Un Centricois aide à rapatrier des milliers de Canadiens

Par Marie-Eve Veillette
Un Centricois aide à rapatrier des milliers de Canadiens
Gabriel Turmel-Bussières (Photo : gracieuseté)

Depuis le début de la crise de la COVID-19, Gabriel Turmel-Bussières a contribué à rapatrier quelques milliers de Canadiens. En pause bien méritée d’ici un prochain vol, ce directeur de bord d’Air Canada, originaire de Sainte-Sophie-de-Lévrard, a pris quelques minutes pour raconter son histoire à notre collègue du Courrier Sud.

«Je suis en assignation spéciale. On est un groupe d’équipage précis à travailler sur les rapatriements [depuis la mi-mars]. En 18 jours, environ, j’ai fait un vol Barcelone-Montréal, un vol Alger-Montréal et trois vols Lima-Toronto. On est tous là sur une base volontaire.»

L’aide au rapatriement se traduit par de longues journées de travail; généralement entre 16 et 20 heures. «Ça prend beaucoup d’énergie et de volonté, consent Gabriel Turmel-Bussières. Mais c’est important de s’impliquer en ce moment. Comme travailleur de première ligne, il faut lever la main et donner notre support où l’on peut.»

Son rôle est de veiller à la sécurité des passagers, dans le respect des recommandations des autorités de la santé, avec qui son employeur est en contact étroit. Depuis le début de la crise, d’ailleurs, des mesures sanitaires accrues sont en place à bord. Le port de gants, de masques, de lunettes de sécurité et d’un habit protecteur, entre autres, s’ajoute à la désinfection des avions entre deux vols.

«La distanciation sociale est évidemment difficile à pratiquer à bord d’un avion en raison de son espace confiné et restreint. Par contre, elle est pratiquée autant que possible, fait savoir le directeur de bord âgé de 25 ans. Nous demandons aux passagers de minimiser les mouvements non essentiels dans la cabine et nous interdisons les rassemblements dans toute zone.»

Les appareils eux-mêmes favorisent un environnement sain, assure par ailleurs le jeune homme. «Ils sont équipés de filtres à air et de désinfectants de la même qualité que dans les hôpitaux. Ceux-ci filtrent l’air de l’appareil et le changent au complet aux 2-3 minutes.»

Accueillis en héros

Si le vol de rapatriement, techniquement parlant, se déroule comme un vol normal, il n’en demeure pas moins qu’une grande différence saute aux yeux des agents de bord au niveau de l’ambiance, comme en témoigne Gabriel Turmel-Bussières. «Dès l’embarquement, on ressent un sentiment d’apaisement chez les passagers; le réconfort de retrouver le sol canadien, dit-il. On les entend dire des choses comme «Nos sauveurs sont arrivés!» lorsqu’ils nous voient traverser l’aéroport, ou encore «Merci mille fois d’être venus nous chercher!» lorsqu’ils embarquent dans l’avion».

L’arrivée à destination est aussi un moment particulier, poursuit-il. «Les applaudissements sont surréalistes. Les passagers sont heureux et soulagés d’être finalement arrivés au pays. Plusieurs versent des larmes, plusieurs nous sourient, et tous nous remercient de notre bravoure.»

Passionné de son métier

Cette reconnaissance fait chaud au cœur, admet le directeur de bord, passionné de son métier, qu’il pratique depuis sept ans.

«Depuis que j’ai 15 ans que je rêve d’être agent de bord. Depuis mon premier voyage en avion, avec ma famille, en fait. On était allé en République Dominicaine et lors du vol, j’ai eu la chance d’avoir une conversation avec l’agent de bord, qui a répondu à mes questions. Ça m’a ouvert l’esprit à cette profession-là. J’ai vu la passion dans ses yeux et j’ai su que c’était pour moi», confie-t-il.

C’est à 18 ans qu’il postule chez Air Canada et y est embauché. Durant quatre ans, il a été agent de bord avant d’être promu directeur. Il a commencé sa carrière à Toronto pour rapidement s’en aller à Calgary, où il réside depuis six ans et demi.

«Je fais ma vie là et aux quatre coins du monde», conclut ce nomade dont la famille immédiate réside encore à Sainte-Sophie-de-Lévrard.

Le saviez-vous?

Les rapatriements au pays sont faits par des vols nolisés en coopération avec le gouvernement du Canada, qui reçoit et gère les demandes. Au moment de notre entretien avec Gabriel Turmel-Bussières, celles-ci provenaient majoritairement du Pérou, de l’Algérie, de l’Espagne, de l’Équateur et de la Colombie.

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