Une confiance «conditionnelle» d’Alain Rayes envers Andrew Scheer

Une confiance «conditionnelle» d’Alain Rayes envers Andrew Scheer
Alain Rayes, député de Richmond-Arthabaska et actuel lieutenant politique du Parti conservateur pour le Québec (Photo : www.lanouvelle.net)

Le député de Richmond-Arthabaska et lieutenant politique pour le Québec du Parti conservateur du Canada, Alain Rayes, affirme avoir toujours pleinement confiance en son chef Andrew Scheer, estimant que son parti peut toujours penser former le gouvernement au prochain scrutin. Cette confiance, toutefois, est «conditionnelle».

«Je suis un gars d’équipe. J’ai confiance en mon chef. Je veux travailler à faire en sorte que le prochain gouvernement soit conservateur. Mais on n’a pas le choix, explique Alain Rayes. Il nous faudra poser des actions concrètes à la suite du rapport qui nous sera fait. On ne peut retourner en élection avec la même recette, la même façon de faire parce qu’on aurait les mêmes résultats.»

Le chef Andrew Scheer en est bien conscient, selon le député Rayes. «Il l’a d’ailleurs souligné lors du point de presse à la suite du caucus national tenu, mercredi, à Ottawa. Tout sera analysé à tous les chapitres, puis des actions seront prises. J’ai confiance que le processus nous mènera aux bonnes actions», a confié Alain Rayes, rencontré vendredi matin à son bureau de la rue de la Gare à Victoriaville.

Cela dit, le lieutenant politique reconnaît que la performance d’Andrew Scheer au Québec a été difficile en campagne électorale. «Cela fait partie du constat qu’on veut faire. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné? Est-ce la communication? Est-ce les enjeux ou ses positions personnelles? Chose certaine, une fois le constat établi, il faudra poser des actions si nous voulons faire des gains parce que l’objectif ultime, pour moi, c’est de former un gouvernement conservateur responsable avec une présence du Québec à l’intérieur. C’est pourquoi on souhaitait doubler le nombre de sièges, ce qu’on n’a pas réussi à faire», constate-t-il.

À savoir à quoi il attribue la défaite de son parti, Alain Rayes croit que certains éléments, différents selon les régions, peuvent l’expliquer. «Au Québec, la question des enjeux sociaux a fait mal. On n’a pas réussi à sécuriser les gens du fait qu’on ne voulait d’aucune façon rouvrir des dossiers, comme celui de l’avortement, avance-t-il. Nous n’avons pas réussi, non plus, à passer notre message portant sur plusieurs revendications du gouvernement québécois, notamment sur la non-contestation de la Loi 21, le rapport d’impôt unique et davantage de pouvoir en immigration et en culture. Le constat, dit-il, c’est qu’au chapitre de la communication, on n’a pas été en mesure de transposer notre message alors que, selon les analystes, nous présentions la meilleure équipe de candidats.»

Ce qui satisfait grandement Alain Rayes, c’est son écrasante victoire dans sa circonscription. «Le matin même, des observateurs politiques évoquaient la possibilité que mon siège soit en danger. Malgré nos sondages favorables, cela a de quoi susciter des doutes», formule-t-il, ajoutant même avoir été presque surpris des résultats, plus de 45% des voix. «Ce résultat me procure le sentiment d’avoir les coudées franches pour continuer à travailler avec tous les acteurs de la région. Ça me donne de l’énergie pour continuer à accomplir ce travail avec les élus de la région, avec les gens du milieu, les leaders de la communauté et les citoyens», exprime-t-il.

Le caucus

Les 121 députés conservateurs élus et les 4 qui ont subi la défaite se sont réunis en caucus, mercredi, un exercice qui a duré sept heures au cours duquel les échanges, admet Alain Rayes, ont été parfois vigoureux. «Ç’a été l’occasion de parler des bons et des moins bons coups. Oui, ce qui ressort le plus, c’est ce qui a moins bien été. Les gens ont partagé en toute confiance les éléments qu’ils souhaitaient, note-t-il. En ce qui me concerne, même si on a obtenu plus de votes et davantage de sièges, même s’il s’agit de la plus forte opposition dans l’histoire du Canada, ce n’est pas une victoire.»

Par ailleurs, les députés conservateurs ne se sont pas prévalus d’un article de la loi parlementaire leur permettant de contester le chef. «Les députés n’ont pas accepté de le faire, précise Alain Rayes. Dans la culture de notre parti, le chef est élu par les membres. La constitution de notre formation stipule qu’au congrès suivant une défaite, les membres procèdent à un vote de confiance pour décider s’ils souhaitent que le chef demeure en poste.»

Le caucus a permis au chef Andrew Scheer d’annoncer la nomination de John Baird, un ancien ministre du gouvernement Harper, à titre de responsable de la consultation post-mortem. Une tournée nationale des 10 provinces sera effectuée. «Il rencontrera  les gens, dont tous les candidats défaits, pour entendre les commentaires et ensuite des actions seront mises de l’avant en vue des prochaines élections», souligne le député Rayes.

Le représentant de Richmond-Arthabaska occupe toujours, pour l’instant, le poste de lieutenant politique. Mais son rôle pourrait changer. «Pour le moment, je dois terminer mon travail de lieutenant, remettre mon rapport au chef, lui faire part de mes observations pour le Québec et de ce que je pense qui devrait être fait en vue du prochain scrutin. Puis, au cours des prochaines semaines, tous connaîtront les responsabilités qu’ils devront assumer», mentionne Alain Rayes, prêt à jouer n’importe quel rôle qu’on lui confiera.

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Anthony
Invité
Anthony

Je suis désolé mais je ne crois pas que ce sont les idées du parti conservateur qui ont faites en sorte de la victoire de M. Rayes. Selon moi, peut importe le parti qu’il aurait représenté, M. Rayes aurait été élu quand même.

Francois Mercier
Invité
Francois Mercier

La fin de campagne conservatrice a démontré, a mon avis, que M. Scheer est un homme d’une moralité douteuse. On juge un homme avant tout par ses actes et non par ses paroles. Il est inadmissible de payer une compagnie de relations publiques pour détruire l’image d’un adversaire politique, peu importe l’adversaire. En fin de campagne, alors qu’il sentait que la situation pouvait lui échapper, M. Scheer a utilisé des propos mensongers, comme supposer qu’un adversaire politique aurait parlé d’augmenter la TPS, afin de créer de la peur chez l’électorat. La chroniqueuse politique Chantal Hébert (et bien d’autres) seront plus… Read more »

Anthony
Invité
Anthony

Je partage pleinement votre point de vue !

Gaston M.
Invité
Gaston M.

Vous dites que les Conservateurs n’auraient pas réussi à bien faire passer leur message… Il serait peut-être temps que les Conservateurs comprennent que les publicités négatives et agressives de style « attack ads » contre les adversaires, que les Conservateurs ont utilisé énormément durant la campagne électorale, fonctionnent bien aux USA mais ne fonctionnent pas du tout au Québec. Ce genre de publicités finit par carrément « tomber sur les nerfs » et n’aide surtout pas à faire comprendre le programme d’un parti…

Lavigne Nicole
Invité
Lavigne Nicole

Je suis en accord avec vous.

Frema
Invité
Frema

Alain sait que si on garde le même chef sa job qu’il a sera préservée ,mais le changement de chef pas sur qu’il aura cette job

fLo
Invité
fLo

le lieutenant politique poignaede sans le dos son chef Andrew heer