La Fabrique Paparmane, de plus en plus visitée

Par Manon Toupin
La Fabrique Paparmane, de plus en plus visitée
Le passage remarqué d'une oeuvre d'Amélie Roberge à Infoman a eu des répercussions sur toute la Fabrique Paparmane. (Photo : Hans Drouin)

Depuis qu’une de ses oeuvres a été choisie pour faire partie de l’émission de télévision Infoman (à la fin du mois de mars), la Fabrique Paparmane d’Amélie Roberge connait un vif succès du côté des ventes.

Il faut dire que la présentation de son oeuvre, pour l’exposition à la galerie Jean-Tal et intitulée «À quoi rêvez-vous?- Art traditionnel sur fond de pipeline», a permis à plusieurs personnes, dans la région et surtout à l’extérieur, de découvrir son travail artistique. «Depuis l’émission, on en a parlé à différents endroits et ma boutique en ligne s’est vidée», a-t-elle raconté en entrevue téléphonique.

L’artiste, qui habite Tingwick, a été bien surprise de tout l’impact que cette émission qu’elle adore (tout comme ses enfants et son conjoint) a eu sur son art. Cela lui a permis de faire des ventes (par l’entremise de sa boutique Etsy) un peu partout dans la province et même à l’extérieur.

C’est que l’œuvre choisie pour l’exposition, un capteur de rêve fait de tuyaux de plomberie et d’un crâne de Longhorn peint, a impressionné, notamment à cause du médium utilisé. Pas fréquent en effet, surtout au Québec, d’utiliser des os d’animaux morts comme canevas de peinture.

Mais pour Amélie Roberge, c’est tout à fait normal de redonner une nouvelle vie à ces restes découverts dans les bois aux alentours de chez elle.

«J’ai toujours travaillé avec des matériaux récupérés, trouvés ici et là», se souvient-elle. Quant à l’art, il a toujours fait partie de sa vie, depuis qu’elle est toute petite. Dans son parcours scolaire, il était bien présent, et ce, même si elle est finalement devenue enseignante (mais aujourd’hui elle fait surtout de la suppléance à l’école de Tingwick).

Ce sont ses grands-parents, qui la gardaient souvent, qui lui ont montré à recycler au maximum. La broderie, couture, tissage, tout cela lui vient de ses grands-parents. «Pour moi, récupérer et transformer ce qu’il y a dans mon environnement a toujours été normal», estime-t-elle.

C’est lorsqu’elle est arrivée sur son grand terrain de Tingwick, en 2007 (après avoir vécu en Colombie-Britannique et en banlieue de Montréal), qu’elle a découvert toutes les richesses qu’on pouvait y trouver. Ainsi, tandis que la majorité se rend dans les grands magasins pour trouver des fournitures d’artisanat, Amélie, elle, s’approvisionne dans la nature. Crânes de chevreuils et autres bêtes, plumes, pics de porc-épic, tout ce qu’elle trouve l’inspire. «J’en avais déjà vu ailleurs des crânes peints, mais c’est tellement beau et lourd de sens. Ça dégage quelque chose», a-t-elle découvert. Pour elle, il s’agit d’une ode à la vie que de mettre en valeur ces restes d’animaux. Certains sont fascinés par ses créations alors que d’autres n’aiment pas du tout. Mais elle propose aussi d’autres items faits à la main comme des housses de coussins (fait à partir de restes de tissus), des sacs à fruits en filet, etc. Et actuellement, elle fait de la recherche et du développement de produits alimentaires. Gelée de sapin, câpres en boutons de marguerites et bien d’autres encore pourront s’ajouter à son inventaire. «Parce qu’il y a plein de choses qu’on peut faire avec nos ressources», souligne-t-elle. En plus, en cette période où plusieurs visent la souveraineté alimentaire, cela s’inscrit à point. «Je viens de découvrir que j’ai des racines algonquines. Cela me donne encore plus le goût de la terre», a-t-elle confié.

Quant au nom de sa boutique, Fabrique Paparmane, elle explique qu’il lui vient du fait qu’au départ, ce sont des tapis tissés (à partir de vieux t-shirts) qu’elle y vendait. «Ça me rappelait mon enfance avec les paparmanes (en fait du thé des bois qui ramène à la nature). Tout ça allait bien avec ma grand-mère», se souvient-elle.

Amélie Roberge est une touche-à-tout qu’on ne peut cataloguer. Et lorsqu’on lui demande de se décrire, elle dit simplement qu’elle est une amoureuse de la nature, de l’histoire et de l’art. Elle fait de la musique aussi, batteuse dans le groupe féminin Les Bladies, pour lequel elle vient d’écrire les paroles d’une chanson qu’on pourra découvrir bientôt.

La Victoriavilloise d’origine poursuit donc son travail artistique à Tingwick, elle qui doit regarnir sa boutique Etsy.

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GHISLAINE Lafontaine
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GHISLAINE Lafontaine

Bravo Amélie, nous sommes toujours très fières des réussites locales et en plus de la fille d’un cousin Félicitation pour ta réussite