La nouvelle réalité de Pierre Cholette à la Centrale de recrutement de la LNH

Par Matthew Vachon
La nouvelle réalité de Pierre Cholette à la Centrale de recrutement de la LNH
Pierre Cholette (Photo : www.lanouvelle.net - Archives)

Il y a deux ans, les Tigres de Victoriaville voyaient le recruteur-chef Pierre Cholette faire un pas de recul, car il n’arrivait plus à marier le recrutement et son travail chez Wawanessa Assurances. Une opportunité pour travailler à temps partiel avec la Centrale de recrutement de la Ligue nationale de hockey (LNH) s’est par la suite pointée et le principal intéressé a saisi cette nouvelle occasion. Un choix qu’il ne regrette pas. 

«J’étais sur le point de partir en vacances et j’ai reçu un appel de Troy Dumville qui était alors recruteur pour le Centrale dans l’Est du Canada. Il m’a demandé si ça pouvait m’intéresser et j’ai fait les démarches dans le bon ordre. En analysant tout ça, je trouvais que c’était une belle occasion. Comme je dis souvent, quand le train passe, tu embarques dedans. C’est ce que j’ai fait et je ne le regrette pas du tout», a fait valoir le Québécois.

En travaillant pour la LNH, Cholette ne s’affaire plus à construire une formation championne, mais bien à aider toutes les équipes du circuit. Il confie cependant s’ennuyer de l’excitation qu’amène l’édification d’une formation gagnante. «C’est très différent. Quand tu travailles pour une équipe, tu vas accomplir tes tâches de recruteur, mais tu vas également suivre les activités de ta formation, ce qui est normal, car tu as travaillé pour construire ce club. Tu es plus impliqué. Maintenant, ce n’est plus le cas. Je vais à l’aréna, je fais mon travail, j’entre mon rapport à la maison et je repars le lendemain voir une autre équipe. […] Oui, il y a des choses qui me manquent beaucoup par rapport au fait de travailler pour un club junior, dont la confrérie qu’il y a.»

Désormais, la seule grande excitation qu’il a au cours d’une saison, c’est lorsque la journée du repêchage arrive. «C’est un petit peu la note de passage. Nos patrons s’attendent à ce que nos listes soient les plus réalistes par rapport à la façon dont ça va sortir. On ne veut pas qu’un gars soit repêché en troisième ronde et que nous ne l’ayons même pas classé. Ça ne devrait pas arriver.»

Rôle de ressources auprès des équipes de la LNH

Au sein de la Centrale de recrutement de la LNH, sept recruteurs travaillent à temps plein et 14, dont Pierre Cholette, oeuvrent à temps partiel. Ils sont ainsi répartis, selon certains territoires à couvrir. Dans le cas de Cholette, son supérieur est Jean-François Damphousse, lui qui s’occupe de l’Est du Canada. Et tout ce beau monde se rapporte au recruteur-chef de la Centrale, soit Dan Marr.

Pour l’ancien membre des Tigres, le territoire qu’il couvre comprend toutes les équipes de la LHJMQ basées au Québec, à l’exception des deux formations de l’Abitibi et de Gatineau. «Le travail est différent, mais c’est quelque chose que j’avais déjà fait, car j’avais déjà travaillé pour le Centre de soutien au recrutement de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Je savais donc un peu à quoi m’attendre. Il faut partir avec l’idée que nous sommes au service des 32 équipes de la LNH. Nous avons des tâches à faire comme mesurer et peser les joueurs, transmettre des informations ainsi que garder le suivi avec les équipes. De ce fait, si les recruteurs ont à se déplacer, ils savent que tel ou tel joueur est blessé, par exemple.»

Au-delà du rôle de ressource dans lequel il se trouve, le but premier de la Centrale de recrutement demeure d’établir une liste des meilleurs espoirs en vue de la prochaine séance de sélection et de la rendre la plus fidèle possible à la réalité. «Nous ne tenons pas compte des préférences des équipes, cela dit. C’est ce que nous pensons des meilleurs joueurs en Amérique du Nord et en Europe.»

Par ailleurs, les recruteurs des différentes équipes, lorsqu’ils croisent Cholette dans un amphithéâtre du Québec, n’hésitent pas à le consulter pour avoir une deuxième opinion sur un joueur en particulier. Le fait qu’il était avec les Tigres auparavant a notamment contribué à la confiance que lui accordent les recruteurs. «Il y a des liens de confiance qui s’établissent. Ils me demandent parfois ce que je pense d’un joueur. Peut-être qu’ils veulent valider leur opinion. Si on me demande mon opinion, je vais la donner, mais je vais toujours donner la même, peu importe l’équipe pour laquelle le recruteur travaille. Il faut que je sois équitable. De plus, si je parle au recruteur de Saint-Louis, par exemple, et que le recruteur d’une autre équipe vient me voir ensuite pour me parler du même joueur, je ne peux pas lui dire que le gars de Saint-Louis l’aime lui aussi. Les recruteurs ne me parleraient plus si je faisais ça.»

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la Centrale de recrutement effectue un classement des meilleurs espoirs chaque mois, mais que seulement deux listes sont dévoilées au public.

Pas l’intention d’arrêter de sitôt

N’ayant jamais envoyé son curriculum vitae depuis le début de sa carrière dans le monde du hockey, Cholette ne ferme aucune porte pour la suite de sa carrière. «Je ne suis fermé à rien. S’il y a une opportunité qui ferait mon affaire, je suis ouvert. Ça fait deux ans que je suis à la Centrale et ça va bien. Je m’entends bien avec les gens en place. Je n’ai pas de raisons de quitter, mais s’il y a une occasion qui se présente, je vais prendre le temps de l’évaluer.»

L’homme âgé de 53 ans, bientôt 54, pourra, dès l’automne 2021, prendre sa retraite de son emploi à temps plein chez Wawanessa Assurances s’il le désire. Bien qu’il ne sache pas encore ce qu’il va faire relativement à`cet emploi qu’il apprécie, il est clair que l’univers du recrutement, dans lequel il est encore plongé à temps partiel, demeurera dans son quotidien pour un bon moment. «C’est sûr que j’aimerais avoir plus de temps pour le hockey. […] Est-ce que je prévois faire ça encore plusieurs années? Je ne le sais pas. Je n’ai jamais vraiment eu de plan de carrière. J’ai déjà eu l’opportunité d’être directeur général dans la LHJMQ, mais je n’écoutais presque pas, car mon travail de tous les jours ne me le permettait pas. Les conditions de travail que j’ai faisaient également en sorte que j’aurais été fou de quitter ça. Il arrive des moments dans la vie où tu dois choisir entre le cœur et la raison. Là, je fais ce que je fais, mais je verrai pour la suite.»

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