Les Hells règnent dans la discrétion

Par Stéphane Lévesque
Les Hells règnent dans la discrétion
En raison de son rôle central dans la guerre des motards lorsqu'il était chef de l'Escouade Carcajou-Québec, Paul Laplante est considéré comme un expert dans le domaine. (Photo : Stéphane Lévesque)

Centre-du-Québec, Mauricie et dans toutes les régions du Québec, les groupes de motards criminalisés font peu la manchette. Rares sont devenus les règlements de compte. Entre eux, les individus vivant des fruits de la criminalité transigent dans un contexte qui est bien loin du climat de terreur du milieu des années 1990. Une discrétion souhaitée par les Hells Angels, selon l’expert Paul Laplante.

«La business n’a jamais été aussi bonne depuis que l’on a enterré la hache de guerre au début des années 2000 entre les Hells Angels et les Rock Machine. Il n’était pas là, mais Vito Rizzuto avait initié une rencontre entre Mom Boucher et Fred Faucher dans une des salles du palais de justice de Québec. En résumé, le message qui avait été passé en termes très crus c’est : «Arrêtez de vous entretuer, vous détruisez le marché» et on a écouté Rizzuto», révèle l’ancien chef de l’Escouade Carcajou-Québec.

Rappelons qu’en lutte pour le lucratif marché de la drogue, la guerre des motards a fait près de 170 morts, dont des victimes innocentes comme le jeune Daniel Desrochers. La mort de cet enfant de 11 ans victime de l’explosion d’un véhicule en pleine rue de Montréal amènera la création de l’escouade Carcajou en 1995, un groupe d’enquêteurs d’élite de la SQ, de la GRC et de différents corps policiers municipaux, et l’adoption d’une loi antigang.

«À partir du meeting organisé par la mafia, la guerre a arrêté. Chacun s’occupe de ses affaires et personne ne conteste maintenant l’autorité des Hells et de ses clubs affiliés dans la vente de stupéfiants. Il n’y a pas un gramme de cocaïne qui se vend au Québec qui n’est pas contrôlé par les Hells. C’est ce que j’appelle la TPH, la taxe provinciale des Hells de 10%. Qui vend de la cocaïne à Nicolet, Victoriaville ou Trois-Rivières ou n’importe où, se doit de verser 10% de la vente aux Hells. C’est clair, clair, clair», souligne Paul Laplante qui ajoute que l’on compte actuellement, selon ses informations, 86 membres en règle des Hells Angels au Québec.

Concernant les opérations d’envergure menées par les différents corps policiers, tout en précisant qu’elles permettent d’arrêter des individus et sans remettre en question la qualité du travail de ses anciens collègues, Paul Laplante déclare sans détour : «Tu ne tueras jamais les Hells, la drogue c’est trop payant!».

 

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