Un dîner du maire sous une nouvelle formule

Un dîner du maire sous une nouvelle formule
Une nouvelle formule, l'entrevue (Photo : Capture d'écran)

Un plan B pour la Chambre de commerce et d’industrie Bois-Francs-Érable (CCIBFE) qui, en raison de la pandémie, a transformé la tradition du souper du maire en un dîner rencontre virtuel sous forme d’entrevue avec, non seulement le maire de Victoriaville, André Bellavance, mais trois autres intervenants du milieu économique.

Le maire André Bellavance (Capture d’écran)

Ainsi, le président de la CCIBFE, Robert Béliveau, la présidente de Femmes de carrière, Marie-Christine Couture, et le président de la Jeune Chambre de Victoriaville, Didier Poisson, ont pris place sur le plateau aménagé au Carré 150 aux côtés du maire Bellavance.

La responsable de la politique des aînés à la Ville de Victoriaville, Jessica Dessureault, a animé cette rencontre virtuelle diffusée sur Facebook.

Ce rendez-vous a d’abord permis un retour sur la dernière année, sur la façon dont les intervenants ont fait face à la pandémie.

S’il a vécu toutes sortes de choses en carrière, André Bellavance a confié n’avoir jamais pensé vivre une telle pandémie planétaire. La Ville a dû s’adapter et réactiver un plan d’intervention élaboré du temps de la grippe H1 N1. «Notre premier souci était de nous assurer que la population continue d’avoir des services», a-t-il dit.

Il a pu rappeler aussi toutes les mesures de sécurité prises par la Ville, de même que les gestes concrets pour soutenir citoyens et entreprises, comme le gel de taxes, le report de paiement et la gratuité des stationnements.

Le président de la CCIBFE. Robert Béliveau

Pour sa part, le président de la CCIBFE, Robert Béliveau a fait valoir que, pour bon nombre d’entreprises de la région, la pandémie a suscité «des opportunités en or». «En revanche, cela a créé de graves inconvénients pour plusieurs autres. Les situations ont donc été très différentes selon les secteurs d’activités», a-t-il noté.

Elle-même, la CCIBFE, qui vit du membership et des activités, a fait face à des choix difficiles, incluant une restructuration à l’interne. «On a quand même continué à offrir des services. Notre préoccupation, c’était de prendre les moyens pour être le premier canal d’information pour nos membres parce que nous étions bombardés de divers programmes gouvernementaux», a-t-il indiqué.

Chez les Femmes de carrière, l’aspect organisationnel et la mobilisation ont constitué les enjeux principaux, a signalé la présidente. «On ne voit plus la conciliation travail famille de la même façon aujourd’hui. On a pris conscience à quel point cette conciliation peut être fragile», a confié Marie-Christine Couture, tout en précisant qu’il y a eu du positif dans cette pandémie. «Ça a permis de se réorienter, de refaire des choses, en plus d’amener une prise de conscience collective.»

Les jeunes entrepreneurs aussi ont déployé les efforts pour s’adapter. «On a tenté d’aller davantage vers le virtuel, en implantant le télétravail qu’on pourra poursuivre dans le futur», a mentionné le président de la Jeune Chambre, Didier Poisson, ajoutant que l’organisme avait pu, en septembre, tenir deux activités en présence. «Ça nous a donné un petit regain d’énergie», a-t-il dit.

Le rôle de la Ville

Questionnés sur le rôle qu’une municipalité doit jouer en temps de crise, Didier Poisson a salué d’abord la mesure concernant les taxes, mais la Ville, maintenant, doit, selon lui, miser sur la relance économique et créer un engouement pour favoriser l’essor entrepreneurial. «Pour que les entreprises soient intéressées à continuer ou à démarrer», a-t-il noté, invitant aussi la Municipalité à faire connaître et promouvoir les différents programmes disponibles.

Marie-Christine Couture, présidente de Femmes de carrière (Capture d’écran)

«La Ville doit être dynamique, avoir beaucoup d’initiatives. Notre ville en a beaucoup. Elle doit continuer, être près  de ses gens, les écouter et tenter de trouver des solutions pour que l’économie roule», a renchéri Marie-Christine Couture.

De l’avis de Robert Béliveau, la Ville joue un grand rôle d’influence auprès de la population. «La Ville doit être un exemple à tous points de vue. C’est pourquoi on a de grandes attentes. Elle doit notamment donner l’exemple en favorisant l’achat local et continuer à le promouvoir», a-t-il fait valoir, tout en rappelant l’action concrète prise par les autorités municipales pour bonifier cet aspect.

«Avec la modification apportée, on pense que nous allons augmenter encore plus notre contribution à l’achat local», a précisé le maire André Bellavance, tout en exposant que la Ville injectait déjà plus de 45 M $ dans l’économie locale auprès de 700 fournisseurs locaux.

Du positif, malgré tout

«Des opportunités en or» se sont pointées en ce temps de pandémie, a soutenu Robert Béliveau. «Des choses ne se seraient jamais faites, n’eût été de la pandémie», a-t-il signalé.

Il a dit souhaiter aussi qu’on puisse conserver certaines habitudes créées. «Des trucs innovants ont été mis en place, comme les rencontres virtuelles», a-t-il mentionné.

