Le jardin prothétique Raymond-Houle inauguré à Warwick

Le jardin prothétique Raymond-Houle inauguré à Warwick
Le jardin prothétique Raymond-Houle a été officiellement inauguré, vendredi après-midi, au Centre d'hébergement des Étoiles-d'Or de Warwick.  (Photo : www.lanouvelle.net)

Le projet est devenu réalité il y a près de trois ans, mais la pandémie a retardé l’inauguration officielle. C’est finalement, vendredi après-midi, en présence de résidents et de partenaires que la Fondation de l’Ermitage a procédé à l’inauguration officielle du jardin prothétique Raymond-Houle au Centre d’hébergement des Étoiles-d’Or de Warwick.

Le jardin, aménagé pour les 61 résidents, a nécessité des investissements de 460 000 $, dont 300 000 $ versés par la Fondation de l’Ermitage.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), pour sa part, y a consacré une enveloppe de 160 000 $.

Dans jardin prothétique, le mot prothétique vient de prothèse, a expliqué le président de la Fondation de l’Ermitage, Philippe Rancourt. « Une prothèse sert à remplacer un membre. Ici, avec des gens en pertes cognitives, tout le jardin a été pensé pour créer une prothèse. La circulation fait en sorte que les gens ne se perdent pas. Ils peuvent circuler et toujours revenir au même endroit. Tout est pensé pour pallier les pertes de ces gens. Les bacs à fleurs sont accessibles aux fauteuils roulants. Même les fleurs sont sans danger, étant comestibles », a-t-il souligné. 

Le jardin fait une énorme différence dans le quotidien des résidents, a fait valoir le gestionnaire responsable du site, François Lavertu. « Il rend leur milieu de vie encore plus vivant avec des possibilités d’activités diverses. Ce jardin a finalement permis d’augmenter de quelque 11 000 pieds carrés la superficie du milieu de vie », a-t-il fait savoir.

L’aménagement de cet espace de vie permet, bien sûr, aux résidents qui le peuvent de profiter des lieux de manière autonome et de vaquer à leurs occupations diverses.

Les personnes pour qui l’accompagnement est nécessaire ont aussi la possibilité d’en profiter et de prendre part à des activités dirigées.

« C’est un lieu sécuritaire à tous les niveaux, un milieu stimulant qui permet de s’accomplir dans des occupations de loisirs et même productives favorisant la santé cognitive, physique, affective et spirituelle », a fait valoir François Lavertu.

Les résidents se sont approprié leur jardin depuis sa création. « Ils aiment mettre la main à la pâte pour le garder vivant et l’utiliser à son plein potentiel », a observé le gestionnaire.

Ainsi, des résidents aident à la préparation du jardin, au plantage des légumes, à l’arrosage et à la cueillette.

La technicienne aux loisirs, Émilie Gingras et son équipe y ont proposé à ce jour de nombreuses activités, notamment des spectacles musicaux, de la médiation en nature, des fêtes estivales comme la Fête nationale, des BBQ et des épluchettes de blé d’Inde.

« Le jardin est un milieu favorable aux rassemblements familiaux extérieurs en toute sécurité. Vraiment, ce lieu a été pensé pour nos résidents et leurs proches afin que tous se sentent bien chez eux », a assuré François Lavertu.

Témoignage

Résidente du Centre d’hébergement des Étoiles-d’Or depuis un an et demi, Nicole Laperle a pris la parole au nom des résidents de l’établissement. « Les aînés se plaisent à admirer les belles choses dans notre jardin. Pour les résidents, ça représente le plaisir. C’est très représentatif pour tous », a-t-elle exprimé, ajoutant qu’elle y passe beaucoup de temps.

