GRYB : équilibre entre succès et humilité

Par Andrée-Anne Fréchette
GRYB : équilibre entre succès et humilité
Luc D'Amours, Jacquot Caron et Rémi Beaudoin, copropriétaires. Jason McNeil se trouvait en Ontario lors du passage du Journal. (Photo : www.lanouvelle.net)

GRYB poursuit sa croissance. L’annonce d’un investissement de 6,25 M $, dont 2,2 M $ pour l’agrandissement de son bâtiment du boulevard Pierre-Roux, se transposera en 50 nouveaux emplois en 2020. Et dire que Rémi Beaudoin, en 2007, avait simplement besoin d’un godet pour sa pelle.

Les travaux de construction vont bon train chez GRYB, qui ajoute 24 000 pieds carrés à ses installations qui en comptent 70 000 depuis 2017. La croissance s’avère à nouveau au rendez-vous pour le Groupe R-Y Beaudoin, qui commençait timidement ses activités dans le sous-sol de Rémi Beaudoin en 2007. «On avait vendu nos parts d’Anderson, à Chesterville, avant de redémarrer chez moi. Il y avait mon père, ma conjointe et ma belle-mère», raconte l’entrepreneur.

En fait, au départ, Rémi Beaudoin achète une pelle et des camions, pensant se diriger vers l’excavation. «Avoir l’excavatrice, ça prenait une journée. Pour les godets, c’était 10 semaines d’attente. On s’est dit qu’on était pour les faire par nous-mêmes. En trois semaines, on les a dessinés et produits», confie-t-il. Inspiré par ce délai de livraison important, il fonde son entreprise avec Yvon Beaudoin, son père.

En 2009, le groupe acquiert un bâtiment de 10 000 pieds carrés sur la route de la Grande-Ligne, à Victoriaville. Ils peuvent ainsi rapatrier leur production et mettre fin à la sous-traitance. Avec 10 employés, GRYB s’attèle à la fabrication. On diversifie la gamme de produits d’attachements pour machinerie lourde. Puis l’espace vient à manquer et on construit une usine de 23 000 pieds carrés sur le boulevard Pierre-Roux, où l’on s’installe en 2015. L’agrandissement entamé en octobre est le deuxième nécessaire depuis. «On va pouvoir augmenter notre rendement. Quand on arrive dans les moments chauds de l’année, la capacité de production demeure la clé du succès», explique Rémi Beaudoin. Car on souhaite ne pas faire attendre les clients, l’idée de départ étant d’écourter les délais. «On ne veut pas tomber dans cette soupe là, mais nous y sommes», rigole-t-il.

Au fil des ans, pour pouvoir poursuivre sereinement les opérations et suffire à la demande exponentielle, M. Beaudoin a dû s’entourer de forces complémentaires. Aujourd’hui, GRYB compte quatre copropriétaires : Jason McNeil, Jacquot Caron, Luc D’Amours et Rémi Beaudoin.

Le chiffre d’affaires de l’entreprise a décuplé en cinq ans.

Acquisitions

GRYB a diversifié ses propositions d’attachements en répondant aux besoins de plusieurs secteurs d’activités. L’entreprise mise actuellement sur 150 employés à Victoriaville et 50 en Ontario, dans l’usine de Bateman, acquise en février 2019, où l’on se spécialise dans les grappins de tout genre. «C’est un produit supplémentaire dans la gamme, mais ça représente surtout un marché américain plus accessible», note M. Beaudoin. Oui, le quatuor lorgne de ce côté et y a déjà un représentant, qui y dessine une place pour GRYB tout en consolidant celle de Bateman.

Pour réaliser leurs ambitions, de nouveaux équipements apparaîtront à Victoriaville, dont des machines-outils numériques et une cellule de soudure robotique. «On double de la sorte la capacité de certaines machines, comme la plieuse, le tour, l’aléseuse horizontale. On a acheté la crème de la crème.»

Ressources humaines

Le principal défi rencontré par l’équipe demeure de dénicher les bons employés pour chaque poste. Grâce à l’immigration, on réussit à s’en tirer. «En administration, c’est plus compliqué. On cherche des gens bilingues, puisqu’on travaille beaucoup avec l’Ontario, et qui ont de l’expertise en région», fait savoir Luc D’Amours.

Pour séduire les éventuels candidats, l’image de marque compte. «On est proche de nos employés, on fait beaucoup d’activités et on garde ça clean», révèle M. D’Amours. Il faut rivaliser d’imagination. En février, GRYB tiendra une compétition pour les soudeurs. «Ce n’est pas un salon d’emplois, mais bien une compétition. Avec ça, on va attirer les soudeurs, qui passeront une belle journée. Il y aura des prix, mais ils découvriront l’entreprise et en parleront quand ils retourneront chez eux», explique-t-il.  Puisqu’on procède constamment à des embauches, la porte reste toujours ouverte.

Au Centre-du-Québec, le secteur manufacturier est bouillonnant, engendrant une chaude lutte pour conquérir la main-d’œuvre. Les hommes d’affaires signalent l’excellence et les réussites  d’entreprises d’ici, qui recherchent les mêmes talents qu’eux.

Le secret du succès de GRYB réside, selon les copropriétaires, dans la variété grandissante des attachements offerts, mais aussi dans leur capacité de rêver. «On se dit parfois en joke que notre but est de monter à 100 M $ de chiffre d’affaires, mais je te dirais que d’ici trois ans, on y sera facilement», dévoile Rémi Beaudoin. Toutefois, l’ingrédient principal de GRYB, pensent-ils, c’est l’humilité, qui transparaît dans les relations qu’ils développent avec les clients et les employés. «Notre mentalité d’entreprise familiale est encore présente. Ce n’est pas après mille projets qu’on va changer», constate M. Beaudoin.

Le chantier sur le boulevard Pierre-Roux se déroulera durant l’hiver. On y commencera les opérations en juin 2020. Les copropriétaires laissent entendre que plusieurs autres annonces d’importance s’en viennent.

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