Les Mères au front réclament des actions politiques plus ambitieuses

Les Mères au front réclament des actions politiques plus ambitieuses
C'est un cri du cœur qui a été lancé par le groupe Mères au front devant les bureaux des députés conservateurs Luc Berthold (voir photo) et Alain Rayes. (Photo : www.lanouvelle.net)

Pour souligner le premier anniversaire de la réélection du premier ministre Justin Trudeau et de ce nouveau gouvernement, les Mères au front Érable et des Bois-Francs ont emboîté le pas du mouvement pancanadien et se sont mobilisées lors d’une «vigile pour la suite du monde» devant les bureaux des députés conservateurs Alain Rayes à Victoriaville et Luc Berthold à Plessisville.

Par leur geste, elles ont voulu rappeler aux élus que des milliers de mères et de grands-mères surveillent leurs actions et dénoncent leur manque de courage politique pour lutter contre la crise climatique et écologique. Elles ont d’ailleurs invité nos deux députés conservateurs à sortir de toute partisanerie pour les questions relatives à l’environnement et à collaborer pour une relance verte et équitable.

À Plessisville, elles ont notamment fait la lecture à voix haute d’extraits du texte de Laure Waridel écrit pour cette journée et elles ont procédé à la remise d’une carte d’anniversaire à M. Berthold pour lui souhaiter du courage politique ainsi que le document «101 idées pour la relance» qui contient des pistes de solution pour sortir dès maintenant des énergies fossiles pour améliorer la qualité de vie des humains et assurer la suite du monde.

«C’est vraiment un élan du cœur des mères et des grands-mères pour l’avenir de nos enfants», s’est exprimée Rosemary Gagné du comité de coordination du mouvement Mères au front Érable et Bois-Francs et mère de Zéphyr, sept ans. «Il faut des gestes forts, beaucoup plus forts.»

Bien que le gouvernement Trudeau ait posé certains gestes significatifs, comme imposer un prix sur le carbone, investir dans le transport en commun et certaines infrastructures vertes, interdire certains plastiques à usage unique, ses actions sont insuffisantes et souvent incohérentes devant l’ampleur de la crise écologique et climatique à laquelle nous sommes déjà confrontés. «C’est irresponsable à l’égard de nos enfants et petits-enfants qui seront encore plus affectés», estime-t-elle.

Les Mères au front rappellent que le premier devoir d’un gouvernement est de protéger la santé et la sécurité de sa population. «Le Canada ne pourra jamais atteindre ses cibles de réduction de gaz à effet de serre sans sortir des énergies fossiles. Nous demandons au gouvernement de mettre un terme à toutes subventions au secteur des énergies polluantes, cela comprend d’abandonner immédiatement le projet de réfection du pipeline TransMountain et d’injecter les 12,6 milliards $ de fonds publics gaspillés dans ce projet pour soutenir directement les travailleurs et les travailleuses du secteur pétrolier et leurs communautés», insiste-t-elle aussi.

Pour sa part, l’instigatrice du mouvement régional, Johanne Saucier, précise que la plus grande richesse naturelle du Canada n’est ni son pétrole ni son gaz, mais ses citoyens et citoyennes dans un environnement sain.

«Nous avons des compétences et des connaissances extraordinaires et surtout une capacité à innover et à coopérer solidairement comme peu de pays dans le monde. Mettons ces forces au service du bien commun. Utilisons-les pour protéger l’avenir des enfants sur Terre.»

«Les solutions existent», croit Mme Gagné. «La crise sanitaire est une occasion de nous réinventer, de revoir nos priorités et de réfléchir à ce qui compte vraiment. Mères au front demandent une relance économique juste et verte qui réponde aux besoins humains dans le respect des limites des écosystèmes. La relance doit passer par le réaménagement de nos milieux de vie, l’agriculture biologique régénératrice locale, la réduction du gaspillage (notamment alimentaire), l’économie circulaire, l’efficacité énergétique, le transport collectif, la rénovation et la construction écologiques, la production d’énergies renouvelables et l’économie sociale, entre autres.»

En l’absence du député, c’est la directrice du bureau, Isabelle Laplante, qui allait faire suivre le message. Déjà sur sa page Facebook, le député Berthold se disait préoccupé par la protection de l’environnement et touché par ce message pour la jeunesse de ces mamans et grands-mamans à qui il leur dit bravo pour leur engagement.

Les Mères au front Érable et Bois-Francs ont déjà réuni une quarantaine de personnes en seulement trois mois. «Le mouvement est encore jeune, mais prometteur», de souligner Mme Saucier. Notons que des vigiles ont eu lieu dans 14 autres villes devant les bureaux des députés fédéraux ou virtuellement.

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