Itinérance : une nouvelle unité permanente d’hébergement ouverte à Victoriaville

Itinérance : une nouvelle unité permanente d’hébergement ouverte à Victoriaville
Dans l'ordre, le maire Antoine Tardif, la directrice générale de la CDCBF, Tania Fontaine, et le coordonnateur clinique à l'Ensoleilvent, François Gosselin. (Photo : www.lanouvelle.net)

Depuis le 24 octobre, une nouvelle unité de débordement d’urgence permanente en itinérance accueille des personnes qui en ont bien besoin dans des installations aménagées dans les anciens locaux du Support à la Place communautaire Rita-St-Pierre de Victoriaville.

L’annonce officielle en a été faite, lundi matin, en présence des nombreux partenaires ayant permis la mise en place de cette ressource en mesure d’accueillir neuf personnes.

Depuis son ouverture le 24 octobre, pas moins de 14 personnes ont bénéficié de cet hébergement pour un total de 162 nuitées, ce qui représente un taux d’occupation d’un peu plus de 70%. Dimanche soir, cette nouvelle unité était occupée à 100%. 

C’est dire les besoins qui justement ne cessent de croître. Des besoins criants, selon la directrice générale de la Corporation de développement communautaire des Bois-Francs, Tania Fontaine. « Depuis l’automne 2021, et même avant, on constate une augmentation significative des personnes en situation d’itinérance dans la région. Il fallait agir rapidement », a-t-elle signalé.

De la table sectorielle en itinérance Arthabaska-Érable qui se penchait déjà sur la question a découlé, a-t-elle rappelé, un comité d’urgence en itinérance pour réfléchir aux actions à poser rapidement. 

C’est ainsi qu’une unité d’hébergement temporaire a été aménagée l’année dernière sur la rue Saint-Jean-Baptiste. Ouverte de décembre 2021 à avril 2022, l’unité a enregistré 479 nuitées offertes à une cinquantaine de personnes en situation d’itinérance.

« Devant ce constat, il fallait bouger rapidement. Dès janvier, le comité s’est réuni pour se pencher sur une unité permanente dans la région en raison des besoins criants pour une dizaine de personnes hommes et femmes qui dorment dans la rue la nuit par grand froid », a-t-elle indiqué.

Pour être aidé et bien guidé dans sa démarche, le comité a approché l’organisme Ensolveilvent de Drummondville qui s’y connaît en itinérance. C’est l’expert en la matière au Centre-du-Québec.

L’ouverture de l’unité permanente à la Place communautaire Rita-St-Pierre procure d’intéressants avantages. « Nous sommes à proximité de la Sécurité alimentaire, du restaurant populaire et de  plusieurs autres organismes que les personnes en situation d’itinérance pourront utiliser », a précisé Tania Fontaine, tout en remerciant les nombreux partenaires de tous milieux, communautaire, municipal, privé et public. « Reste encore du travail à faire cependant pour pérenniser la ressource et trouver le financement récurrent pour qu’elle demeure ouverte », a-t-elle ajouté.

Pour le moment, les opérations sont assurées pour une année.

L’importance de la dignité

Coordonnateur clinique à l’organisme l’Ensoleilvent, François Gosselin se réjouit de cette nouvelle unité d’hébergement, mais il ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment mitigé. « Dois-je être fier du fait qu’on doive au Québec offrir des places d’hébergement à des gens en situation d’itinérance? Mais je suis toujours bien fier de savoir qu’ils peuvent dormir dans un endroit où leur dignité est présente. Cette dignité, a-t-il soutenu, c’est ce qu’il y a de plus important pour amener les gens vers la réussite. »

Si certains peuvent penser que l’unité constitue une fin, François Gosselin pense plutôt qu’il s’agit d’un début. « On amène les gens vers des endroits sécuritaires où ils peuvent se déposer, se reposer et trouver les bases et prémices pour être capables d’avancer dans la vie », a-t-il souligné.

Pour leur permettre d’avancer, l’intervention de partenaires est essentielle, selon lui. « Je parle de ces partenaires qui prennent la relève le jour quand les personnes quittent l’unité à 8 h 30 le matin. Il leur faut des points de repère dans la communauté, des places où ils peuvent aller pour continuer d’avancer. Il faut qu’on puisse se mobiliser autour d’eux. L’unité a toute sa raison d’être quand une communauté est capable de s’associer ensemble et de travailler dans le même sens pour ces gens. Personne ne devrait, selon moi, coucher ici plus de 30 jours si on est une communauté qui réussit à aller vers l’avant », a-t-il plaidé.

À l’objectif d’assurer la pérennité de la ressource s’ajoute, pour François Gosselin, l’objectif ultime, celui d’en arriver à fermer l’unité d’hébergement permanente. Cela signifierait alors qu’il n’y a plus de besoins à combler.

Pour sa part, le maire de Victoriaville, Antoine Tardif, se dit heureux du travail accompli, lui qui, à sa toute première séance du conseil municipal en novembre 2021, avait été interpellé par un groupe de personnes en situation d’itinérance inquiet à l’approche de l’hiver et désireux de savoir quelles options s’offriraient à eux. « Un comité s’est rapidement mis en place pour chercher des solutions temporaires rapides pour faire face à ce nouvel enjeu. On a donc été en mesure de mettre sur pied une unité d’hébergement temporaire très utilisé l’an dernier sans compter les minimaisons de Mike Ward que l’on a accepté rapidement pour disposer d’options supplémentaires lorsque l’unité débordait. Et le travail s’est poursuivi cet été. Ce qui était un comité de 5 ou 6 personnes est devenu un comité formé de partenaires importants de tous les milieux. Cela démontre la solidarité du milieu et la facilité qu’on a de se mettre en action rapidement lorsqu’un enjeu touche notre population », a-t-il exprimé.

Deux des cinq minimaisons sont installées près de la Maison Raymond-Roy et pourront servir, au besoin. Si nécessaire, les trois autres pourraient aussi s’ajouter.

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