Éducation : une remplaçante pas comme les autres

Par Stéphanie Paradis

Éducation : une remplaçante pas comme les autres
Mélissa Viau partage son expérience de journaliste avec les élèves de ses classes. (Photo : gracieuseté)

En mars dernier, Mélissa Viau s’inscrivait sur la plateforme Scolago pour venir en aide aux écoles du Centre de services scolaire (CSS) de la Riveraine en manque de remplaçants. Après avoir constaté que l’encadrement des remplaçants est quasi inexistant, elle a décidé de mettre à profit son expérience en tant que journaliste-chroniqueuse et d’autrice jeunesse pour enseigner, à sa façon, aux élèves des différentes écoles où elle est appelée à travailler.

Mélissa Viau s’est établie à Saint-Wenceslas il y a trois ans, tout en continuant d’écrire en tant que journaliste-chroniqueuse pour un journal du Saguenay-Lac-Saint-Jean. En février dernier, elle a finalement mis un terme à cette collaboration, sentant le poids de la distance peser de plus en plus lourd.

« Comme j’étais chroniqueuse spécialisée en contenu jeunesse, j’ai décidé de répondre à l’appel du gouvernement pour aller remplacer dans les écoles. Vu que j’avais également un peu d’expérience comme conférencière et créatrice d’ateliers dans les écoles, je me suis dit que ce serait une belle continuité », explique Mme Viau.

Cependant, la Wencesloise s’est rendu compte, après quelques remplacements, que les enseignants ne préparaient pas suffisamment de travail pour la journée. « On a souvent des temps morts à combler. C’est comme ça que j’ai commencé à créer mon propre matériel et à structurer le travail de remplaçant. J’ai compris aussi que plus je maîtrise ma matière, moins j’ai de gestion à faire en classe; en fait, je n’ai pratiquement plus aucune gestion », explique la remplaçante. « Le travail de remplaçant est souvent déstructuré, ce qui fait que les élèves se désorganisent », poursuit Mme Viau.

Alors que les premiers jours Mélissa Viau se présentait comme une remplaçante, elle a finalement commencé à se présenter comme une journaliste et une autrice. « Faire rentrer des métiers dans les écoles, ça fait partie du programme scolaire, explique-t-elle. Maintenant, il y a beaucoup de classes qui savent comment je fonctionne et les élèves aiment vraiment ça. » 

« Je leur explique que le monde des médias leur permet de faire briller une communauté, même une petite communauté de classe. C’est pour cette raison que j’ai démarré un petit journal étudiant pour chaque classe où je vais. Je fais de petites entrevues avec les élèves et chaque fois que j’y retourne, ils sont contents, ils ont hâte de voir les entrevues que j’ai faites sur le tableau blanc intelligent », mentionne Mme Viau.

Les élèves des classes où remplace Mélissa Viau ont aussi l’occasion de sortir leur cahier d’écriture. « Ils peuvent apprendre à écrire leur opinion, à se valoriser, à se présenter, dit-elle. Un jour, c’est peut-être eux qui vont participer à ce qu’on retrouve dans les médias pour montrer ce qu’ils sont et qui ils sont. » 

« Je me rends compte qu’il y a un besoin de changement dans les écoles, alors j’essaie d’y mettre ma couleur et de contribuer à changer un peu la façon qu’on enseigne aux élèves », dit-elle.

Depuis le 22 mars, Mélissa Viau a été appelée à remplacer à l’école Tournesol de Saint-Léonard-d’Aston, à l’école Arc-en-ciel de Sainte-Monique, ainsi qu’aux écoles Beauséjour et des Perséides de Bécancour. Elle remplace dans les écoles à raison de trois ou quatre jours par semaine.

« Ça comble mon horaire presque à temps plein. Le reste du temps, je peux le consacrer à mes projets d’écriture de livre, parce que j’ai deux manuscrits de commencés en même temps », raconte Mme Viau. D’ailleurs, l’un de ces projets est directement inspiré de l’expérience qu’elle vit en ce moment dans les écoles.

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