Des pistes de solutions pour la restauration des lacs de la rivière Bécancour

Communiqué

Des pistes de solutions pour la restauration des lacs de la rivière Bécancour
Pour le secteur minier, la végétalisation des haldes de résidus miniers amiantés est la méthode la plus efficace à long terme afin de limiter l’apport en sédiments et en amiante dans le milieu récepteur. (Photo : gracieuseté)

Le 22 juin dernier se tenait la quatrième rencontre du Comité de partenaires de l’Étude de reconstitution paléolimnologique de l’évolution des lacs de la Haute-Bécancour. Cette étude menée par Olivier Jacques, étudiant au doctorat de l’Université Laval et natif de Thetford Mines, vise à connaître l’état actuel et passé des lacs du bassin de la rivière Bécancour, soit les lacs à la Truite d’Irlande, William, Joseph, Bécancour, en plus de l’étang Stater.

La paléolimnologie permet de connaître l’état des lacs avant l’occupation du territoire, et ce tout au long des activités minières du secteur de Thetford Mines jusqu’à aujourd’hui. En prélevant une carotte de sédiments au fond des lacs, l’équipe de recherche, dirigée par Reinhard Pienitz, professeur du Département de géographie de l’Université Laval, est en mesure de retracer la provenance des sédiments et de connaître l’état de santé des lacs depuis un millénaire.

L’étude finale sera déposée d’ici la fin de l’année. Pour MM Jacques et Pienitz, il est évident que des changements écologiques majeurs pour tous les lacs étudiés sont notables à la suite de la vidange du lac Noir entre 1955 et 1959. Les chercheurs affirment que depuis la disparition du lac Noir, ce sont dorénavant les lacs à la Truite, William et, dans une moindre mesure, Joseph, qui reçoivent les résidus miniers amiantés s’érodant des haldes de Thetford Mines. Pour sa part, le lac Bécancour, situé en amont des activités minières, est affecté par l’expansion du dépotoir de Thetford-Sud situé à proximité et le développement riverain autour du lac dans les années 1960.

En complément de l’étude paléolimnologie, une étude multicritère des solutions optimales à adopter afin d’améliorer la condition des lacs du bassin amont de la rivière Bécancour a été réalisé par l’équipe de Rosa Galvez-Cloutier, chercheure associée au Département de génie civil de l’Université Laval et sénatrice. L’évaluation environnementale, économique et technique des mesures de rétablissement des lacs à la Truite, William, Joseph et Bécancour a été déposée le 30 juin dernier. Le principal constat de l’étude : le statu quo n’est pas acceptable, il est dès lors nécessaire d’agir pour améliorer la qualité d’eau afin d’en préserver les usages.

L’étude propose notamment l’aménagement d’un marais épurateur permettant de traiter les effluents de la station des eaux usées de Black Lake. Pour les tributaires des lacs fluviaux, la combinaison des méthodes de stabilisation végétale des rives à des seuils et des déflecteurs semble une bonne alternative dans un contexte de fort courant pour réduire l’érosion et les apports en sédiments.

Pour le secteur minier, la végétalisation des haldes de résidus miniers amiantés est la méthode la plus efficace à long terme afin de limiter l’apport en sédiments et en amiante dans le milieu récepteur. À court et moyen termes, il est recommandé d’implanter des infrastructures temporaires pour stabiliser les berges et les sites d’érosion majeurs du secteur minier.

Pour le secteur municipal, des changements dans les pratiques de gestion sont proposés pour la vidange et l’inspection des installations septiques autonomes, la gestion des fossés et de l’érosion.

Pour les secteurs agricoles et forestiers, l’étude recommande d’implanter des changements dans les techniques de travail du sol ainsi que des méthodes d’organisation physique des terrains, d’améliorer la configuration des réseaux de drainage et de limiter les apports en matières nutritives aux cours d’eau.

Il est possible d’obtenir davantage d’information relative à ce projet en consultant le site du GROBEC au : http://www.grobec.org/2021.php#title6

Ce projet de recherche universitaire, dont la gestion relève du Groupe de concertation des bassins versants de la zone Bécancour (GROBEC), est principalement financé par les intervenants du milieu, soient : l’Association de protection du lac à la Truite d’Irlande (APLTI), l’Association du lac William (ALW), l’Association des riveraines et riverains du lac Joseph (ARRLJ), les municipalités de Thetford Mines, Irlande, Saint-Ferdinand, Saint-Pierre-Baptiste, Inverness ainsi que les MRC des Appalaches et de L’Érable.

Le GROBEC est un organisme sans but lucratif ayant pour mandat de mettre en place la gestion intégrée de l’eau sur le territoire des bassins versants de la zone Bécancour. L’OBV est officiellement reconnu dans la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection. En concertation avec les acteurs de l’eau, l’organisme élabore un Plan directeur de l’eau et assure le suivi de sa mise en œuvre.

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