Drame à Saint-Apollinaire : «il faut agir pour la protection des enfants»

Par Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Drame à Saint-Apollinaire : «il faut agir pour la protection des enfants»
La présidente du Conseil du trésor et députée de Champlain, Sonia LeBel (Photo : Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Bien que de nombreuses questions restent en suspens concernant le drame qui a coûté la vie aux petites Romy et Norah Carpentier, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, croit qu’il est la preuve que beaucoup reste à faire en matière de protection de la jeunesse. 

«C’est très difficile à vivre, comme mère, c’est très prenant et très touchant, parce qu’on ne peut s’empêcher de faire de la projection. Il n’y a pas de mots pour ça. Et professionnellement, ça me fait dire qu’il faut continuer à travailler et à être vigilant», a-t-elle indiqué.

«C’est sûr qu’il va falloir bien comprendre ce qui s’est passé avant de pouvoir en tirer des conclusions. Mais c’est encore une illustration qu’il faut agir pour la protection des enfants», a-t-elle ajouté.

Rappelons que le père des deux fillettes, Martin Carpentier, demeure introuvable depuis une semaine. Il est considéré par la police comme suspect dans la mort de Romy et Norah. On ignore toujours son rôle dans leur décès et l’état d’esprit dans lequel il se trouve, mais Mme LeBel évoque la possibilité qu’il ait été en détresse psychologique avant les événements.

«Il faut agir aussi en amont auprès des gens qui sont en détresse. Je pense que c’est un des messages bien relevés par ma collègue Isabelle Charest (ministre responsable de la Condition féminine), c’est que si vous avez des signes (de détresse), ne prenez pas de chance, consultez. Des gens attendent peut-être trop longtemps avant de le faire», a souligné la ministre LeBel.

Cette dernière reconnaît cependant qu’il est difficile de se prononcer sur les causes de ce drame, puisque le principal suspect est toujours au large et que la police n’a toujours pas dévoilé la cause du décès des fillettes pour ne pas nuire à son enquête.

«Je vais toujours être autour de la table»

Mme LeBel avait fait de la protection de la jeunesse l’un de ses chevaux de bataille lors de la campagne qui a mené à son élection comme députée de Champlain, en 2018. Bien qu’elle ne soit plus ministre de la Justice, puisqu’elle a récemment été nommée à la tête du Conseil du trésor, elle assure qu’elle continuera à suivre de près ce dossier.

«Mon collègue Lionel Carmant continue à travailler pour solidifier la DPJ. Ça fait partie d’une priorité gouvernementale qui est encore très présente. Malgré mes nouvelles fonctions, je demeure très proche de ça, dans le sens que j’ai quitté la Justice, mais ça va demeurer ma première passion, donc je vais toujours être autour de la table», a-t-elle souligné.

«Améliorer le système de justice»

La présidente du Conseil du trésor a également commenté la vague de dénonciations d’agresseurs sexuels qui déferle sur les réseaux sociaux depuis une semaine. Bien qu’elle préconise le recours au système de justice, elle dit comprendre les victimes qui n’ont plus confiance en lui et préfère dénoncer en ligne leur agresseur.

«Il faut comprendre l’état de ces personnes-là, qui ne sont pas toujours prêtes à dénoncer de cette façon-là. Mais nous, notre travail comme politicien, comme juriste, comme responsable de ce système-là, c’est de travailler à augmenter la confiance pour que ces personnes-là se sentent à l’aise de se tourner vers le système de justice», a-t-elle indiqué.

Mme LeBel rappelle par ailleurs l’existence de la clinique Juripop, qui peut accompagner les victimes dans leurs démarches. La clinique a reçu un financement de 2,6 millions $ de la part du gouvernement du Québec, en décembre dernier, pour offrir des services d’accompagnement et de conseils gratuits aux victimes de violences sexuelles.

«C’est dans l’optique d’aider ces femmes-là et ces personnes – parce que des fois, il y a des hommes aussi, il ne faut pas le négliger – à se tourner vers le système de justice au sens large, donc pas juste les tribunaux. Les CAVACS (Centres d’aide aux victimes d’actes criminels), IVACS (Indemnisation des victimes d’actes criminels), etc., comment on peut les aider à cheminer à travers ça selon leurs besoins», a-t-elle précisé.

Le Nouvelliste

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Nadine
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Nadine

La Protection de la jeunesse c’est une grosse machine qui, à mon avis et selon mon expérience, n’agisse pas toujours pour la protection des enfants et n’amène pas L’aide nécessaire aux parents. En tant que mère monoparentale, je n’ai eu aucune aide de leur part même après des signalements et des appels répétés. Mes enfants sont décédés avec leur père d’un accident de voiture et cela aurait pu être évité si j’aurais été prise au sérieux au lieu de me référer à la sûreté du Québec qui eux me transférait à nouveau au centre jeunesse parce qu’aucun des deux n’a… Read more »