Une étude fait ressurgir des problèmes d’alphabétisation dans les deux MRC

Communiqué

Une étude fait ressurgir des problèmes d’alphabétisation dans les deux MRC
Plus de 60% de la population âgée de 15 à 65 ans dans la MRC de L'Érable aurait de graves problèmes de littératie. Ce taux se situe entre 54% et 58% dans la MRC d'Arthabaska. (Photo : stokkete - stock.adobe.com)

Une étude réalisée par l’économiste Pierre Langlois et dévoilée par la Fondation pour l’alphabétisation démontre qu’entre 54% et 58% de la population âgée entre 15 et 65 ans dans la MRC d’Arthabaska et plus de 60% dans la MRC de L’Érable aurait de graves problèmes de littératie. La moyenne québécoise s’élève à 54%.

C’est en jumelant les plus récents résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) (2012) aux données du dernier recensement canadien (2016), notamment le profil scolaire des répondants, que M. Langlois a été en mesure de brosser ce portrait régional des enjeux de littératie, de même qu’une estimation locale du taux de littératie pour chacune des MRC ou agglomérations du Québec.

En plus d’offrir un portrait inédit des compétences en littératie de la population dans toutes les régions du Québec, les résultats de l’étude « La littératie au Québec : un regard local sur les enjeux » propose aussi une série de pistes d’actions adaptées pour améliorer la situation dans chacune d’elles.

La MRC de L’Érable est la seule des cinq MRC du Centre-du-Québec classée au niveau rouge, ce qui veut dire que plus de 60% de sa population n’atteint pas le niveau 3 du PEICA, soit le seuil jugé nécessaire pour comprendre des textes plus longs et plus complexes.

La MRC de Nicolet se situe au niveau orange (entre 58% et 60% de sa population n’atteint pas le niveau 3 du PEICA) alors que la MRC d’Arthabaska rejoint celles de Drummond et Bécancour au niveau jaune (entre 54% et 58% de leur population n’atteint pas le niveau 3 du PEICA).

« Le niveau de littératie au Québec s’explique par la scolarité, la démographie, les conditions socio-économiques et le tissu économique des localités. Ainsi, les MRC du territoire québécois affichent des résultats qui varient selon ces différents indicateurs », a précisé l’auteur de l’étude, M. Langlois.

 Principaux faits saillants

Les grandes villes font mieux que la moyenne québécoise quant au nombre de répondants atteignant le niveau 3 du PEICA, soit le seuil jugé nécessaire pour comprendre des textes plus longs et plus complexes. Toutefois, les secteurs et quartiers défavorisés de ces grandes villes ont des résultats plus faibles.

Les MRC dites de couronnes ou de banlieues, ayant souvent une population plus jeune, ont des résultats essentiellement alignés sur la moyenne québécoise ou légèrement inférieurs.

Les MRC des régions dites éloignées affichent des résultats plus défavorables.

Les MRC affichant des résultats plus faibles en littératie présentent des caractéristiques souvent similaires : une forte proportion de répondants sans diplôme; une forte proportion de répondants avec un diplôme d’études professionnelles; un phénomène de vieillissement de la population; des caractéristiques économiques et industrielles particulières : fort secteur agricole ou des pêcheries, présence importante d’un secteur manufacturier et d’industries liées aux ressources naturelles (foresterie, papier, mines).

 

Pistes de solutions

Devant ces résultats, l’économiste Pierre Langlois avance sept pistes de réflexion pour améliorer les compétences en littératie à travers le Québec.

Identifier les grands employeurs dans les MRC présentant des résultats plus faibles et ouvrir une discussion sur la littératie.

Définir des mesures de soutien en littératie dans le milieu agricole, de la foresterie et de la transformation.

Établir un contrat social entre le milieu manufacturier et les écoles professionnelles afin d’assurer une diplomation complète.

Adopter une approche hyperlocale et communautaire en littératie pour les grandes villes.

Soutenir l’apprentissage de la littératie chez les aînés, particulièrement en région.

Comprendre les limites de la couverture régionale des cégeps et des autres actifs de diffusion culturelle.

Comprendre les enjeux de littératie et de décrochage scolaire dans les communautés autochtones.

 » Cette étude nous offre un regard plus local que jamais sur la littératie au Québec, identifie plus précisément les enjeux en cause et aidera ainsi, je l’espère, nos décideurs locaux et nationaux à développer des solutions plus adaptées à la situation de chaque région. La littératie est un enjeu qui nous concerne tous et nous nous devons de nous pencher sur des pistes de réflexion afin d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble des Québécoises et des Québécois », a indiqué André Huberdeau, président de la Fondation pour l’alphabétisation

 

À propos de la Fondation pour l’alphabétisation

Fondée en 1989, la Fondation pour l’alphabétisation est un organisme caritatif qui a pour mission de soutenir les adultes et les enfants afin d’assurer le développement de leur capacité à lire et à écrire pour participer pleinement à la société québécoise. www.fondationalphabetisation.org.

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