Intelligence artificielle en agriculture : pour une récolte de données précises et précieuses

Intelligence artificielle en agriculture : pour une récolte de données précises et précieuses
Simon Bonin de Fruit d’Or et Maor Zaltzhendler d'Updata (Photo : gracieuseté)

Updata, entreprise installée à Victoriaville, réalise des projets d’intelligence artificielle (IA) dans différents domaines. Parmi eux, l’agriculture où les avancées technologiques permettent d’aller plus loin en recueillant des données extrêmement précises, et ce, afin d’améliorer le rendement de l’exploitation et aider à la prise de décision.

André Baillargeon, responsable du développement des affaires, et Maor Zaltzhendler, PDG d’Updata, expliquent que l’intelligence artificielle peut intervenir dans les différents aspects de l’agriculture. Qu’il s’agisse de la production végétale ou maraîchère, animale, en serre, la transformation ou la distribution, différents processus peuvent être mis en place afin d’assurer une meilleure gestion et donc, par ricochet, une meilleure rentabilité.

Le terme « intelligence artificielle » peut impressionner au premier abord. Mais il s’agit en fait de la récolte des données, par caméras, capteurs, drones ou autres, afin de les traiter de façon optimale et ainsi faciliter la prise de décision.

Par exemple, en production végétale ou maraîchère, différentes étapes peuvent bénéficier de l’IA. « Avec l’analyse des sols en agriculture de précision, il est possible d’analyser l’humidité, les maladies dans les plantes et permettre de faire des prédictions afin d’être en mesure de poser des gestes automatisés, au niveau de la fertilisation par exemple ou de l’irrigation », résume André. Les capteurs sont ainsi installés directement sur l’équipement agricole afin de faire l’analyse en temps réel dans les champs.

On commence d’ailleurs à voir, sur les terres en culture, des robots complètement autonomes qui sillonnent les hectares, qui travaillent et analysent, du même coup, la production. « L’agriculture, c’est une business de productivité parce qu’il faut nourrir un grand nombre de personnes. L’optimisation est donc l’enjeu et c’est sur quoi on travaille », ajoute Maor.

Déjà, une première phase d’automatisation a eu lieu, avec l’arrivée de la machinerie dans les champs. « Mais il y a toujours un opérateur », ajoute Maor. Ainsi, dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre qu’on connaît depuis quelques années, l’intelligence artificielle, la prochaine phase d’automatisation, entre en jeu afin de réaliser des tâches qui n’ont plus à être effectuées par un humain. Avec la vision par ordinateur, par exemple, ajoutée à l’intelligence artificielle, on peut précisément voir où sont les mauvaises herbes dans les champs et les traiter. « Il ne s’agit pas de remplacer les humains », insiste le PDG. Mais simplement d’utiliser les effectifs aux bons endroits et laisser les tâches moins intéressantes ou répétitives à la technologie et, par le fait même, augmenter la productivité.

Ainsi, plein de données excessivement précises peuvent être récoltées et analysées dans l’agriculture, permettant d’améliorer le rendement et faciliter la prise de décision. C’est d’ailleurs ce que fait Updata qui travaille dans la région avec Fruit d’Or, un producteur de canneberge qui souhaite améliorer ses façons de faire.

« Il y a également des choses que les humains ne peuvent percevoir et que l’intelligence artificielle pourra déterminer », indique Maor. Par exemple, à partir d’une multitude d’informations récoltées, l’IA pourra cerner exactement les meilleures méthodes pour assurer une production idéale.

Les producteurs agricoles sont déjà bien au fait de l’importance de l’automatisation des tâches et les nouvelles technologies deviennent primordiales afin de demeurer compétitifs. « Il faut optimiser les terres agricoles qui sont davantage sollicitées qu’avant », estiment les deux spécialistes d’Updata.

Le même phénomène s’applique pour la production animale notamment afin de contrôler les maladies. À titre d’exemple, des microphones, placés dans un poulailler, permettent de recueillir les sons des volatiles qui sont ensuite analysés, permettant de détecter si les poulets ont trop chaud, froid, bref les anomalies. « Ça permet également l’analyse de la croissance et prédire en volume. Par exemple, on travaille un projet avec un producteur de poissons qui veut savoir d’avance combien de chair il va produire », mentionne André. Des tâches, rappelons-le, impossibles ou très difficiles à réaliser par les humains sur une longue période. Sans compter les coûts qui sont rattachés à de telles opérations. De toute façon, la pénurie de main-d’œuvre force la main à certains producteurs qui n’ont d’autre choix que de trouver des alternatives aux employés « traditionnels ».

L’intelligence artificielle peut également s’intégrer à la transformation agroalimentaire. En usine, la vision par ordinateur sera utile pour faire du contrôle de qualité de volume ou une tâche de tri par exemple. Même chose pour la distribution, alors que la traçabilité et le « just in time » sont de plus en plus essentiels. La prévisibilité qu’apporte l’IA permet également d’éviter ou de réduire le gaspillage alimentaire, une autre préoccupation importante de nos jours.

Aider la région avec l’AI

Updata souhaite ainsi développer la clientèle agricole et animale. « Un créneau important dans la région », indique Maor. 

L’idéal est toujours de travailler avec un groupe de producteurs afin de rentabiliser l’investissement relié à l’IA. « Mais nous offrons également des séances d’idéation. Si l’entreprise pense qu’elle a un besoin, nous pouvons aller analyser avec elle, sur une ou deux journées, les opportunités d’améliorer les processus avec l’intelligence artificielle. Ça peut être aussi dans la prise de commande ou dans l’administration qu’on peut aider. Et le gouvernement offre des programmes de formation à ce niveau, pour faire les premiers pas », ajoute André.

Et même si la technologie peut être dispendieuse à l’achat, lorsqu’on regarde tous les avantages qu’elle apporte, ça devient une alternative incontournable. Dans le domaine agricole, particulièrement, qui est en évolution constante, l’analyse en temps réel est de plus en plus essentielle afin de prendre les meilleures décisions.

Updata est constituée d’une équipe de cinq personnes, basées à Victoriaville (et cinq autres à l’extérieur du pays), qui a comme mission de rendre l’intelligence artificielle accessible pour les producteurs ou entrepreneurs du Centre-du-Québec. Elle est là pour accompagner les entreprises innovantes, de même que les agronomes, qui souhaitent faire un pas de plus pour relever les défis de croissance et de productivité.

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