Transferts en santé : Ottawa ne cède pas à la pression

Par Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local
Transferts en santé : Ottawa ne cède pas à la pression
Justin Trudeau (Photo : Adam Scotti - Archives)

Les premiers ministres des provinces et des territoires «ont fait part de leur déception concernant l’absence d’engagement» du fédéral. Accusé d’ingérence en Chambre, leur homologue, Justin Trudeau, s’est opposé à la remise «des chèques en blanc».

Dans un communiqué du conseil de la fédération, les dirigeants provinciaux ont estimé que le discours du Trône marchait sur leurs plates-bandes. Répondant à l’opposition qui s’en est fait l’écho en Chambre, le premier ministre Justin Trudeau a rappelé que ce sont les provinces qui avaient sollicité l’aide de son gouvernement au plus fort de la pandémie de la COVID-19.

«Je regrette, monsieur le Président, d’entendre le député de Louis Saint-Laurent dire que le fédéral n’a pas sa place pour protéger nos aînés. Ce n’était pas l’opinion du premier ministre du Québec quand il nous a demandé d’envoyer les forces armées pour aider, justement, les aînés dans nos CHSLD», a plaidé Justin Trudeau.

Le premier ministre canadien a rejeté implicitement la demande d’augmentation des transferts en santé formulée par les provinces et territoires. Il a réfuté l’idée d’envoyer tout simplement «des chèques en blanc, des chèques pour les provinces, pour leur système de santé. Ça n’aurait pas aidé», dit-il, mentionnant que «ce que ça prenait, c’est des gens, c’est des soldats, c’est des gens de la Croix-Rouge».

Les provinces et territoires avaient demandé une hausse des transferts annuels en santé de 28 milliards de dollars. Le Bloc québécois en a fait une condition préalable à son soutien du discours du Trône. Il dispose de 32 sièges à la Chambre des Communes.

Justin Trudeau a cependant indiqué que son gouvernement avait précédemment conclu avec les provinces et les territoires une entente pour un versement de plus de 19 milliards au titre de la relance économique sécuritaire. Plusieurs cadres de l’opposition le considèrent comme une intervention ponctuelle qui ne saurait remplacer les traditionnels transferts en santé réalisés tous les ans.

Les premiers ministres ont fait de la hausse de ces transferts «leur priorité numéro un», dénonçant l’intention du gouvernement fédéral «d’investir plutôt dans de nouvelles initiatives à durée limitée, dont plusieurs concernent des domaines qui relèvent des champs de compétence des provinces et des territoires.»

Dans le discours du Trône, Ottawa a annoncé la mise en place des normes nationales dans les centres de soin de longue durée. Une idée qui a déplu à plusieurs premiers ministres. Le québécois François Legault a qualifié ce discours de «décevant», a envisagé de nouvelles rencontres avec le chef du gouvernement libéral au sujet de la bonne vieille demande d’augmentation de transferts en santé.

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