Manifestation devant les bureaux d’Eric Lefebvre

Par Matthew Vachon
Manifestation devant les bureaux d’Eric Lefebvre
(Photo : www.lanouvelle.net)

Un peu plus d’une semaine après l’annonce du gouvernement du Québec d’ajouter trois journées de formation et de planification pour l’année scolaire 2020-2021, les membres du Syndicat du soutien scolaire des Bois-Francs ont manifesté à Victoriaville devant les bureaux du député Eric Lefebvre.

Lors de ces trois journées pédagogiques supplémentaires, le service de garde sera offert gratuitement aux enfants d’âge préscolaire et primaire qui sont habituellement inscrits. Pour les autres, le tarif habituel doit s’appliquer. Si cette annonce amène une aussi forte réaction, c’est en raison de l’accumulation des responsabilités, des mesures ajoutées et du temps de planification. «Le temps de planification, c’est quelque chose qu’ils n’ont déjà pas en service de garde. Comme le ministre Jean-François Roberge a mis ça gratuit, c’est sûr que les parents vont envoyer encore davantage leurs enfants. Là-dessus, il faudra respecter les mesures sanitaires, les groupes-classes. Ça devient ingérable. Les enfants ne sont pas si heureux que ça dans tout ça. Ils le sont, car il y a des professionnels, mais ça peut être long une journée de dix heures», a fait valoir la présidente du Syndicat du soutien scolaire des Bois-Francs, Karine Bolduc.

De prime abord, ces trois journées ont été ajoutées pour favoriser l’enrichissement professionnel des équipes-écoles et le perfectionnement des nouveaux modes d’enseignement des professeurs. Cependant, le personnel de soutien se dit à bout de souffle, et ce, depuis un bon moment déjà. Cet ajout se veut donc la goutte qui fait déborder le vase. «Nous sommes fatigués. Les mesures sanitaires sont énormes. Le ministre Roberge n’a pas l’air de comprendre ça. Il croit que c’est facile de se revirer sur un dix sous.»

Lors de la manifestation, le personnel de soutien avait notamment amené des ballons. Ceux-ci n’étaient toutefois pas gonflés afin d’illustrer le fait que le personnel de soutien est à bout de souffle. «Nous étions déjà en pénurie importante de main-d’œuvre avant la pandémie. Nous devons engager des personnes qui n’ont pas les qualifications et nous n’avons pas les moyens de les former sur place. Quand il faut ajouter du personnel pour surveiller les classes, qui prenons-nous? Nous voulons demeurer professionnels, mais c’est lourd sur les personnes qui sont là depuis longtemps. La cour était déjà pleine. Nous sommes épuisés. C’est pour ça que les ballons sont dégonflés. Nous avons même plus le souffle pour ça», a imagé Josée Morin, vice-présidente du syndicat. D’autres manifestations similaires devaient se tenir sur l’ensemble du territoire québécois.

Désireux d’être entendus

Avec cette manifestation, qui a rassemblé une cinquantaine de personnes, le Syndicat du soutien scolaire des Bois-Francs espère que les instances gouvernementales, plus précisément le député d’Arthabaska, seront sensibles à leurs revendications. «Nous voulons que notre député soit là pour nous. Nous ne l’avons pas entendu parler par rapport à ça.»

Il faut d’ailleurs rappeler que leur convention collective devra bientôt être renouvelée. La possibilité d’une grève a notamment été évoquée. «Il y a un médiateur qui a été nommé. Nous attendons son rapport pour avoir le mandat de grève. Pour l’instant, il n’y a rien.»

Il faut cependant mentionner que l’ajout des trois journées pédagogiques ne fait pas partie des négociations. Il s’agit d’une mesure en lien avec le contexte pandémique actuel.

 

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