Alcool au volant : le juge rejette la défense de nécessité

Alcool au volant : le juge rejette la défense de nécessité
Gavel, Alcoholic Drink and Car Keys on a Gradating to White Background - Drinking and Driving Concept. (Photo : depositphotos)

Le juge Bruno Langelier de la Cour du Québec a rejeté, vendredi matin, la défense de nécessité invoquée par la Victoriavilloise Line Bouchard et l’a déclarée coupable de conduite avec les capacités affaiblies.

Les faits remontent au 4 novembre 2018. En fin de soirée, ce jour-là, l’accusée, sachant qu’elle n’était pas en état de conduire, a tout de même pris le volant à la suite d’un conflit avec son ex-conjoint pour se rendre au poste de la Sûreté du Québec afin d’y obtenir de l’aide.

En rappelant les événements, le juge Langelier a souligné que la dame était arrivée rapidement dans le stationnement du poste de police, qu’elle a déclaré d’emblée aux policiers qu’elle se trouvait en état d’ébriété.

Les agents, a relaté le magistrat, ont bien constaté le besoin de parler de la femme et son besoin d’aide.

Différents symptômes ont amené les policiers à la soumettre à l’appareil de détection approuvé, puis à l’alcootest. La dame de 55 ans a ainsi été arrêtée.

Au cours du procès tenu le 11 août, l’avocat de l’accusée, Me Guy Boisvert, a plaidé une défense de nécessité, une défense qui, selon le président du Tribunal, peut se définir par «je n’avais pas le choix».

Mais une telle défense requiert notamment la présence d’un danger imminent et l’absence d’autres solutions raisonnables.

Or, dans son analyse du dossier, le juge Bruno Langelier conclut qu’aucune situation d’urgence et aucun danger ne justifiaient que l’accusée commette une infraction criminelle en conduisant en état d’ébriété.

De plus, la dame, selon lui, ne peut soutenir l’absence d’autres solutions. Le magistrat a fait valoir que la dame, bien qu’elle ne pouvait se servir de son cellulaire en raison d’une pile à plat, aurait très bien pu marcher un ou deux kilomètres pour se rendre au poste de police, chez sa sœur ou encore à un restaurant ouvert 24 heures. «La situation ne justifie pas le mauvais choix qu’elle a fait», a indiqué le juge tout en concluant aussi que l’accusée ne pouvait pas prétendre avoir agi pour éviter un mal plus grand.

Après avoir prononcé un verdict de culpabilité, le président du Tribunal l’a condamnée à la peine minimale de 1000 $ d’amende et à une interdiction de conduire pour un an.

La Victoriavilloise peut dès maintenant, si elle le souhaite, entreprendre des démarches auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec pour obtenir la possibilité de conduire avec un appareil antidémarreur avec éthylomètre si elle satisfait aux conditions de la SAAQ.

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