Quand une résidence pour aînés est plongée dans l’obscurité

Par Claude Thibodeau
Quand une résidence pour aînés est plongée dans l’obscurité
(Photo : depositphotos)

Un préposé aux bénéficiaires dénonce la situation qu’il a récemment vécue alors que la résidence pour aînés qui l’emploie a été plongée dans le noir lors des vents violents.

L’homme, qu’on appellera Marc (nom fictif), préfère garder l’anonymat et taire le nom de la résidence où il travaille et qui accueille des dizaines de personnes. Son but : sensibiliser et éviter une répétition de ce qu’il a vécu.

Les vents ont soufflé violemment le 1er novembre causant de nombreuses pannes électriques. Quand Marc s’est pointé au travail pour 15 h 30, ce vendredi-là, la résidence se trouvait déjà sans électricité depuis le début de l’après-midi.

Étonnante révélation : ce bâtiment, pourtant relativement récent, ne dispose pas d’une génératrice. Quant aux lampes qui s’allument dans les corridors en cas de panne, les piles, aux dires du préposé, ne procurent de l’énergie que pour une demi-heure environ.

Au moment où Marc a entrepris son quart de travail, les fenêtres laissaient encore entrer un peu de lumière de l’extérieur. Mais il ne restait qu’environ 90 minutes de clarté. La panne a causé bien des inconvénients : ni l’ascenseur, ni les clochettes d’urgence des usagers ne fonctionnaient. «Nos téléphones internes étaient aussi hors d’usage. En cas d’urgence, pour faire le 9-1-1, j’aurais été obligé de partir à la recherche d’une collègue qui possède un cellulaire», fait remarquer le préposé.

Pour vaquer à ses occupations et prendre soin de la dizaine de résidents de son unité, Marc n’avait à sa disposition que de deux petites lampes. «Si je devais intervenir dans une chambre, les autres ailleurs se retrouvaient en pleine noirceur», précise-t-il.

Et cette obscurité, observe-t-il, n’est pas sans conséquence pour la clientèle. Certaines réactions, agitation, agressivité, peuvent apparaître. «Sans compter le grand danger de chute dans le noir», note-t-il.

À un moment, la direction a été contactée. «On a sûrement détecté une déception dans ma voix puisque la direction nous a apporté des lampes (frontales, notamment) et des piles. Peu après, l’électricité revenait. Il était environ 19 h 15», se rappelle-t-il, ajoutant que le lendemain, une autre interruption est survenue d’une durée de deux heures celle-là.

Marc aurait particulièrement apprécié, dans les circonstances, que la direction invite les collègues à prolonger leur quart de travail, plutôt que de quitter en raison de la panne. Il dit avoir éprouvé une sorte de sentiment d’abandon, surtout qu’il s’agissait d’une situation plus problématique que d’ordinaire.

Un coup de pouce pour les repas et les toilettes aurait été apprécié, d’autant que, pour les repas, on a dû emprunter les escaliers, faute d’ascenseur. Le constat de Marc, finalement, c’est que l’établissement n’a pas de plan d’intervention pour réagir en pareille situation. «Heureusement, aucun incident fâcheux ne s’est produit», souligne-t-il.

Le préposé a écrit une lettre à la responsable, lui faisant ainsi part de ses doléances, de sa déception, tout en soumettant certaines suggestions. Une génératrice notamment réglerait «une bonne partie des problèmes».

Marc dit vouloir sensibiliser la population tout en se demandant si les proches des résidents ont su ce qui s’est passé. Il espère des changements positifs pour que l’établissement soit bien outillé et prêt en cas de panne majeure.

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