Le patrimoine agricole, un enjeu d’actualité

Par Sylvie Courchesne, agente en développement agricole

Dominic Poulin, agronome, coordonnateur au développement agroalimentaire

Corporation de développement économique Victoriaville et sa région (CDEVR)

Le patrimoine agricole, un enjeu d’actualité
(Photo : Depositphotos)

Bien que le caractère rigide et contraignant de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA) ait été largement décrié, l’annonce d’un assouplissement administratif par le projet de loi 103 du gouvernement provincial sur le morcellement des terres alimente de nombreux débats et également des craintes face à l’avenir de notre agriculture.

La LPTAA a vu le jour en 1978, en pleine effervescence économique, en vue de protéger de l’étalement urbain les terres à fort potentiel agricole, notamment en région métropolitaine. « Le régime de protection du territoire agricole institué par la présente loi a pour objet d’assurer la pérennité d’une base territoriale pour la pratique de l’agriculture et de favoriser, dans une perspective de développement durable, la protection et le développement des activités et des entreprises agricoles dans les zones agricoles dont il prévoit l’établissement. » (LPTAA, art. 1.1)

Malgré les divergences quant au moyen administratif employé, le constat est unanime. En réponse aux différents enjeux environnementaux et sociaux, le secteur agricole a entamé de profondes transformations ces dernières décennies. La province doit ainsi se donner les moyens de protéger à long terme son territoire agricole de la spéculation foncière et de l’étalement urbain tout en accueillant cette transition. Elle doit ainsi répondre aux enjeux d’accès aux terres pour la relève et pour les nouveaux modèles agricoles à plus petite échelle.

Le Centre-du-Québec est l’une des trois plus importantes régions de la province dans le secteur agricole. Les activités bioalimentaires régionales représentent 13% de notre PIB et 16% de nos emplois (MAPAQ, 2017), soit un emploi sur six. En plus de participer conséquemment à la vitalité économique régionale, cette agriculture caractérise notre territoire et nos paysages. 

Afin de valoriser cette richesse patrimoniale, la MRC d’Arthabaska s’est dotée, en 2016, d’un Plan d’aménagement de la zone agricole (PDZA). Ce plan dresse différentes orientations afin d’accompagner le secteur agricole par un développement économique soutenu et diversifié. Ce développement doit prendre en considération les transformations démographiques et la qualité de vie sur le territoire de la MRC, assurer une cohabitation harmonieuse des usages, et ce, dans un contexte de développement durable. L’optimisation du territoire et l’accessibilité à la terre comptent ainsi parmi les orientations de ce PDZA.

Depuis 2020, la Corporation de développement économique de Victoriaville et sa région (CDEVR) pilote avec les partenaires du milieu un projet de caractérisation des terres agricoles en friche de la MRC en vue d’identifier leur potentiel et favoriser leur remise en culture. Ce portrait permettra de rendre accessibles dès l’an prochain certaines opportunités, favorisant ainsi l’accès à la terre, le démarrage de projets et l’utilisation optimale des superficies agricoles dans la région.   

Les demandes en terre de dimensions plus adaptées aux modèles agricoles émergents sont croissantes, tout comme les inscriptions aux programmes d’agriculture biologique de l’Institut national d’agriculture biologique (INAB) de Victoriaville. Ce sont de bons indicateurs des grandes passions qu’éveille l’agriculture. 

Le débat et les échanges suscités par le projet de loi 103 témoignent également d’une vive et bénéfique préoccupation sociale pour la préservation de nos territoires agricoles afin qu’ils servent encore à nourrir notre population et à développer nos collectivités.

La CDEVR active pour l’agriculture 

La Corporation de développement économique de Victoriaville et sa région (CDEVR) et l’équipe de la MRC d’Arthabaska travaillent activement avec les partenaires agricoles régionaux, dont l’Union des producteurs agricoles (UPA) ainsi que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), à mettre en œuvre le PDZA. L’orientation des travaux est axée principalement sur trois cibles : le manque de relève et de main-d’œuvre agricole, la mise en marché de proximité et l’occupation dynamique du territoire. 

Pour toute question relative au PDZA, vous pouvez joindre Dominic Poulin au 819 758-3172, poste 222 et consulter la page Facebook de la CDEVR.

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