« J’ai souvent réalisé que le jardin était mon refuge. Ensemble, dans la bonne humeur, on s’entraide mutuellement et la vie sera encore magnifique dans notre centre d’hébergement », a confié la résidente tout en adressant un « merci spécial à Émilie, aux gens qui travaillent fort avec elle et aux bénévoles, pour ce qu’ils font pour nous, c’est merveilleux! »

Un jardin, un nom

Il convenait d’attribuer au jardin le nom de Raymond Houle, un généreux donateur de Saint-Albert. « Je le connaissais, c’était un amant de la nature. Sur son testament, il a fait deux dons : l’un à la Fondation À Notre Santé et un don de 150 000 $ à notre Fondation P.-Rodolphe-Baril. En recevant le legs, on savait qu’on ferait quelque chose un jour et on a décidé de mettre le paquet pour que le jardin porte son nom », a indiqué Jean-Pierre Grégoire, président de la Fondation P.-Rodolphe-Baril.

Cet honneur fait chaud au cœur pour les proches de l’homme, un agriculteur, qui a aussi travaillé comme paysagiste pendant plusieurs années. « La plupart de sa clientèle se trouvait à Warwick. Il était clair, pour lui, le temps venu, de remercier à sa manière les Warwickois. Ceux qui l’ont côtoyé savent qu’il avait plusieurs passions, le golf, la pêche, la musique, mais plus que tout, il aimait les gens. Discret, il n’aimait pas être mis de l’avant, mais il s’intéressait à tout et prenait le temps d’écouter les gens. Pour nous, sa famille et ses proches, il n’est donc pas surprenant qu’il ait fait un don à deux fondations. Nous sommes fiers et honorés que ce parc porte son nom et nous vous remercions du fond du cœur pour ce geste tellement significatif », a formulé France Houle, une de ses nièces.

Un peu d’histoire

L’idée du jardin prothétique, a rappelé Philippe Rancourt, a germé dès 2006, mais d’autres priorités ont fait en sorte que le projet a été mis de côté.

Plusieurs années ont passé avant que ce projet ne soit, de nouveau, soulevé lors de la campagne de financement 2017-2018 de la Fondation de l’Ermitage par Marie-Andrée Paquette alors coprésidente d’honneur avec son conjoint Jean Marcotte.

« Marie-Andrée chérissait beaucoup ce projet. À chaque séance du conseil d’administration, elle tenait à en parler », se souvient Jean Marcotte.

« Ma mère a passé la dernière année de sa vie, ici (à Warwick). Lors de mes visites, j’ai vite constaté le peu d’endroits pour aller dehors. Ce n’était pas très joyeux comme environnement. Merci à tous ceux qui ont travaillé fort à la réalisation de ce projet. Ça me tenait vraiment à cœur, a soutenu Mme Paquette. Ma mère aurait adoré l’idée. »

Malheureusement, elle est décédée avant la concrétisation du projet qui a pu voir le jour avec le soutien de nombreux donateurs et partenaires, dont Desjardins. La Ville de Warwick a aussi contribué. « Bel exemple d’humanisme, ce projet représente un exemple concret d’amélioration de la qualité de vie et du bien-être des résidents et de leurs proches. Cette réalisation, qui me remplit d’enthousiasme et de fierté, témoigne du dévouement et de l’implication de chaque donateur, chaque membre de la Fondation et chaque partenaire qui ont eu à cœur la vie des résidents. Merci pour la belle preuve de solidarité », a témoigné Marie-Pierre Mailhot, directrice adjointe à l’hébergement pour la Rive-Sud au CIUSSS MCQ.

Enfin, le député de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes a souligné « la solidarité et la générosité » qui caractérisent si bien la région, selon lui. « Ça a pris des gens, ça a pris une fondation et des personnes qui y ont cru pour offrir un milieu de vie stimulant et sécuritaire aux résidents. À vous tous, le plus beau des bonheurs dans ce nouveau milieu de vie », a-t-il conclu.

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marcel chabot
marcel chabot
1 mois

j aimais cette homme chaque fois que je passais devant chez lui et qu il etait la j arretais pour aller jaser avec lui moi meme de st-albert