Les produits québécois dans les institutions au coeur d’un important projet

Les produits québécois dans les institutions au coeur d’un important projet
La chargée de projet Christine Gingras du CISA et David Alain de la Villa Saint-Georges (Photo : Capture d'écran)

Quatre institutions, le Cégep de Victoriaville, le Collège Clarétain, le Centre de la petite enfance (CPE) La petite école et la Villa Saint-Georges de Victoriaville, ont adhéré à ce projet d’approvisionnement institutionnel coordonné par la Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) et financé par le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) par le biais de son Programme de développement des marchés bioalimentaires.

Doté d’une enveloppe d’environ 240 000 $, ce projet, échelonné sur trois ans, vise à accroître l’approvisionnement en produits bioalimentaires québécois des institutions de la MRC d’Arthabaska.

Cette initiative, indique la chargée de projet Christine Gingras du CISA, découle d’un premier projet de recherche réalisé entre  2017 et 2019. «C’était une demande de la CDEVR (Corporation de développement économique de Victoriaville et sa région) de voir les débouchés potentiels dans les institutions de notre territoire pour les producteurs agricoles», précise-t-elle.

Cette étude a alors permis au CISA de rencontrer cinq institutions de la région et ainsi d’analyser les différentes conditions gagnantes, mais aussi les freins à l’approvisionnement direct auprès des producteurs.

Puis, les intervenants du CISA ont vu, dans la mise en place du programme du MAPAQ, une belle occasion de faire un pas supplémentaire et de mener un projet d’envergure sur trois ans avec d’autres partenaires institutionnels.

Ces partenaires n’ont pas hésité à prendre part au projet, certains ayant déjà fait partie de la première mouture. «Ce que nous voulions, c’est d’avoir une palette diversifiée d’institutions, une diversité parce qu’un des résultats de notre première étude nous démontrait que les conditions gagnantes et les défis diffèrent vraiment d’une institution à l’autre», fait valoir Christine Gingras.

Des chantiers de travail seront constitués autour des institutions participantes. «On y assoira aussi autour de la table des partenaires naturels et peut-être aussi moins naturels. Il peut s’agir de fournisseurs, de bénéficiaires, d’acteurs du développement économique et de la saine alimentation. Ensemble, ils identifieront des solutions. L’idée, en fait, c’est de développer une solution adaptée à chacune des réalités des institutions», explique la chargée de projet.

C’est ce qui caractérise ce projet, observe-t-elle. «Les défis sont différents dans les écoles, les CPE, notamment. Les conditions, les règles sont différentes. Chaque institution fait face à ses propres défis. Cela nécessitera une réflexion élargie pour les différents partenaires», note Mme Gingras.

Les caractéristiques propres à chacun laissent clairement entrevoir qu’une solution unique peut difficilement être envisagée. «Voilà pourquoi, dit-elle, on travaille par chantier de travail autour d’une institution pour en arriver à une solution adaptée à la situation de chacune des institutions.»

Par ce projet, on souhaite le plus possible lever les contraintes à l’approvisionnement, identifier celles qui demeurent pour les ramener à un niveau plus territorial. «C’est ce qui explique que la démarche comprend une stratégie territoriale d’approvisionnement institutionnel pour profiter de l’apprentissage que nous ferons au cours de ces trois années. Nous tenterons de voir ce qui peut être structurant pour le territoire afin d’intéresser encore plus d’institutions à faire le pas vers l’approvisionnement institutionnel», souligne Christine Gingras.

Les intervenants et participants s’attendent à faire face à des défis de différentes natures. «C’est d’en arriver, avec des acteurs qui ont le pouvoir de faire bouger les choses, à amener peut-être des fonds, des programmes de services pour aider à accroître l’intérêt des institutions de notre région à favoriser l’approvisionnement local en raison de tous les bienfaits que cela peut apporter à notre région et à nos institutions», signale-t-elle.

Le projet, donc, se met en branle et la première année consistera à dresser un portrait des acteurs. Des rencontres individuelles se feront avec chacun des partenaires. «Pour bien cibler qui ils sont, connaître leur chaîne d’approvisionnement et leurs fournisseurs. On en est vraiment à comprendre le système, à bien identifier les besoins en vue d’effectuer de bons jumelages dans les chantiers de travail», explique la chargée de projet.
Cela conduira à un premier événement en mai 2022 où tous les participants se rencontreront pour démarrer les chantiers. «On a donc une grosse année de documentation, de rencontres individuelles et de préparation avant d’entreprendre les chantiers», indique-t-elle.

La Villa Saint-Georges

La démarche revêt de l’importance pour David Alain de la Villa Saint-Georges qui, depuis l’acquisition de l’établissement en 2013, a travaillé à intégrer des produits régionaux.

«L’établissement, détenu auparavant par des intérêts montréalais, ne faisait affaire pratiquement avec aucun fournisseur local», confie-t-il.

Il a corrigé la situation, se disant préoccupé aussi par l’aspect environnemental, constatant l’aller-retour Montréal Victoriaville à raison de trois fois par semaine pour la livraison de fruits et légumes. «Dès le départ, c’était important pour moi d’avoir une fraîcheur et une qualité des produits. Notre approvisionnement local est passé de quelque 0% à environ 24% aujourd’hui. Même pour les viandes, on a une boucherie locale», souligne David Alain tout en faisant valoir le défi que cela représente. «On doit s’assurer que l’entreprise avec qui on fait affaire soit sécuritaire. D’où l’interaction intéressante avec le MAPAQ, car, dans notre domaine, il faut s’assurer que nos produits soient d’une grande qualité, d’une grande fraîcheur et d’une qualité d’hygiène sanitaire irréprochable», note-t-il.

David Alain s’est réjoui de l’appel reçu du CISA pour prendre part au projet. «Nous en étions rendus à entreprendre nous-mêmes les démarches pour aller à la rencontre de producteurs locaux», expose-t-il, tout en avouant son souhait d’augmenter éventuellement à 35 ou même 40% son approvisionnement local. «Je pense que c’est réalisable, dit David Alain. Le fait de réunir tous les acteurs ensemble aidera énormément à trouver des pistes de solution pour augmenter l’approvisionnement.»

Une table de concertation?

D’autres projets du genre se tiennent aussi ailleurs au Québec. Une dizaine de projets en approvisionnement institutionnel auraient été choisis en vertu du Programme de développement des marchés bioalimentaires.

«J’ai eu l’occasion d’échanger avec des intervenants de deux projets en démarrage dans le Bas-Saint-Laurent et en Brome-Missisquoi. «Une table de concertation des différents projets pourrait être mise sur pied. Ce serait intéressant de voir les expériences qui se font ailleurs, d’en apprendre sur les difficultés qu’ils rencontrent, de partager nos expériences et succès», exprime Christine Gingras.

«C’est un grand chantier, ajoute-t-elle, que prend le gouvernement du Québec. J’espère qu’ils mettront tout en œuvre pour que ce soit une réussite, pour qu’on puisse enlever les contraintes, pour qu’un plus grand nombre d’institutions se tournent vers l’approvisionnement en produits locaux et en produits du Québec.»

La chargée de projet reconnaît que tout n’est pas simple pour les institutions. «Il leur faut une volonté. C’est ce que je trouve honorable de leur part. C’est véritablement un engagement de gens qui croient au bienfait de l’approvisionnement local», conclut-elle.

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