En français, s’il vous plaît!

Communiqué

En français, s’il vous plaît!
(Photo : gracieuseté)

Les membres du Syndicat des enseignantes et des enseignants du cégep de Victoriaville (SEECV-CSQ) étaient réunis mercredi matin à l’occasion de la dernière assemblée générale de l’année scolaire 2021-2022 et se sont prononcés en faveur de l’application de la Loi 101 au réseau collégial. Il s’agit du 33e cégep à appuyer une telle mesure. 

Élément déclencheur 

Le gouvernement de François Legault avait promis, par le Projet de loi 66 portant sur la bonification d’infrastructures dans un contexte de relance économique, d’ajouter environ 800 places au Collège Dawson. Principal cégep anglophone de la région montréalaise, cet établissement d’enseignement supérieur anglophone compte près de 8000 étudiantes et étudiants dans ses 42 programmes offerts à l’enseignement régulier. 

Une proposition qui avait de quoi rendre verts de jalousie toutes les directions des cégeps francophones de Montréal (et d’ailleurs!) qui manquent cruellement de place pour accueillir la population étudiante, et ce, à la veille d’une augmentation démographique importante qui s’annonce dès 2023.

Bien que le gouvernement caquiste ait depuis reculé sur sa promesse envers le Collège Dawson et proposé un projet de loi visant, selon lui, à promouvoir la langue française en tant que langue officielle et commune du Québec, les mesures annoncées sont considérées par plusieurs comme insuffisantes pour contrer la tendance à l’anglicisation de la population générale et à celle, marquée, de l’élitisation des collèges anglophones.

Or, la mission première des institutions d’éducation anglophones était de permettre à la population dont la langue maternelle était l’anglais d’accéder à l’éducation supérieure – une mission que personne ne remet en cause. Il en va de l’accès équitable à une éducation de qualité pour toutes et tous, nonobstant leur langue maternelle. 

Force est de constater qu’avec le temps et la présence ambiante de l’anglais en Amérique du Nord, le fait d’étudier en anglais est passé d’un droit pour les personnes anglophones à un privilège pour les meilleures étudiantes et étudiants, et ce, sans égard à leur appartenance à la communauté francophone ou anglophone. 

En effet, un peu plus de 60% des places dans les cégeps anglophones sont occupées par des étudiantes et étudiants francophones ou allophones. Cela crée un effet de rareté et donc un contingentement qui a pour conséquence d’exclure les candidatures anglophones qui ne présentent pas d’assez bons résultats scolaires et de diriger les meilleures candidatures francophones vers l’enseignement en anglais. 

Pourtant, ce n’est pas par manque de places dans les cégeps anglais. Le Québec compte seulement 8.1% de personnes dont la langue principale est l’anglais et il y a non moins de 19% des places disponibles dans le réseau collégial qui sont réservées aux collèges anglophones. C’est plus de deux fois le nombre de places nécessaires si tous les anglophones souhaitaient s’inscrire au cégep. 

Un débat sain signe d’une démocratie syndicale bien vivante

Après que l’exécutif syndical ait terminé la présentation des enjeux liés à la valorisation du français comme langue d’enseignement au Québec, les membres ont présenté plusieurs arguments pour étayer leur perspective à leurs collègues, le tout dans une ambiance d’écoute et de respect. 

Au final, bien que les enseignantes et enseignants se soient majoritairement rangés du côté de l’application de la Loi 101 – qui interdirait à un candidat francophone de convoiter une place dans un cégep anglais – il est évident que l’ouverture à l’autre et le respect sont au cœur de leurs préoccupations. 

« Pour nous, il ne s’agit pas d’interdire l’enseignement en anglais, mais plutôt d’assurer un accès plus équitable à l’enseignement supérieur, tant pour les anglophones que pour les francophones », conclut Noémie Verhoef, présidente par intérim du SEECV.

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