La pandémie a aussi suscité, a-t-il observé, une grande sensibilité envers l’achat local. «On a pris davantage conscience de l’importance de pouvoir s’organiser soi-même.»

Le président de la CCIBFE s’est aussi fait quelque peu philosophe. «Il faut apprendre quelque chose de ce qu’on vit. On vit tous cette pandémie de façon différente. C’est un moment historique. Mais l’humain doit accepter que la nature est plus puissante que nous. Si elle se déchaîne, la nature peut nous donner une volée. Oui, les scientifiques ont rapidement trouvé un vaccin, mais la partie n’est pas gagnée. On doit tous réfléchir à nos actions et avoir l’humilité de comprendre le message que la nature vient de nous envoyer. Un signal nous est envoyé et il faut essayer de l’écouter», a-t-il conclu.

Pour la présidente de Femmes de carrière, la pandémie a permis «un pas de recul». «Ça a permis de nous remettre en question collectivement et individuellement en plus de placer l’humain au centre de tout. De remettre l’humain au cœur de nos préoccupations, je pense que c’est un bon coup», a exprimé Marie-Christine Couture.

Didier Poisson, président de la Jeune Chambre de Victoriaville (Capture d’écran)

Quant au président de la Jeune Chambre, il considère, comme des points positifs, l’achat local et le virage numérique. «Je pense aussi qu’à l’avenir, les entreprises auront une meilleure capacité à faire face aux changements. La dernière année n’aura été que du changement et de l’adaptation. Si quelque chose de similaire se représente, les entreprises seront plus aptes à s’adapter», a-t-il fait valoir.

Le maire André Bellavance a apprécié, a-t-il évoqué, toute la solidarité qui s’est déployée dans le milieu. «Les gens, ici, sont demeurés conscients qu’il fallait protéger les autres, particulièrement les aînés. Je les remercie d’ailleurs, tout le monde a mis la main à la pâte», a-t-il indiqué.

En même temps, les intervenants n’ont pas manqué de réfléchir à la relance économique. «Pour 2021, on sent que ça s’en vient de mieux en mieux. La Ville fera certes des efforts, mais tout le monde en fait», a confié le maire, en prenant exemple sur la construction en hausse en janvier.

Les investissements ne manqueront pas, le maire évoquant les travaux majeurs à venir à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, sans compter les 40 M $ pour la future maison des aînés et des rénovations dans les écoles. «Donc, dans l’économie, il y en aura de l’argent injecté. Mais le côté humain, l’adaptation, le fait que ça pourrait survenir de nouveau, je pense que cela changera l’approche dans plusieurs domaines. On voit qu’on est capable de s’en sortir, de s’adapter et de faire en sorte qu’on puisse continuer à vivre aussi», a terminé le maire de Victoriaville.

À la rencontre de gens d’affaires

La CCIBFE est aussi allée à la rencontre de certaines entreprises pour leur rendre hommage et saluer leur créativité.

Éric Desrochers de Délivic a notamment confié que la pandémie lui a appris à être créatif. «Il nous faut sortir de ce qu’on connaît et être imaginatifs», a-t-il exprimé.

La dernière année, pour Gilbert Boutet et Nathalie Béliveau de Chaussures Beauchesne et La Piétonnière, a été «totalement rocambolesque, une année sans aucun repère». «La pandémie nous a appris l’adaptation, la créativité, l’innovation, de même que le retour à la base, la gestion serrée. On coupe, ça été une période difficile, mais on a passé à travers et on en est bien fier», a commenté M. Boutet tout en souhaitant que la communauté d’affaires puisse retenir les leçons apprises pour assurer la pérennité des entreprises et leur succès dans le futur.

Dumas pour le dessert (Capture d’écran

Pour l’entreprise Colorantic, l’année 2020 aura été «très bénéfique pour son style de produits», aux dires de la propriétaire. «Les gens à la maison trouvaient du temps pour la rénovation des meubles. La pandémie m’aura appris à toujours chercher de nouvelles solutions, à axer mes ventes vers les médias sociaux et à explorer de nouvelles avenues», a-t-elle dit.

Enfin, pour clore son activité, la CCIBFE avait préparé une surprise tout en musique avec l’auteur-compositeur-interprète Dumas pour remercier toutes ces personnes s’étant dépassées. «La communauté s’est serré les coudes, on a vu des gens s’entraider, innover, faire preuve d’une grande créativité. On vous lève bien haut notre chapeau», a souligné Jessica Dessureault avant que le chanteur victoriavillois n’apparaisse.

Sur scène, il a interprété Le bonheur. «La chanson a pris une tout autre signification cette année. Une chanson de courage, de résilience et d’espoir, en espérant qu’elle soit un baume pour vous, ou une dose de vitamine pour passer à travers la suite. Victo power, je vous envoie de l’énergie. Rien ne nous arrêtera», a-t-il exprimé, après avoir salué le «travail extraordinaire de ces travailleurs de première ligne extrêmement sollicités, toutes ces personnes qui poursuivent un travail acharné avec beaucoup de professionnalisme, mais surtout beaucoup de cœur et d’humanité».

 

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