Que la fête de Noël ravive notre espérance 

Tribune libre
Que la fête de Noël ravive notre espérance 
André Gazaille, évêque de Nicolet (Photo : gracieuseté)

Au cœur de l’évènement que nous commémorons à Noël, il y a une famille. Une famille qui prend forme avec Marie, Joseph et l’enfant qui naît à Bethléem cette nuit-là : Jésus.

Il n’y a rien comme la naissance d’un enfant dans une famille pour remodeler nos liens : on devient parent, oncle ou tante, grand frère ou grande sœur. Des personnes qui n’avaient pratiquement aucun lien peuvent devenir les grands-parents d’un seul et même enfant, du côté paternel et maternel. C’est assez inouï comme phénomène : un enfant nouveau-né et tous nos rapports familiaux sont transformés pour le reste de notre vie.

Quand on y pense, l’avènement de Jésus dans le monde produit quelque chose de semblable, mais à l’échelle de l’humanité entière. Pour ceux qui croient en lui, le Fils de Dieu vient dans notre monde pour annoncer à tous les êtres humains que le Père aime chacun de nous comme son enfant. Jésus fait de nous une famille universelle appelée à l’unité, dans la paix et la fraternité.

Notre Noël 2020 s’annonce toutefois comme un temps difficile pour de nombreuses familles, partout sur la planète. La pandémie qui éprouve nos relations humaines nous empêche d’être réunis comme nous aimons l’être les jours de fête. Certaines personnes seront affectées par la maladie, le deuil, les difficultés financières ou la solitude. Il nous faudra beaucoup de créativité et de souplesse pour saisir et répandre la joie autour de nous, à travers ces embûches.

Mais en reprenant contact avec le sens profond de Noël, nous pourrons reconnaître notre appel à agir par amour pour les membres de nos familles les plus vulnérables, à fêter simplement pour amoindrir la charge des personnes qui prennent soin des malades et pour espérer une vie quotidienne plus sécuritaire en début d’année. C’est un cadeau qui ne s’emballe pas, mais qui ne nous coûte que notre bienveillance.

C’est étrange de penser qu’on prendra soin des autres en gardant nos distances, en célébrant modestement, même les rites religieux qui sont si importants pour les chrétiennes et les chrétiens. Tout comme c’est étrange de reconnaître que Dieu naît dans une étable et qu’il fait de nous des frères et des sœurs en adoptant notre condition humaine avec toutes ses limites. C’est pourtant ça, Noël!

«Les bergers découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né» (Lc 2, 15-20)

Un enfant naît et nous voilà famille.

Le Père nous envoie son Fils et nous voici frères et sœurs.

Que la fête de Noël ravive notre foi et notre espérance en un monde où nous serons de nouveau rassemblés dans l’amour.

Avec mes meilleurs vœux de joie et de paix

† André Gazaille, évêque de Nicolet

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