Semaine de la Santé mentale : les organismes toujours là malgré les difficultés

Par Manon Toupin
Semaine de la Santé mentale : les organismes toujours là malgré les difficultés
Le ROBSM Mauricie-Centre-du-Québec a voulu, en cette Semaine de la Santé mentale, faire part du quotidien de certains de ses organismes et annoncer un spectacle pour remercier les intervenants et équipes de travail des organismes de leur indispensable apport. (Photo : Capture d'écran)

En cette Semaine de la Santé mentale (3 au 9 mai), le Regroupement des organismes de base en santé mentale (ROBSM) Mauricie-Centre-du-Québec a voulu permettre à ses membres de faire le point sur les différents services offerts en région.

Une trentaine d’organismes font partie de ce regroupement et la semaine est une bonne occasion de les connaître davantage et surtout de leur donner la parole afin qu’ils décrivent la situation dans laquelle ils se trouvent confrontés. Il y a bien entendu la pandémie de la COVID-19 qui rend les choses plus difficiles et chaque responsable ne manque pas d’en faire mention.

Parmi les membres, on retrouve le Centre de prévention suicide Arthabaska-Érable. Marc-André Breault indique que l’organisme, qui entre habituellement en contact avec les gens par l’entremise d’une ligne téléphonique, n’a pas vu de grand changement avec l’arrivée de la COVID-19 (grâce au moyen de communication). «Toutefois, nous notons une augmentation du volume d’appels d’environ 15%. Mais cette hausse n’est pas complètement attribuable à la COVID-19, explique-t-il.

La pandémie, quand même, apporte avec elle une augmentation des symptômes chez la clientèle et peut créer des enjeux de santé mentale. «Il faut aussi considérer l’essoufflement du réseau et de la solidarité sociale (ça va bien aller) de la première vague. «Le réseau était fragile avant la pandémie, avec une liste d’attente. Après la pandémie, il risque d’y avoir des impacts qui vont se poursuivre», prétend Marc-André.

Mais l’équipe continue d’offrir les services, peu importe les circonstances. C’est d’ailleurs le cas de la majorité des organismes communautaires. Chez Parents Partenaires (qui a un point de services à Victoriaville), l’offre de services s’est vue modifier avec la pandémie. Les formations ont désormais lieu sur Zoom plutôt qu’en personne, ce qui n’est pas nécessairement facile pour la clientèle qui est constituée de parents qui vivent avec un enfant ou un adolescent aux prises avec un problème de santé mentale. «Nous avons augmenté le répit qui est maintenant disponible à la semaine plutôt qu’au mois, ce qui fait que plus de familles y ont accès», souligne Josiane Mongrain.

C’est que les parents, avant, venaient rechercher les services du groupe davantage en prévention alors que maintenant, lorsqu’ils prennent contact, ils sont, comme le dit Josiane, à bout de souffle. De l’autre côté de la médaille pour l’équipe, il y a hausse du travail sans davantage de financement et de ressources. «Les éducateurs sont difficiles à trouver. Nous sommes donc plus souvent sur le plancher», mentionne-t-elle encore.

«En cette période, les familles sont plus propices aux crises. Les enfants avec des difficultés et qui sont scolarisés à la maison, les parents ne sont pas en mesure de gérer les crises. Cela donne des familles plus anxieuses et pour lesquelles il faut augmenter l’intensité du suivi et du soutien», note Louise Garçeau en ajoutant qu’il faut que l’organisme brave la tempête et demande une augmentation du financement. «Les besoins sont plus criants, urgents. La pandémie a exacerbé une situation déjà fragile. Et il y a également l’épuisement dans l’équipe qu’il faut surveiller», conclut-elle.

Du côté du groupe Le Pas (pour l’entourage de personnes qui vivent avec des problèmes de santé mentale), on note une élévation du nombre de demandes. «Et ceux qui sont déjà là ont davantage de besoins et nécessitent un suivi plus rapproché», indique Hélène Desharnais. Le confinement a amené avec lui, notamment, une diminution de l’accès aux ressources habituelles.

«Nous notons aussi une hausse du côté des services jeunesse, soit pour les enfants qui vivent avec un proche atteint. Avant nous comptabilisions quatre enfants pour huit rencontres alors qu’aujourd’hui ce sont six enfants qui requièrent 32 rencontres. Les enfants sont témoins de davantage de situations qui les ont fragilisés», ajoute-t-elle.

Encore ici, cela a un impact sur l’équipe qui doit jongler avec plusieurs choses, dont des horaires atypiques et des services en ligne, tout cela afin de maintenir son offre. En plus de cette prise de parole qui permet de mieux percevoir le quotidien des organismes, le ROBSM organise, jeudi, une soirée d’humour virtuelle mettant en vedette François Bellefeuille et Simon Gouache.

L’événement s’adresse aux «héros du communautaire en santé mentale», soit les intervenants et les équipes de travail qui sont en contact avec la population qui vit avec des problèmes de santé mentale ou des parents et des proches de ces personnes. Une belle et drôle de façon de conclure une semaine de sensibilisation.

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