Le Cercle de Fermières de Princeville a 100 ans

Par Carol Isabel
Le Cercle de Fermières de Princeville a 100 ans
La présidente des Fermières de Princeville, Danie Lévesque (Photo : www.lanouvelle.net)

C’est le 20 mai 1920 que le Cercle de Fermières prenait racine à Princeville, cinq ans après que les premiers Cercles de Fermières de la province aient vu le jour en 1915.

Bien installé depuis plus d’une quinzaine d’années dans un local de la salle Pierre-Prince, le plus vieil organisme de la municipalité de Princeville compte encore aujourd’hui une soixantaine de membres avides d’apprendre à développer leurs talents manuels et de contribuer à la préservation et la transmission du patrimoine culturel et artisanal tout en soutenant, par leurs actions, différentes œuvres de bienfaisance, et de promouvoir l’amélioration des conditions de vie de la femme et de la famille.

Report de la soirée du 100e anniversaire

En raison du contexte lié à la COVID-19, le souper soirée du 100e prévu le 23 mai au Complexe hôtelier Du Pré a été remis à une date ultérieure. «Nous gardons évidemment l’espoir de pouvoir fêter cet anniversaire au cours de l’année», a exprimé la présidente des Fermières de Princeville, Danie Lévesque.

Toujours en raison de la pandémie au nouveau coronavirus, l’organisme a été contraint de fermer son local de tissage situé au sous-sol de la salle Pierre-Prince en plus d’annuler son exposition annuelle d’avril, ses réunions et soirées-conférences. «Nos projets en cours peuvent attendre quelques mois, mais pas la santé de nos membres qui sont âgées pour la plupart de 70 ans et plus», a-t-elle confié.

Des projets réalisés

Au cours des deux dernières années, le Cercle de Fermières de Princeville a bénéficié de subventions de l’ordre d’un peu plus de 30 000 $ du programme Nouveaux Horizons du gouvernement fédéral. L’argent a notamment servi à doter le local de nouveaux métiers à tisser et de nouvelles machines à coudre ainsi que de divers autres équipements et accessoires pour rendre la vie de ses membres plus agréable et à offrir des cours de couture et de courte pointe.

La réussite du Cercle de Fermières passe évidemment par ses pionnières et celles qui se sont impliquées à leur façon durant toutes ces années. Actuellement, sept membres comptent 25 ans et plus de vie active au sein de l’organisme. Du nombre, on retrouve la doyenne, Irène Côté, qui œuvre dans les Fermières depuis 73 ans. Irène Côté (58 ans), Élise Nault (53 ans), Fernande Lafond-Croteau (51 ans), Céline Gagnon (45 ans), Yvette Blais (36 ans) et Laurette Côté (26 ans) font également partie de ce groupe sélect qui devait d’ailleurs être honoré lors de la soirée du 100e qui a été reportée.

Un peu d’histoire…

C’est le 20 mai 1920 que s’est déroulée l’assemblée de fondation des Fermières de Princeville qui en profitèrent pour élire leur premier bureau de direction formé de Mme Gédéon Dorval, Mme Xavier Lacroix, Mlle Alphonsine Poitras, Mme A. Brassard, Mme Charles Sylvestre, Mme Alfred Lemay, Mlle Émilienne Bélanger et Mlle Emma Boisclair (à remarquer que les femmes portaient alors le nom de leur mari). Le coût d’adhésion à cette époque était de 1 $. La première réunion se déroula à l’abattoir alors que les autres qui s’en suivirent eurent lieu à l’école.

Dès la première année, la soif d’apprendre des femmes de Princeville ne se dément pas. Elles participent en grand nombre aux cours et démonstrations organisées à leur intention. C’est ce qui explique qu’elles sont plus de 200 lors d’un après-midi à assister à un atelier sur la manière de cultiver les plants de tomates et de fraises. Ce fut ensuite le début des cours d’art culinaire et d’hygiène au foyer. Des expositions de leurs travaux domestiques en toile et en lin du pays sont aussi organisées.

La même année au mois de novembre, le Cercle fit l’acquisition d’une bibliothèque dans laquelle on pouvait trouver des livres sur l’agriculture et plusieurs ouvrages canadiens. Ce fut la première bibliothèque de Princeville. Chaque année, plusieurs cours et techniques nouvelles leur sont enseignés comme faire son pain, le filage et le tissage de la laine et du lin, la couture dans les vêtements usagés, le tricot et même le savon domestique. On assiste aussi à des concours de reprisage et de rapiéçage et chaque mois des parties de cartes sont organisées pour recueillir des fonds.

En 1936, l’organisme organise le premier concours de jardins et d’embellissement des demeures traçant ainsi la voie à la Société d’horticulture et son concours Princeville fleuri. En 1941, le Cercle achète un premier métier double au montant de 68.58 $. Puis, en 1942, les Fermières se réunissent pour préparer des banquets lors de décès ou grands événements tels que la Saint-Jean-Baptiste appelée aujourd’hui la Fête nationale.

En 1962, une des membres du Cercle de Fermières (Mme Siméon Bédard) voit à l’organisation du Vestiaire pour les personnes moins fortunées avec l’aide de quelques compagnes Fermières. Le Vestiaire existe encore aujourd’hui, et ce, de façon autonome. En 1966, les réunions des membres se déroulent au sous-sol de l’église. Puis en 1968, c’est l’incorporation des Cercles et l’adoption d’une charte.

Depuis les années ’70, les Cercles de Fermières sont profondément engagés dans plusieurs débats sociaux touchant, entre autres, la femme et la famille ainsi que l’environnement.

Le Cercle local s’implique aussi de plusieurs manières au sein de la communauté. «Durant plusieurs années, nous avons fait don de nos travaux d’artisanat au CLSC-CHSLD de l’Érable. Encore aujourd’hui, nous récupérons des cartouches d’encre et des téléphones cellulaires pour la Fondation MIRA. Nous collectons aussi des brassières pour le cancer du sein. Nous avions d’ailleurs remis 1400 brassières en 2012», commente Mme Lévesque.

Le Cercle de Fermières continue à recueillir des denrées non périssables pour l’organisme Partage Saint-Eusèbe et appuie financièrement la Fondation OLO pour soutenir une maman à mettre au monde un bébé en santé. «Nous donnons aussi des sous à l’organisme mondial ACWW pour aider les femmes dans des pays défavorisés en plus d’aider avec grand plaisir l’organisme Préma-Québec pour les parents ayant des enfants prématurés», d’ajouter la présidente des Fermières de Princeville. L’organisme offre de plus des «leçons» d’artisanat jeunesse en se déplaçant chez les jeunes de 6 à 16 ans intéressés et même à la Maison des jeunes. Elles ont aussi participé au projet de fabrication de toges pour les finissants de l’école secondaire Sainte-Marie.

«Nous avons raison d’être fières de faire partie du Cercle des Fermières de Princeville, pas seulement parce que nous sommes le plus vieil organisme de Princeville, mais bien parce que notre organisme a su évoluer, et ce, grâce à ses pionnières et à l’implication de son conseil et de chacune de ses membres», de conclure la présidente.

Mme Lévesque est appuyée de cinq autres membres faisant partie du conseil d’administration. Il s’agit de Marcelle Gourdes (vice-présidente), Chantal Morissette (trésorière), Nancy Simoneau (secrétaire) ainsi que Rita Durand et Marie-Paule Labbé (conseillères).

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