« Je n’ai plus vraiment de sous pour faire mon épicerie lorsque le logement et les factures sont payés » 

Par Jonathan Cossette

« Je n’ai plus vraiment de sous pour faire mon épicerie lorsque le logement et les factures sont payés » 
Bénéficiaire de l'aide sociale, Nicole Baribeau ne reçoit que 726 $ par mois et elle a bien voulu témoigner de son quotidien. (Photo : Jonathan Cossette)

La Coalition pour les droits des personnes assistées sociales de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CDPAS) est sortie ce matin face à l’inflation actuelle dans la société, et ce, à tous les niveaux. Elle dénonce la dégradation des conditions de vie des personnes bénéficiant de l’aide sociale et propose même certaines solutions pour aider celles-ci le plus rapidement possible.

Le porte-parole de la Coalition, Anthony Morin, a d’abord suggéré qu’il faut augmenter les revenus de travail permis à 300 $ par mois pour les personnes seules, en ajoutant qu’elles puissent conserver 50% de leurs gains, car actuellement la personne est coupée de chaque dollar excédant le 200 $ de travail permis, montant établi en 1999 et toujours en vigueur 23 ans plus tard. Soulignons qu’en 1999, le salaire minimum était à 6,90 $/h comparativement à 14,25 $/h actuellement.

« Il y a des irrégularités à plusieurs niveaux quant à l’inflation, ajoute pour sa part Pierre Blanchet. Le gouvernement rembourse à 14,5 cennes du kilomètre pour des frais de déplacement, mais depuis bon nombre d’années. Si ce montant avait suivi l’inflation, ne serait-ce que du prix de l’essence, on devrait rembourser 25 cennes du kilomètre. Imaginez si on tenait aussi compte des frais de réparations et d’entretien. »

La Coalition suggère aussi que les prestations d’aide sociale devraient être augmentées de 200 $ pour tous, et que la prestation de 500 $ pour un retour à l’emploi devrait être ramenée, notamment pour l’achat d’équipements ou de matériels reliés au travail. Bénéficiaire de l’aide sociale, Nicole Baribeau ne reçoit que 726 $ par mois et elle a bien voulu témoigner de son quotidien.

« D’abord, il faut savoir que le montant de 500 $ offert par le gouvernement a déjà servi depuis un bon moment, souvent pour aider à payer une partie de nos dépenses ou des dettes que nous avions. Comme plusieurs autres personnes sur l’aide sociale, je n’ai plus vraiment de sous pour faire mon épicerie lorsque le logement et les factures sont payés. Nous devons nous retourner vers les banques alimentaires, mais j’entendais à la radio ce matin que même elles s’en viennent à sec. Il m’est arrivé aussi de recevoir du manger des banques, mais de devoir jeter la moitié à mon domicile parce que ce n’était plus bon », confie-t-elle.

« Il y a toute la question des médicaments également. Je suis diabétique, alors une chance que mes médicaments sont payés en partie parce que mes bandelettes pour mesurer mon taux de glycémie coutent 100 $ par mois à elles seules. Depuis 1969 que le gouvernement nous remet un montant de 20 $ également, montant qui n’a jamais évolué. »

À cet égard, la Coalition demande que ce montant de 20 $ soit révisé à 152.86 $ par mois. Elle demande aussi que la prestation pour un déménagement soit revue à la hausse, elle qui est établie à 200 $ depuis plus de 15 ans.

Distribution alimentaire

Pour ce qui est de l’alimentation, la Coalition soutient qu’il faut mettre en place des moyens pour combler les besoins de base alimentaire des gens.

« Malgré l’existence des organismes de distribution alimentaire, la hausse des prix des logements fait en sorte que c’est difficile de bien s’alimenter. On ajoute à ça les coûts pour s’habiller et pour se déplacer. À COMSEP, on a donc trouvé des moyens pour essayer de palier au problème. Avec la cuisine collective Le Petit Resto, on a offert des repas communautaires gratuits et d’autres qu’on revend à moindres coûts. On a aussi offert de la formation parent-enfant et on a fait de la distribution alimentaire également », témoigne Anik Beneke, intervenante à COMSEP.

« Il faut savoir que beaucoup de gens sont en mode survie et leur tête pense à manger, s’habiller et se déplacer alors c’est difficile d’avoir la tête à la recherche d’emploi. C’est dur en mode survie d’avoir confiance, d’être bien et d’avoir l’esprit tranquille pour chercher un emploi. C’est extrêmement difficile dans ces conditions. »

 

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Christine collin
Christine collin
2 mois

Il y a des gens qui pourais travailler et il ne le font pas il manque du monde partout .ils vont les chercher au îles maurice et d’autre pays.Oui il y a du monde qui ne peux pas travailler cause de maladie qui les empêche de travailler.Je peux les comprendre dans ce cas mais des personnes qui sont en pleine santé qui serais tres capable de travailler ne le fond pas.Aujourd’hui surtout avec les employeurs qui cherche de peine et de misere a trouver des employés.Je trouve ca lache voila mon opinion

Jos
Jos
2 mois
Répondre à  Christine collin

Tout à fait d’accord