professionnels. « Les besoins dans les classes sont de plus en plus grands pour les élèves aux besoins particuliers », a-t-elle noté. Elle aussi a parlé de la valorisation du travail des enseignants. « J’ai trouvé insultant qu’on puisse suggérer, pour combler la pénurie, de prendre des fonctionnaires du gouvernement pour enseigner. La pédagogie n’est pas faite pour tous. »

Pascale Fortin juge important, par ailleurs, que les parents aient une place en garderie pour leurs enfants, et tout aussi important de s’attaquer à la crise du logement par la construction de logements abordables. « On veut en construire 50 000 parce que pour venir travailler en région, les gens doivent avoir un endroit pour se loger », a-t-elle souligné.

« L’éducation constitue une priorité pour M. Legault (François) », a assuré, pour sa part, le député sortant de la CAQ tout en précisant le lancement d’un grand chantier pour contrer le manque de main-d’œuvre. « L’objectif est de requalifier et de former 170 000 travailleurs en santé et services sociaux, en éducation, en services de garde, génie, technologie de l’information et en construction », a fait savoir Eric Lefebvre.

Comme l’a soulevé juste avant lui la candidate solidaire, le candidat caquiste considère aussi l’importance de la régionalisation de l’immigration.

Les bourses d’études offertes au collégial et à l’université ont de quoi inciter les élèves, croit-il, à opter pour l’enseignement.

En vue des négociations à venir, Eric Lefebvre dit vouloir demeurer à l’écoute. « Je vais m’assurer d’amener vos demandes au Conseil du trésor », a-t-il dit en signalant que des hausses salariales « historiques » avaient été consenties, des propos qui ont fait réagir dans la salle, certains notant le caractère « un peu exagéré » du mot.

« Je veux quand même souligner qu’un pas important a été fait, a-t-il repris. Y en a-t-il d’autres à faire? La réponse est assurément oui. » Le député sortant a assuré, par ailleurs, que l’augmentation de l’embauche de professionnels, comme des psychologues, allait se poursuivre.

Le budget consacré à l’éducation, a-t-il soutenu, a grimpé de 26% au cours des quatre dernières années.

Des questions et des observations

La rencontre s’est achevée par certaines questions et observations, notamment sur des actions concrètes pour contrer le décrochage scolaire et pour valoriser la profession enseignante. À cela, Eric Lefebvre a interpellé l’auditoire, se disant ouvert aux suggestions quant aux actions possibles pour valoriser l’enseignement. Un enseignant en a appelé dans son message à l’écoute des profs. « On a besoin de bras. Bâtissez-nous de belles conditions et les étudiants vont y aller dans les universités. Ce sont des conditions que les enseignants veulent. Arrêtez d’écouter les centres de services scolaire. Écoutez les profs, on en a des idées, et des bonnes. Mais les centres de services ne nous écoutent pas, ne veulent rien savoir de nos idées. Ce serait le fun que vos chefs de parti nous écoutent pour une fois et qu’ils cessent d’écouter les centres de services », a-t-il conclu sous les applaudissements.

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