Sommes-nous prêts à une résurgence du coronavirus?

Communiqué
Sommes-nous prêts à une résurgence du coronavirus?
(Photo : gracieuseté)

Il y a quatre mois, le Canada n’était pas prêt à faire face à la première vague de la pandémie de COVID-19, mais est parvenu à aplatir la courbe. 

La semaine dernière, le dirigeant de l’Organisation mondiale de la Santé a indiqué que des éclosions sont inévitables alors que les pays commencent à assouplir les mesures de confinement. Que doivent faire les Canadiens pour se préparer à une éventuelle résurgence de la COVID-19? L’Association médicale canadienne (AMC) a identifié cinq enjeux auxquels le pays doit répondre :

Maintien des efforts : Les Canadiens ont respecté les mesures de santé publique, ce qui a permis d’aplatir la courbe, et il est plus important que jamais qu’ils continuent de le faire. L’AMC encourage les autorités de santé publique à poursuivre la communication de messages clairs et uniformes aux Canadiens.

Dépistage et enquêtes efficaces : Pour que l’on puisse repérer rapidement les cas, l’accès aux tests de dépistage est essentiel. L’entreprise rapide de la recherche des contacts est par ailleurs indispensable pour ralentir la propagation du virus. Le dépistage stratégique proactif chez les travailleurs essentiels et chez les populations susceptibles d’être atteintes est aussi particulièrement important, puisque certaines personnes infectées sont asymptomatiques. Or, le dépistage et la recherche des contacts à grande échelle ne sont toujours pas répandus.

Protection de la santé et de la sécurité des travailleurs de la santé œuvrant en première ligne : L’approvisionnement et la distribution d’équipement de protection individuelle (EPI) ont été un exemple criant du manque de préparation du Canada à une pandémie de cette ampleur. Même si la production nationale et les efforts du gouvernement augmentent, il demeure difficile de veiller à ce que les travailleurs de la santé aient un accès adéquat à l’EPI. Il faut fournir des directives plus claires pour assurer une utilisation appropriée. De plus, la santé et le bien-être des travailleurs de première ligne sont une préoccupation croissante, comme ils travaillent sans relâche depuis des mois dans des circonstances intenables. Le gouvernement doit faire plus pour reconnaître les risques et les difficultés financières uniques de nos travailleurs de première ligne.

Protection des populations marginalisées et susceptibles de contracter la maladie : Certains groupes ont été touchés de façon disproportionnée par la première vague de la COVID-19. Le Canada a lamentablement échoué à protéger ces groupes, en particulier les résidents des établissements de soins de longue durée. Les populations marginalisées ont aussi été très touchées et ont besoin d’un meilleur accès aux soins de santé, aux services sociaux et aux ressources.

Gestion des autres enjeux sanitaires : Grâce à l’intervention des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi qu’aux efforts des Canadiens, qui ont respecté les directives de santé publique, nos systèmes de santé ont pu répondre aux besoins de la population pendant la pandémie. Alors que les gouvernements et les experts de la santé publique réfléchissent aux façons de lever certaines mesures, nous commençons cependant à saisir l’ampleur du travail et de l’investissement nécessaires pour que les services de santé puissent être repris. Pendant la pandémie, une bonne partie des services de santé (interventions chirurgicales, consultations et actes médicaux jugés «non essentiels») a dû être reportée. Lorsque ces services seront à nouveau offerts, les systèmes de santé devront composer avec une augmentation importante des temps d’attente, qui étaient déjà longs.

«Nous devons tirer profit des leçons apprises ces quatre derniers mois pour éviter une éventuelle deuxième vague. Notre succès dépendra de notre capacité à respecter les directives de santé publique et à mettre en place des mesures essentielles comme le dépistage et la recherche des contacts ainsi que de la rapidité avec laquelle nous réagissons en tant que société. Le fait est que nous devons apprendre à vivre avec la COVID-19 et que nous pouvons aujourd’hui réduire les conséquences qu’aurait une résurgence de la maladie, notamment, de potentielles pertes de vie et des difficultés économiques», explique le Dr Sandy Buchman, président de l’AMC.

Autres enjeux à l’horizon : Si les enjeux susmentionnés sont les plus importants pour les médecins du pays, il y a d’autres questions sur lesquelles nous devons agir rapidement et à grande échelle, et pour lesquelles il faudra de la planification et des ressources, par exemple la vaccination, non seulement contre la COVID­-19, mais aussi contre les maladies associées à la grippe, qui surviennent habituellement à l’automne.

À propos de l’AMC

Depuis 1867, l’Association médicale canadienne est la porte-parole nationale de la profession médicale au Canada. Nous travaillons avec les médecins en exercice, les médecins résidents et les étudiants en médecine sur des enjeux d’importance pour la profession et la santé de la population canadienne. Nous préconisons des politiques et des programmes qui suscitent des changements significatifs au profit des médecins et de leurs patients.

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