COVID-19 : la solidarité aura marqué la deuxième année de pandémie

COVID-19 : la solidarité aura marqué la deuxième année de pandémie
Carol Fillion (Photo : gracieuseté)

C’est le 11 mars 2020 que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré qu’un nouveau coronavirus (la COVID-19) avait atteint le stade de pandémie. Depuis, les choses ont bien changé et, dans la région, un mot résume la deuxième année de pandémie : solidarité.

C’est du moins ce qu’a indiqué le PDG du Centre intégré universitaire de soins de santé et de services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), Carol Fillion, lors d’un entretien téléphonique. Invité à faire un bilan de cette deuxième année de pandémie, il a, d’entrée de jeu, tenu à souligner qu’il était très sensible à tout ce qu’avait vécu la population au cours des 24 derniers mois. « Je pense avec sympathie et avec cœur aux personnes qui ont perdu, de façon précoce, un être cher à cause de la COVID », a-t-il indiqué. Mais il a également une pensée pour ceux dont les soins, chirurgicaux notamment, ont dû être retardés. « Nous sommes justement à travailler pour voir comment on peut être le plus efficace possible pour répondre à l’ensemble des besoins de notre population », ajoute-t-il.

Bilan

Ce qu’il retient de positif, de la dernière année, c’est véritablement la solidarité de l’ensemble du personnel et de la population du CIUSSS MCQ. « Des médecins ont changé leur pratique, désirant mettre l’épaule à la roue. Du personnel d’encadrement, qui en plus de son travail, le soir et la fin de semaine prenait des fonctions d’infirmière, de physiothérapeute, etc. pour prêter main-forte. Des gens qui ont aussi accepté d’être déplacés, de faire du temps supplémentaire, de bousculer leur vie », exemplifie-t-il. Même son de cloche du côté de la population qui, selon M. Fillion, a manifesté sa solidarité avec un appui et une reconnaissance qui a fait une différence dans la capacité du personnel à investir toute l’énergie nécessaire pour passer à travers les 24 derniers mois.

Du côté de Victoriaville, il a tenu à mentionner les médecins de famille qui ont donné des soins presque intensifs à domicile. « Ils ont transformé leur pratique avec l’ensemble du personnel et on souhaite garder cette façon de faire », lance-t-il.

Au cours de la dernière année, les choses ont évolué, encore. En date du 11 mars, alors qu’on poursuivait la levée des différentes mesures sanitaires, dans la région on enregistrait encore 1143 cas actifs (comparativement à 210 à la même date l’an dernier) et 61 hospitalisations, pour un total de cas confirmés cumulatifs de 49 101 depuis le début de la pandémie ainsi que 870 décès. 

Bien sûr, le variant Omicron, plus contagieux, mais moins virulent, a également modifié la donne, s’attaquant à la communauté lors de la cinquième vague. « Alors que la première vague, malheureusement, s’est attaquée aux CHSLD », rappelle-t-il. La vaccination, qui a également marqué la deuxième année de pandémie, a beaucoup fait pour améliorer la situation. « Avec une bonne vaccination, on savait que les gens avaient moins de possibilités de développer des complications », dit-il encore.

Cette vaccination, aussi, a permis de diminuer l’impact néfaste que le mode de vie de la première année a eu sur la santé mentale de la population. « On avait le souci de permettre aux gens de refaire leur énergie sociale », ajoute M. Fillion.

D’ailleurs, le PDG est bien satisfait du taux de vaccination atteint dans la région alors qu’au-delà de 1,2 million de doses ont été distribuées. « Ça reste un outil extrêmement important. J’invite les gens, qui n’ont pas pu venir chercher leurs deux doses et celle de rappel, à le faire », encourage-t-il en mentionnant également qu’il ne faudra pas non plus négliger d’obtenir d’autres rappels s’ils deviennent nécessaires dans le futur. « Il ne faut pas penser que c’est fini. Notre niveau de protection nous permet d’amoindrir les complications pour le moment », réitère-t-il.

Les centres de vaccination demeurent donc en place et sont toujours fréquentés actuellement par les nombreuses personnes qui ont contracté la maladie pendant le temps des fêtes et qui ont ainsi dû attendre (entre 8 et 12 semaines tel que recommandé) avant la troisième dose. « On pourra réorganiser les centres de vaccination, mais le vaccin va demeurer accessible », complète-t-il.

Délestage

La vaccination, qui fait que le virus circule moins, permet également au CIUSSS MCQ de reprendre le temps perdu pour différentes chirurgies ou rendez-vous. « Mais notre grand défi, c’est la main-d’œuvre », note M. Fillion. Le manque de personnel se faisait déjà sentir avant la pandémie, le problème ayant été mis en évidence depuis deux ans. « Il faut trouver l’équilibre entre la réponse souhaitée aux besoins de la population et l’énergie ainsi que la disponibilité de la main-d’œuvre », résume-t-il. 

Carol Fillion rappelle tout le temps supplémentaire fait depuis deux ans par le personnel qui a maintenant besoin de se reposer. « La reprise des activités doit donc tenir compte de ces trois facteurs (mentionnés plus haut). »

Malgré tout, indique M. Fillion, il semble que le moral du personnel soit assez bon. « Quand on fait des choses qui ont de bons résultats, comme à Victoriaville où on a fait un excellent travail », encourage-t-il. « Mais il est certain que les gens ont besoin de se reposer. La fatigue est extrêmement présente », fait-il savoir.

En ce qui concerne le délestage à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, M Fillion a indiqué que, dans l’établissement, on était parvenu à maintenir 59% des chirurgies pendant la cinquième vague. « Et nous avons commencé à augmenter ce pourcentage », dit-il. Quant à la pénurie de main-d’œuvre, bien que difficile à chiffrer, elle se compte, selon le PDG, par centaines par type d’emploi. Un défi qu’il faut encore relever.

An 3

La troisième année de COVID-19 sera marquée, au CIUSSS MCQ, par la qualité de vie au travail du personnel. « C’est la plus grande priorité. Ensuite, c’est de bien intégrer, dans nos façons de faire régulières, certains apprentissages faits au cours des dernières années », espère-t-il. À titre d’exemple, des services de soins à domicile ont été transformés, il y a eu développement de la capacité d’intervenir et de soutenir à distance avec les technologies (télémédecine). « Des pratiques qui devront se raffiner et rester en place », dit-il encore. Même chose pour le télétravail pour lequel on souhaite développer un modèle hybride.

Pour compléter, Carol Fillion rappelle à la population que malgré la levée de plusieurs mesures sanitaires, il faut rester vigilant sur l’évolution du nombre de cas. Et certaines mesures, bien qu’elles ne soient plus exigées par le gouvernement, devraient rester en place, si besoin (masque, isolation, etc.). 

Même s’il ne peut anticiper l’avenir, Carol Fllion estime que les bons comportements développés depuis deux ans et l’importance mise sur les barrières de propagation de différents virus donnent un avantage pour la suite des choses. « On a hâte de se réapproprier des pans de notre vie qui sont en attente depuis 24 mois », a-t-il conclu.

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Fremich
Fremich
3 mois

Je comprends très bien que les travailleurs de la santé soient fatigués. Cependant, le CIUSS ne peut les envoyer en vacances tous en même temps. Il faudra trouver un moyen d’établir une rotation qui permettra à chacun de se reposer.
Des nouvelles façons de faire avec la pandémie peuvent être retenues, comme les consultations téléphoniques avec notre médecin de famille. Ce procédé sauve énormément de temps tant aux médecins qu’aux patients. Avez-vous remarqué qu’il y a beaucoup moins de gens dans les salles d’attente?