Marie-Joëlle Allard accroche ses patins

Par Matthew Vachon
Marie-Joëlle Allard accroche ses patins
Marie-Joëlle Allard (Photo : Shanna Martin-Book)

Le 1er mai 2019, la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) a décidé de cesser ses activités, laissant en plan de nombreuses joueuses pour la saison 2019-2020. Après une année perdue, la pandémie de la COVID-19 a frappé, retardant à nouveau la reprise du hockey de haut niveau chez les femmes. Devant toutes ces embûches, la Victoriavilloise Marie-Joëlle Allard a pris la difficile décision d’accrocher ses patins.

«La pandémie a un petit peu aidé en ce sens. Ça n’a pas été une décision facile, car ça faisait plusieurs années que je jouais au hockey. C’est une grosse partie de ma vie. J’étais prête à passer à autre chose, à me concentrer sur ma carrière professionnelle sur le marché du travail. Avec l’incertitude qui se profilait, je crois que c’était simplement la bonne décision pour moi», a relaté la femme de 28 ans.

L’Association professionnelle des joueuses de hockey féminin (PWHPA) devait cette année prendre le relais et organiser un circuit afin de permettre aux hockeyeuses de redémarrer leur carrière. La COVID-19 retarde cependant ce retour à l’action. Cela fait en sorte qu’une joueuse de la trempe de Marie-Philip Poulin, triple médaillée olympique, n’a pas joué un vrai match depuis la saison 2018-2019.

En raison de cet arrêt prolongé, Allard, diplômée de l’Université Concordia en thérapie athlétique et en administration, se consacre maintenant à 100% à la thérapie sportive au sein de deux cliniques situées à Dorval et à Boisbriand. «Être thérapeute du sport, c’est un mélange entre la physiothérapie et la kinésiologie. J’ai des rendez-vous avec des clients où j’évalue les blessures et pour qui je fais de la thérapie manuelle. Je donne ensuite des exercices pour aider les gens à guérir de leur petite blessure de guerre. Je travaillais aussi pour le Collège Laval, où je m’occupais des équipes de football. J’évaluais les blessures des joueurs et j’étais aussi sur le terrain pour assurer que tout le monde soit correct.»

Si elle se tient fort occupée malgré sa retraite sportive anticipée, elle concède qu’elle aimerait demeurer impliquée dans le monde du hockey à l’avenir. «Cette année, on ne sait pas trop ce qui se passe, mais éventuellement, j’aimerais être plus impliquée, que ce soit dans des camps ou dans la PWHPA. Le hockey a toujours fait partie de ma vie. Je veux que ça se poursuive ainsi. C’est important de redonner quand nous avons une certaine facilité dans quelque chose.»

Fière de ses accomplissements

Au cours de sa carrière de joueuse, Marie-Joëlle Allard peut se targuer d’avoir atteint des niveaux que bien peu de joueuses peuvent envisager. Elle a défendu les couleurs des Stingers de l’Université Concordia pendant cinq années, étant nommée capitaine au cours de ce séjour. Elle s’est par la suite dirigée avec les Canadiennes de Montréal, l’une des meilleures formations de la défunte LCHF, avec qui elle a pu évoluer pendant 24 rencontres.

«Ce qui me rend le plus fière, c’est d’avoir pu percer. J’ai joué dans les rangs universitaires, puis professionnels. Quand on commence à jouer au hockey, nous n’avons pas vraiment de modèle féminin, donc nous nous imaginons jouer un jour dans la Ligue nationale. À un moment donné, on se rend compte que ça ne sera pas le cas. On réalise alors que le prochain but, c’est de jouer à l’université. J’ai été capable de le faire pendant cinq ans avec un programme qui est parti de rien pour finalement terminer au 3e rang du championnat canadien. Ça me rend très fière. Le fait d’avoir percé l’alignement des Canadiennes me rend heureuse également. Je ne suis peut-être pas allée aux Jeux olympiques, mais j’ai pu atteindre le meilleur calibre possible en Amérique du Nord», a raconté celle qui évoluait au poste de défenseur.

Plus grande reconnaissance souhaitée pour le hockey féminin

Ce n’est pas un secret pour personne, mais le hockey féminin souhaite obtenir une plus grande reconnaissance afin de permettre à ses joueuses de s’épanouir encore plus. C’est un sujet qui a souvent été ramené sur le tapis au cours des dernières années et il demeure encore d’actualités en 2020. Pour les prochaines petites Marie-Joëlle Allard qui voudront gravir les échelons du monde du hockey, cette plus grande reconnaissance est plus que pertinente.

«C’est vraiment le but de la PWHPA d’offrir une plus grande vitrine au hockey féminin afin de bien montrer ce à quoi ressemble le calibre, que c’est impressionnant et qu’il faut venir le voir, notamment pour les petites filles afin qu’elles aient des modèles à suivre. Je pense que le hockey féminin est dans la bonne voie, mais il faudra faire preuve de patience et non de sauter sur la première offre. Je sais que récemment, la compagnie Secret a donné 1 million $ à la PWHPA, ce qui est vraiment exceptionnel, surtout en temps de pandémie. Il faut donc aller chercher des compagnies pour aider à bien démarrer ça.»

 

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