Du Suzor-Coté de Serge Giguère chez Archives Bois-Francs

Communiqué
Du Suzor-Coté de Serge Giguère chez Archives Bois-Francs
Le cinéaste Serge Giguère, au centre, au moment de céder ses documents à Archives Bois-Francs, dont le local est situé au sous-sol de la bibliothèque du Cégep de Victoriaville. L’archiviste Michel Pépin, à gauche. À droite, l’administrateur Jean-Guy Lachance. (Photo : gracieuseté)

Serge Giguère vient d’effectuer un précieux don à Archives Bois-Francs en lui cédant le fruit des recherches qu’il a effectuées pour réaliser, en 2001, son film retraçant le parcours du peintre et sculpteur Suzor-Coté (1869-1937), une production de l’ONF.

Ayant entendu parler de l’organisme Archives Bois-Francs et connaissant Jean-Guy Lachance, un des membres du conseil d’administration, le cinéaste a pris la décision de lui confier ce pan de ses archives.

Ce n’est pas le confinement, répond-il en souriant, qui l’a incité à se départir d’une partie de ses documents. La chambre froide de sa maison de Saint-Norbert-d’Arthabaska en recèle bien d’autres puisqu’il a réalisé une dizaine de films sans compter tous ceux qu’il a coproduits et pour lesquels il a participé comme caméraman ou directeur photo, tout en étant le cofondateur des Productions du Rapide-Blanc inc.

Suzor-Coté, «notre élite»

À peu près pour les mêmes raisons qu’il avait produit ce film sur Suzor-Coté, Serge Giguère en a conclu que les documents le concernant se devaient de rester dans la région. Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté est en effet originaire d’Arthabaska; on l’avait ainsi surnommé le «maître d’Arthabaska». Serge Giguère aussi qui, en s’attachant aux pas et à la démarche de l’artiste, a pris plaisir à revisiter le pays de ses racines.

«Avec le film, j’ai aimé me replonger dans mes racines avec une certaine fierté quand même d’une de ces élites de province qu’on voyait partout au Québec. Celle-là était la nôtre», dit-il.

C’est en cela que se distingue le film «Suzor-Coté» dans la filmographie de Serge Giguère. Puisqu’il a plutôt l’habitude de braquer sa caméra et de donner la parole à des gens qui n’appartiennent justement pas à l’élite, comme les regrettés Raymond Roy (dans «9, St-Augustin»), Guy Nadon (dans «Le roi du drum»), Oscar Thiffault (dans «Oscar Thiffault»), même son frère (dans «Le gars qui chante sua jobbe») ou sa mère (dans «Les lettres de ma mère»).

Les deux boîtes qu’il vient de céder à Archives Bois-Francs se composent de tout un éventail de documents, des photocopies de lettres de Wilfrid Laurier à Suzor, des notes glanées au fur et à mesure de ses découvertes. On y trouvera même une version de son scénario. Il y a, dans ses fiches, l’équivalent d’un an et demi de recherches.

En remettant ses boîtes à Archives Bois-Francs, Serge Giguère a renoué avec des souvenirs de la production de son long-métrage. Il se remémore avec bonheur, dit-il, de la reconstitution «live» de la Bénédiction des érables (un tableau de Suzor-Coté) grâce à la générosité du curé d’Arthabaska (Réjean Couture à l’époque), de la découverte de la dernière sculpture de Suzor-Coté à Toronto chez une dame qui s’en servait pour tenir une porte ouverte, du bonheur de baigner dans l’atmosphère de l’atelier de Raoul Duguay à Nicolet pour reproduire l’atelier disparu de Suzor-Coté.

Il ajoute qu’il avait eu la chance de mener ses recherches en même temps que Laurier Lacroix préparait le livre et l’exposition «Lumière et matière» pour les Musée du Québec et Musée des Beaux-arts du Canada en 2002 et 2003. M. Lacroix s’était d’ailleurs déplacé pour assister à la projection du film de Giguère à l’Hôtel des postes.

Les documents du «cinéaste d’Arthabaska» ont ceci de particulier qu’ils témoigneront, pour les chercheurs du futur, du processus créateur menant à la réalisation d’un film, a indiqué Michel Pépin, l’archiviste d’Archives Bois-Francs, tout en réunissant des documents pertinents sur l’œuvre et le personnage de Suzor-Coté.

Le Rocket dans le viseur

La visite de Serge Giguère dans le local d’Archives Bois-Francs au sous-sol de la bibliothèque du Cégep de Victoriaville a permis d’apprendre que l’infatigable cinéaste de 74 ans s’affaire à réaliser un film sur Maurice Richard. En riant, il dit que le voilà intéressé au hockey, ce qui était loin d’être le cas jusqu’ici.

C’est un de ses grands amis, Robert Tremblay, également cinéaste, décédé il y a deux ans, qui, se sachant mourant, lui a demandé d’achever son film. «Je n’aurais pu honorer ses dernières volontés si je n’avais pas commencé à le tourner avec lui», admet Serge Giguère.

Le film, dont la sortie est prévue pour 2021 (année du centenaire de la naissance du «Rocket»), fera revivre à l’écran ce joueur devenu mythique, que Giguère avait pu filmer en direct à partir de 1980. En attendant de voir «le» Maurice Richard de Tremblay-Giguère, on peut voir ou revoir le Suzor-Coté de Giguère sur le site de l’ONF.

À propos d’Archives Bois-Francs

Une soixantaine de fonds ont, jusqu’ici, été confiés à Archives Bois-Francs, créé il y a cinq ans. L’organisme à but non lucratif veut garder la mémoire collective des gens des Bois-Francs et de L’Érable.

Son local est situé au sous-sol de la bibliothèque du Cégep de Victoriaville et s’ouvre au public tous les mercredis, de 13 à 16 h. On peut joindre Archives Bois-Francs par courriel (info@archivesbf.org) ou par téléphone au 819 758-6401, poste 2351.

En raison de la pandémie de coronavirus, Archives Bois-Francs a dû reporter au 6 octobre son assemblée générale annuelle. Dans le respect des consignes sanitaires, elle se déroulera à 19 h, à la grande salle de la Légion canadienne sise au 34, rue des Vétérans à Victoriaville.

 

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22 jours

C’est un gros don de la part de Serge Giguère ,dommage que l’on ait plus la société d’histoire d’Arthabaska