Une maman agricultrice engagée qui laboure au courage

Par Caroline Lepage
Une maman agricultrice engagée qui laboure au courage
Polyvalente, Valérie Fortier fait pratiquement toutes les tâches reliées à la Ferme Miline de Saint-Valère, dont elle est actionnaire avec son père. (Photo : www.lanouvelle.net)

Une mère qui s’est retroussé les manches après le suicide du père de ses trois enfants, il y a six ans, agit aujourd’hui comme leader parmi les femmes, comme elle, qui gèrent à la fois une famille et une entreprise agricole.

Valérie Fortier, de Saint-Valère, possède un très fort caractère. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a choisi le métier d’agricultrice : elle tenait à être sa propre patronne. Son amour des animaux l’a également poussée à prendre la relève de la ferme laitière Miline, où elle est actionnaire à 50% avec son père.

En 2013, le suicide du papa de ses trois enfants, qui travaillait pour une entreprise agricole, n’est pas venu à bout de sa détermination et de sa passion. «Avec le caractère que j’ai, si je ne suis pas capable de passer au travers, je suis aussi bien de finir comme lui», avait-elle lancé, après cette dure épreuve.

Sans tabou

Cette productrice agricole avait un troupeau de 48 vaches en lactation et un quota de 60 kg par jour à gérer, en plus de 210 acres de culture. «C’est là que tu te rends compte que les vaches continuent à produire du lait même si ça ne te tente pas», expose cette femme de 36 ans.

Mme Fortier avait aussi trois jeunes de 2, 4 et 6 ans à élever, seule. Elle a craint, à un moment donné, craquer à son tour. «J’avais perdu 40 livres en un mois. Je perdais le gros salaire qui entrait, je n’avais pas d’assurance-vie et je n’étais pas mariée», illustre-t-elle.

Cette femme courageuse a alors demandé de l’aide et a bénéficié du soutien du réseau de prévention suicide, du CLSC et a été suivie par une psychologue qui lui a permis de parler de ce qu’elle vivait. «Tous les enfants avaient chacun leur psy», spécifie celle qui organise tous les ans, avec eux, une envolée de ballons à l’anniversaire de naissance de leur défunt père.    Une proche l’a convaincue de prendre une semaine de vacances en République dominicaine, ce qu’elle croyait inconcevable dans sa situation. Trois familles différentes ont accepté de garder un de ses jeunes. Elle a trouvé un employé pour la remplacer à la ferme et elle a mis le voyage sur la carte de crédit, en se disant qu’elle allait gérer cette dépense à son retour. Toutes ces initiatives lui ont probablement sauvé la vie.

Prendre sa place

Mme Fortier a trouvé difficile d’entendre les mauvaises langues parler sans fondement de son drame, dans son village. Elle s’est donc engagée dans son milieu pour prendre sa place et elle a été élue, il y a deux ans, conseillère municipale. Elle assume la présidence des agricultrices du Centre-du-Québec, en plus d’être l’administratrice de Saint-Valère à l’UPA. Elle siège aussi au sein du comité des producteurs de lait du Centre-du-Québec.

Tous ses engagements lui permettent de contribuer à améliorer les choses. «Si tu ne t’impliques pas, tu ne changeras rien», lance celle qui détient une technique en Gestion et exploitation d’une entreprise agricole.

Sur le plan personnel, elle en retire également des bienfaits. «J’ai l’impression de servir à quelque chose», ajoute-t-elle.

Bien sûr, elle a également suivi la formation «sentinelle» pour déceler la détresse psychologique chez les gens qui oeuvrent dans le milieu agricole et prévenir le suicide. Elle ne compte pas les heures de ses semaines de travail très chargées, mais elle est heureuse d’avoir, depuis trois ans, un nouveau conjoint qui étudie actuellement en agriculture pour s’occuper de la ferme, avec elle. Il lui donne un bon coup de main, comme ses proches.

Ses enfants, qui ont grandi, peuvent jouer à l’ordi, sur la tablette ou écouté la télévision uniquement après avoir fait leurs tâches à la maison et à la ferme. Son père s’occupe de toute la «paperasse» de l’entreprise agricole. «Il est très compréhensif», laisse tomber la fille, reconnaissante.

De plus, un nouveau robot, acquis en septembre au coût de 70 000 $, soigne les vaches dans l’étable, ce qui lui libère 1 h 30 chaque jour.

«Avoir une ferme, ce n’est pas un travail, c’est un mode de vie», exprime cette agricultrice, avec le sourire.

 

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Lise à cote
Invité
Lise à cote

J’ai lu votre histoinmadame et vs avez été sur un modèle à commencé pour vos enfant et autour de vs .mon mari m’as dit de lire ce texte sur vs et quel compliment il m’a dit ! Que je vs ressemblais .jai reçu son commentaire comme un honneur .vs êtes wouaww .les épreuves ns forme mais il faut la base et vs l’avez. Bonne continuité de vie et soyez heureuse avec votre famille et vos projet de vie car vs été un très beau modèle pour vos enfant et plus tard vos petits enfants .

Frema
Invité
Frema

Vous êtes un modèle que beaucoup d’hommes ou femmes devraient suivre

Patrice
Invité
Patrice

Bravo tout simplement bravo et bonne continuité

Yolande
Invité
Yolande

Bravo Valérie! Quelle inspiration tu es pour nous les femmes. Par cette démonstration et cette détermination tu confirmes que nous sommes Les maître de notre destinée