Sécurité alimentaire : pas de hausse fulgurante

Par Manon Toupin
Sécurité alimentaire : pas de hausse fulgurante
La distribution des denrées alimentaires se fait désormais à l'extérieur de la place communautaire Rita-St-Pierre de Victoriaville, en respectant les consignes de sécurité. (Photo : gracieuseté)

Si la Sécurité alimentaire de Victoriaville a rapidement dû revoir ses façons de faire au début de la pandémie et du confinement québécois, elle n’a pas eu à faire face à une trop grande hausse de demandes d’aide alimentaire.

En entrevue téléphonique, la directrice générale, Isabelle Voyer, a indiqué que cela s’expliquait probablement par la rapidité du gouvernement fédéral à mettre en place des mesures financières, à déployer le filet de sécurité comme elle le dit si bien. «Nous avons enregistré environ 65 nouveaux ménages qui sont venus chercher des services, liés à la COVID-19», a-t-elle souligné.

Mais ils sont arrivés graduellement, sans trop causer de pression à l’organisme qui s’est tout de suite mis en mode solution afin de ne pas interrompre ses distributions alimentaires, nécessaires à ceux qui en bénéficient.

Des mesures ont fait en sorte qu’une journée de distribution hebdomadaire a été retirée du calendrier (sans pénaliser personne il va sans dire et pour éviter qu’il n’y ait trop de va-et-vient) de même que la collecte des denrées qui se fait aussi seulement deux journées par semaine. Cela évite que le chauffeur ne se promène trop souvent dans les commerces. «Ça nous amène à gérer les intrants autrement», a fait savoir Isabelle.

Quant à la distribution, elle a désormais lieu à l’extérieur de la place Rita-St-Pierre depuis le début du confinement. Tout se déroule rondement (en respectant les consignes) et chacun prend son sac confectionné d’avance, sur une table avant que celle-ci ne soit nettoyée pour servir à la prochaine personne.

Plus question d’offrir des choix de changement comme auparavant. «Les gens partent avec ce qu’on a préparé et pour ce qu’ils ne mangent pas, on leur conseille de le donner à quelqu’un d’autre», explique la directrice générale. Tout cela afin d’éviter, autant que possible, la manipulation non nécessaire. Il a fallu revoir et réorganiser les façons de faire. Il faut maintenant trois jours de préparation pour les deux jours de distribution. Le nettoyage des denrées, notamment, s’est ajouté aux tâches qu’il faut désormais réaliser.

Pour cela, la Sécurité alimentaire peut compter sur de fidèles bénévoles. Certains, le tiers environ, ont dû délaisser leur présence pour différentes raisons, dont ceux qui sont âgés de plus de 70 ans. «On a hâte de les revoir.» Mais il en reste des efficaces qui reviennent semaine après semaine et qui occupent toujours la même fonction.

Du côté des denrées alimentaires, les dons provenant de la population en général et des commerces sont à la baisse. Il faut dire que les bacs prévus à cet effet, dans les épiceries notamment, sont moins remplis, les consommateurs étant préoccupés par leurs propres besoins et pressés de ressortir du supermarché. Mais il y a aussi eu plusieurs dons de restaurants qui ont fermé leurs portes et de commerces aussi, notamment beaucoup de chocolat de Pâques qui s’est retrouvé sur les tablettes de l’organisme.

S’ajoutent à cela des difficultés d’approvisionnement pour certaines denrées. Au départ, par exemple, le macaroni Kraft et le beurre d’arachide étaient difficiles à trouver. «Cela nous a amenés à acheter plus de denrées non périssables, périssables, de produits congelés, de fruits et de légumes, de lait et d’œufs», fait-elle remarquer.

Mais le but de conserver la distribution collective a été atteint même s’il faudra peut-être revoir et réévaluer les procédés. «Mais dans l’ensemble, je suis contente. On s’est bien adaptés aux nouvelles réalités», apprécie-t-elle. Même chose pour ceux qui profitent des services qui, de l’inquiétude du départ, sont désormais habitués à faire autrement.

La Sécurité alimentaire continue donc à nourrir près de 2500 personnes différentes annuellement. De ce nombre, 30% sont des enfants de moins de 18 ans.

La suite

Comme tout le monde, à la Sécurité alimentaire, on ne sait pas ce que réserve l’avenir. L’organisme fait déjà face à un manque à gagner de 25 000 $, des revenus provenant de l’annuel souper venaison qui a dû, comme tous les autres événements, être annulé.

Et il y a les tablettes qui sont vides et qu’il faut regarnir, une situation fréquente au mois de juin. «Nous faisons des achats grâce à des dons», ajoute Isabelle.

Mais heureusement, grâce aux mesures rapidement mises en place, l’équipe de la Sécurité alimentaire n’a pas vu la maladie contaminer l’équipe ou les utilisateurs. Des choses ont changé, mais peut-être que les nouvelles pratiques seront conservées même après la pandémie. «Et on a vu arriver de nouveaux bénévoles après l’appel du premier ministre Legault à aller aider les organismes», apprécie-t-elle.

Le processus d’embauche reprendra

Quant à Isabelle Voyer, elle avait annoncé qu’elle quittait son poste à la direction à la fin de l’année 2019. Le processus d’embauche pour sa succession avait été amorcé, mais interrompu à la mi-mars.

Il devrait reprendre bientôt afin de trouver la  nouvelle personne qui prendra en charge la direction générale de l’organisme. Isabelle, de son côté, souhaitait devenir intervenante à l’animation avant de retraiter. Mais avec la fin des rassemblements, on ne sait ce qu’il adviendra de ce poste qu’elle voulait occuper.

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