COVID-19 : une pression sentie sur le système de santé

Par Manon Toupin
COVID-19 : une pression sentie sur le système de santé
Le directeur général du CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec, Carol Fillion, a participé au point de presse virtuel hebdomadaire. (Photo : Capture d'écran)

En lançant le point de presse hebdomadaire, Dre Marie-Josée Godi, directrice de la Santé publique du CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec, a indiqué que la situation semblait se stabiliser dans la région sanitaire en ce qui concerne la COVID-19.

«Cette semaine, on voit une légère tendance à la baisse», a-t-elle indiqué en visioconférence. Cela amène un peu d’espoir à la population qui a appris jeudi, ce que Dre Godi appelle un cadeau social, du gouvernement provincial qui permettra les rassemblements de 10 personnes pendant 4 jours à Noël. «Pour bénéficier de ce cadeau social, la situation ne devra pas se détériorer», a-t-elle ajouté. Même scénario du côté des éclosions qui, elles aussi, connaissent une légère baisse, se chiffrant à 88, dont 51 dans les milieux de travail et 7 dans des milieux d’hébergement d’aînés. Une situation préoccupante toutefois à ces endroits parce que les personnes âgées atteintes de la COVID-19 peuvent développer davantage de complications, ce qui ajoute une pression dans le réseau de la santé.

Elle a rappelé que pour garder un certain contrôle sur la pandémie, il demeurait important d’éviter le plus possible les contacts, garder la distance sociale et être attentif aux symptômes. Carol Fillion, directeur général du CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec, était également présent afin d’expliquer que les hospitalisations étaient de leur côté à la hausse, en raison de complications de cas remontant à 10 ou 15 jours. «Cette semaine, 38 personnes ayant développé des complications étaient hospitalisées sur une possibilité de 40 lits. Et 9 patients ont été admis aux soins intensifs sur une capacité de 12», a-t-il fait savoir. Cela amène donc une pression sur le système de santé et M. Fillion a rappelé quelques moyens mis en place pour diminuer cette pression et assurer le maintien et la qualité des soins de santé pour tous. Parmi ceux-ci, l’ajout de deux lits à l’unité COVID de Drummondville et la réouverture de l’École nationale de police de Nicolet qui sert de lieu d’hébergement alternatif pour les gens atteints du virus. «Nous avons aussi mobilisé des employés pour les cliniques de dépistage et d’évaluation ainsi que pour les enquêtes épidémiologiques», a-t-il fait savoir.

Ayant aussi été obligé de retirer du personnel du travail (atteint de la COVID-19 ou en contact, mais aussi des employées enceintes), ce qui représente plus de 200 personnes, tout cela a créé une pression sur les services ainsi que le personnel et demande une adaptation. C’est ainsi que la directrice générale adjointe du CIUSSS, Christine Laliberté, a annoncé des actions pour diminuer les impacts. Parmi elles, il y a le délestage de certains services et activités, qui ont le moins d’impact comme le soutien à l’autonomie des personnes âgées, les centres de jour ou la diminution des interventions à domicile qui sont alors faites par téléphone. «Dans tout cela, il y a de bons coups à souligner comme les techniciens ambulanciers qui viennent dans les cliniques de dépistage pour aider ce qui permet de libérer le personnel», apprécie-t-elle.

Il faut également demander l’appui du personnel comme le report de congés ou de vacances. «Nous allons évaluer toutes les options avant d’utiliser l’arrêté ministériel», a mentionné Mme Laliberté. Et si celui-ci doit être mis de l’avant, pour assurer le maintien des services, ce ne sera que pour les services où il y a de la COVID-19 ou une éclosion. «Nous allons l’appliquer seulement si c’est absolument nécessaire et le moins longtemps possible», promet M. Fillion.

Ce dernier a tenu à réaffirmer l’engagement du personnel, des gestionnaires et des médecins afin d’assurer des services de qualité. Il a d’ailleurs enjoint la population à ne pas hésiter à utiliser les services de santé si nécessaire en vérifiant quel endroit était le mieux approprié, selon la situation.

Si cette semaine la tendance est à la baisse avec 70 à 80 cas par jour, la Dre Godi souhaiterait voir ce nombre diminuer à moins de 50, et espère aussi moins d’éclosions. «Si dans les deux prochaines semaines on voit 110 à 120 cas, ce serait risqué d’avoir des rassemblements dans la période de Noël», avertit-elle.

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