Ça va faire les chicanes de mononcles!

Lettre ouverte
Ça va faire les chicanes de mononcles!
(Photo : Archives)

Je suis une citoyenne de classe moyenne qui habite la Ville de Plessisville depuis 12 ans. Le genre de citoyenne qui travaille, paie ses taxes et impôts chaque année et qui n’a aucune envie de se présenter aux élections, mais qui a envie de vous raconter son histoire…

Considérant toute la polémique entourant la Paroisse de Plessisville et la Ville, un goût amer me remonte à la gorge. Il n’y a pas seulement que pour les infrastructures sportives qu’un tollé devrait être levé, mais aussi pour tous les autres services que nous, gens du grand Plessisville, payons avec nos taxes.

Si nous grattons un peu, je crois que nous trouverons des histoires pour lesquelles le citoyen, peu importe son côté de Plessisville, a dû payer les frais supplémentaires de sa poche en dommages collatéraux suite aux chicanes de mononcles entre les deux municipalités qui durent depuis trop longtemps.

Voici mon histoire : j’habite le bas de la ville depuis plus de dix ans. Ma rue (en Ville), pour ne pas la nommer, est la dernière avant la station de pompage et elle est entourée d’autres rues qui appartiennent à la Paroisse. Une rue que nous avons choisie pour sa tranquillité, le bon voisinage, etc.

Voici qu’en janvier 2018, moi et plusieurs autres résidents de ma rue avons subi de très importants dommages dans nos sous-sols suite à des refoulements d’égouts après des averses de pluie abondante. Malheureusement, l’histoire se répète deux autres fois en avril 2019 et en novembre 2019, et ce, avec encore des dommages importants à plusieurs résidences de ma rue.

Avec plusieurs membres de mon voisinage, nous nous sommes informés auprès de la Ville. Qu’est-ce qui se passe tout à coup dans nos égouts ? Trois refoulements en moins de deux ans et tout ça en périphérie de la station de pompage.

La Ville nous relance un peu la balle avec les conditions climatiques. Elle nous envoie des experts et fait preuve d’écoute. Elle nous dit qu’elle essaie de trouver des réponses. Elle finit par essayer de nous aider en nous expliquant qu’elle n’avait pas l’argent nécessaire pour refaire tous les travaux majeurs que nécessite la réfection des égouts, les coûts d’appels d’offres, les délais de ministère, etc. Mais, qu’elle allait tant bien que mal nous aider en nous offrant des solutions temporaires.

Donc moi, pendant ce temps-là, après être devenue la meilleure amie avec l’équipe de chez GUS (parce que ramasser les égouts de tout le monde dans ton sous-sol, c’est vraiment ordinaire), je commence à faire des recherches de jurisprudence pour voir ce que l’on peut faire du point de vue juridique (même si vous devinez que je n’ai aucunement les moyens de me payer les frais d’avocats contre une ville…).

Je découvre, en lisant les procès-verbaux de la Ville et plusieurs articles sur son site, un recours contre la Paroisse dû à des branchements illégaux de résidences et d’entreprises sur le système d’égouts de la Ville.

Vous savez, le système de la Ville, celui qui est déjà très saturé (c’est dit dans le jugement contre la Paroisse) combiné dans plusieurs rues de la Ville qui a une station de pompage au bord de sa retraite, les égouts qui vont rester vieux et désuets un bon bout de temps encore, vous savez, les égouts qui ont remonté dans nos sous-sols…

Le fait ici est que selon moi, ce ne sont pas les résidents et les entreprises en Paroisse qui veulent s’établir à Plessisville le problème. Le véritable problème est bien plus subtil. Je suppose alors que si la Ville et la Paroisse avaient déjà fusionné, je ne serais peut-être pas en train d’écrire ce texte, ni de magasiner les meilleures «Shop-Vac» chez Canadian Tire et peut-être que l’argent économisé par tous leurs frais d’avocats, le temps perdu par nos élus en audience, les frais payés en double pour des infrastructures existantes de part et d’autre, les salaires des élus en double  et j’en passe, auraient pu peut-être me permettre ( et sûrement mes voisins aussi) de dormir tranquille quand il pleut à siaux. Ça aurait peut-être permis à plus d’entreprises de venir s’établir chez nous, à de jeunes familles de venir s’établir aussi chez nous suite à l’offre de meilleurs services.

Peut-être que si on gratte un peu, plusieurs belles histoires avec dommages collatéraux, comme la mienne, suite aux chicanes de «mononcles», vont refaire surface comme des égouts qui remontent dans un sous-sol…

Marjolaine Tanguay

Ville de Plessisville

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