Daniel Corso, le globe-trotteur devenu entraîneur

Par Matthew Vachon
Daniel Corso, le globe-trotteur devenu entraîneur
Daniel Corso (Photo : Foreurs de Val-d'Or)

Après une carrière de près de 25 années comme hockeyeur professionnel qui l’a amené dans neuf pays, l’ancienne gloire des Tigres de Victoriaville Daniel Corso a conservé ses patins aux pieds après sa retraite pour devenir entraîneur. Après un bref séjour chez les Foreurs de Val-d’Or, le voilà maintenant entraîneur adjoint avec le Drakkar de Baie-Comeau.

S’il en est encore à ses débuts dans ce milieu, c’est cependant en Biélorussie que la carrière d’entraîneur de Corso s’est amorcée. En effet, après évolué avec le Dynamo de Minsk (KHL), puis le Yunost de Minsk (Ekstraliga), il s’est établi dans ce pays de l’ancienne Union Soviétique, où il s’est marié et possède toujours une maison. C’est donc là-bas qu’il s’est initié aux rudiments de sa seconde carrière en tant qu’entraîneur du conditionnement physique du Dynamo et comme entraîneur du patinage et des habiletés auprès de jeunes hockeyeurs de 8 à 16 ans. «J’étais un peu comme un consultant. Je devais trouver des choses pour évaluer les entraîneurs. Par la suite, ils m’ont demandé d’aller avec le Dynamo en tant que préparateur physique. Je suis aussi allé avec l’équipe nationale de la Biélorussie. Ils m’ont demandé de retourner là l’année suivante, mais ça ne me tentait pas. Je voulais plus être sur la glace pour apprendre plutôt le côté d’entraîneur», a relaté celui qui est aujourd’hui âgé de 42 ans.

Le Montréalais d’origine a donc mis le cap sur la Chine pour une période de deux mois afin de démarrer une ligue universitaire et lancer un programme de hockey. C’est par la suite que Corso a pris la décision de mettre le cap sur son Québec natal afin d’occuper le poste d’adjoint chez les Foreurs. Initialement, ce séjour en sol canadien ne devait durer que quelques mois puisque le principal intéressé avait reçu des offres en Europe.

La pandémie de la COVID-19 a cependant bousculé les plans, ce qui a fait en sorte que Corso et sa petite famille sont demeurés à Orford, en Estrie, en attendant de nouveaux développements. Une offre de Jean-François Grégoire, entraîneur-chef du Drakkar, est cependant tombée du ciel, ce qui fait en sorte que la Côte-Nord devenait la prochaine destination de Corso.

Une expérience aussi riche que diversifiée

Depuis qu’il a quitté les Tigres en 1998, Corso a évolué aux États-Unis, en Allemagne, au Canada, en Russie, en Finlande, en Suède, en Biélorussie et en Suisse. Des cultures différentes du hockey, il a en vues. C’est donc pour cette raison qu’il aime occuper le rôle d’entraîneur auprès des joueurs. Selon sa vision des choses, sa mission est de trouver la bonne façon de faire comprendre aux joueurs les directives et les tactiques à appliquer. «Mon bagage d’expérience, c’est quelque chose que je veux enseigner, que je veux transmettre. J’aime vraiment ça. Quand j’étais en Biélorussie et que j’enseignais aux jeunes, même si mon russe n’est pas excellent, j’adorais les voir sourire et progresser. J’aime le hockey, être sur la glace avec les joueurs.»

Grâce aux innombrables expériences qu’il a vécues en jouant au hockey un peu partout dans le monde, Corso considère qu’il a été en mesure d’élargir ses horizons, ce qui lui permet aujourd’hui d’être un entraîneur ouvert à la nouveauté. «Mon père m’a toujours dit que peu importe où j’allais, je devais ouvrir les yeux, ne pas avoir d’œillères. Quand tu fais ça, tu deviens ouvert à plusieurs choses. Il y en a qui arrivent dans d’autres pays et qui ne croient qu’à la façon de faire du Canada. Oui, nous avons de bons points au Canada, mais il y en a aussi de moins bons. J’ai une facilité à m’adapter en tant que joueur. Ça m’a beaucoup aidé. Il y a vraiment de belles choses à apprendre ailleurs.»

Il faut également dire que le fait qu’il ait joué 77 parties dans la Ligue nationale de hockey (LNH) contribue à l’attention qui lui est portée lorsque vient le temps d’écouter les conseils qu’il donne. «À Val-d’Or, il y a quelques joueurs qui ont regardé mes statistiques et qui ont fait le saut. Oui, j’ai fait beaucoup de points, mais j’ai appris que même si tu es une machine offensive, tu n’es pas le seul dans une équipe. C’est toujours un travail d’équipe. Oui, ça aide d’avoir joué dans la LNH, mais ça ne veut pas dire que tu es meilleur pour enseigner. Par exemple, quand je parle à Nathan Légaré, un espoir des Penguins de Pittsburgh, je peux le conseiller, car je sais ce qu’il faut faire pour aller à la prochaine étape. J’ai aussi fait des erreurs, donc je leur enseigne ce qu’il ne faut pas faire. Je suis là pour les aider», a raconté ce choix de 7e tour des Blues de St-Louis en 1996.

L’importance du conditionnement physique

Lorsqu’il a mis un terme à sa carrière de hockeyeur, Corso était âgé de 40 ans. Lorsque questionnée sur ce qui lui a permis de jouer du hockey de haut niveau pendant près de 25 ans, l’ancienne gloire des Tigres met de l’avant le conditionnement physique. Encore aujourd’hui, Corso se lève à 5 h du matin et dès 6 h, il est dans le gymnase pour faire son entraînement et il continue de travailler avec Stéphane Dubé. N’étant pas le joueur le plus imposant à 5’10’’ et 190 livres, Corso a rapidement compris toute l’importance de bien s’entraîner, ce qu’il s’évertue à inculquer à ses protégés. «J’ai commencé à m’entraîner à l’âge de 17 ans avec Stéphane. Parfois, on s’asseyait ensemble et j’avais envie de poser des questions. Il me répondait que mon travail, c’était de m’entraîner et que lui c’était de m’entraîner. Ça irait bien si je faisais ce qu’il me disait. J’ai compris ça rapidement. Les jeunes ont souvent le «oui, mais» comme réplique. S’ils peuvent s’enlever ça de la bouche, ça va déjà leur donner un bon coup de pouce. L’entraînement est primordial pour un joueur de hockey.»

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