Des travaux qui dérangent au mont Arthabaska

Des travaux qui dérangent au mont Arthabaska
Le citoyen Gaétan Roy (Photo : www.lanouvelle.net)

Un citoyen de Victoriaville, Gaétan Roy, a interpellé les élus lors de la séance du conseil municipal au sujet de travaux effectués au mont Arthabaska, déplorant qu’ils s’effectuent dans une section considérée, selon lui, comme un milieu humide puisque les eaux qui coulent de la montagne s’y perdent.

« Ce milieu devrait même être considéré comme un habitat faunique compte tenu de la présence d’amphibiens et de bécasses », a-t-il fait valoir.

Le Victoriavillois dit trouver aberrant qu’on n’en tienne pas compte. « J’ai de la difficulté à accepter qu’on fasse un chemin d’une largeur de près de deux mètres, qu’on y étende du gravier là où il y a des amphibiens. Je trouve cela quant à moi inacceptable. Ça vient perturber leur habitat », a-t-il plaidé.

À cela, le maire Antoine Tardif a rappelé l’existence du département de développement durable et de l’aménagement du territoire qui analyse la situation avant d’autoriser tous travaux. « Ils ont fait l’analyse avant d’autoriser ces travaux, d’ailleurs c’est le cas pour tous les travaux en différents lieux de la municipalité.

Dans le cas présent, l’analyse réalisée ne va pas dans le même sens que la vôtre. Ça ne veut pas dire toutefois qu’il n’y pas des espèces à protéger dans différentes parties de la montagne. Mais pour les travaux dont on parle, l’aménagement du gazebo et d’un banc, l’autorisation a été donnée après analyse. Notre département, a soutenu le premier magistrat, est sensible à tous les enjeux environnementaux et avant d’autoriser un projet, il en fait une analyse adéquate. »

« Oui, mais l’analyse est faite au niveau de la Ville, par des gens de la Ville », a répliqué le citoyen.

Ce à quoi le maire Tardif a répondu que la Ville, en matière de caractérisation, par exemple, fait appel à des firmes externes. « Quand on a besoin d’une caractérisation, on fait affaire avec des firmes externes pour avoir la caractérisation des sols. On a répertorié sur l’ensemble du territoire les zones humides et les zones inondables. Je suis assez confiant que les études qui ont été faites sont véridiques », a-t-il soutenu.

Après avoir évoqué ce que rapportent les médias, selon lui, en lien avec l’échec dans la protection des milieux humides et des millions de dollars qui dorment dans les coffres du gouvernement pour la valorisation ou la restauration des milieux humides, Gaétan Roy a demandé s’il était possible qu’un citoyen ait raison d’informer, de suggérer ou d’avertir les autorités d’une situation nécessitant une attention spéciale?

« Tout à fait, a répondu le premier magistrat. Vous avez tous les droits de venir poser vos questions et je vais m’assurer que vous obteniez des réponses. Cela étant dit, soyez sans crainte. La protection des espaces verts et des milieux naturels constitue une priorité pour Victoriaville. Il y en a des zones inondables et humides sur le territoire et on travaille avec le ministère de l’Environnement pour les protéger dans leur intégrité. Toutefois, dans le cas présent, ça ne figure pas dans nos données comme une zone inondable ni humide, c’est pourquoi les travaux ont été autorisés. »

Le maire Tardif a fait remarquer de nombreux développements potentiels, qui pourraient se faire à Victo, n’obtiennent pas le feu vert puisqu’il s’agit

d’une zone inondable ou humide.

Question de compensation

Gaétan Roy a rappelé, par ailleurs, un texte de La Nouvelle Union du 15 novembre 2009 révélant que la Ville devait défricher 42 hectares au bénéfice du parc industriel, ce qui allait détruire les milieux humides qui s’y trouvent. « Mais la loi oblige une compensation pour la perte de ces milieux », a-t-il noté.

Deux semaines plus tard, le 30 novembre 2009, le citoyen a écrit aux autorités municipales pour leur signaler que l’endroit où s’effectuent actuellement les travaux pourrait être mis en valeur au bénéfice de l’habitat faunique, permettant ainsi de compenser la perte liée au développement industriel. Mais il n’a reçu, a-t-il soutenu, aucune réponse ni du maire (Alain Rayes), ni de la Ville.

« De quelle façon la Ville de Victoriaville a-t-elle compensé la perte des milieux humides au bénéfice du parc industriel dans les années qui ont suivi 2009? J’apprécierais que les citoyens en soient informés », a-t-il demandé au maire Tardif. 

« Concernant les compensations liées au parc industriel, je ne pourrais pas vous dire ce qui a été fait par mes prédécesseurs », a fait savoir le maire Tardif, ajoutant qu’autour de la table, les élus ont eu des discussions pour regarder au cours du mandat à protéger des espaces naturels sur le territoire. « On a plusieurs parcs et espaces verts qui s’y prêteraient. Du démarchage a été fait dans le cadre de l’Écoparc industriel en vue de désigner une zone humide en arrière comme un lieu protégé officiellement.  La demande a été faite au ministère de l’Environnement et on est toujours en attente d’une réponse. Oui, il y a des choses qui sont en cours », a assuré le maire de  Victoriaville.

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