Trois frères amoureux du tennis

Par Matthew Vachon
Trois frères amoureux du tennis
Éloi, Alexis et Mathis Roux (Photo : www.lanouvelle.net)

Si l’offre sportive s’est diversifiée ces dernières années dans la province, le tennis ne s’avère pas encore le sport de prédilection des jeunes Québécois. Ce n’est toutefois pas le cas chez la famille Roux alors que Mathis, Éloi et Alexis en sont de grands adeptes.

Les deux plus vieux, soit Mathis, 16 ans, et Éloi, 14 ans, sont membres du programme sport-études tennis de l’école secondaire Le boisé. Le petit dernier, Alexis, 11 ans, espère rejoindre dès l’année prochaine le même programme que ses frangins. L’histoire d’amour entre les frères Roux et le tennis ne datent pas d’hier. C’est vers l’âge de 3 ans que Mathis a commencé à jouer avec sa raquette. Ses deux frères ont par la suite emboîté le pas à peu près au même âge. «Ce sont mes parents qui m’ont amené sur le terrain en premier et je ne faisais que frapper au début. J’ai commencé à aimer ça et c’est finalement devenu mon sport. Ce qui me passionne le plus du tennis, ce sont les défis et d’accumuler les victoires», a raconté Mathis.

Comparativement au hockey ou au football, le tennis est un sport individuel dont l’issue du match est uniquement imputable aux performances du joueur sur le terrain. Pour les membres du clan Roux, c’est un aspect qu’ils affectionnent. «Quand tu te retrouves au sein d’une équipe, il y parfois quelqu’un d’un peu moins bon. Quand tu perds au tennis, c’est uniquement de ta faute. Si tu gagnes, c’est aussi grâce à toi. Tu n’as pas d’excuses», a imagé Éloi.

Auger-Aliassime, Shapovalov et Andreescu inspirent

Tennis Canada vit présentement les plus belles années depuis sa mise sur pied en 1890. La talentueuse joueuse de 19 ans, Bianca Andreescu, a remporté le prestigieux US Open et pointe désormais au 5e rang mondial de la WTA. De leur côté, les vedettes montantes du tennis masculin, Félix Auger-Aliassime et Denis Shapovalov, pointent désormais au 19e et 36e rang mondial respectivement. Le puissant serveur de 28 ans, Milos Raonic, a quant à lui chuté au 30e échelon de l’ATP puisqu’il est ennuyé par des blessures.

Ainsi, lorsque l’on demande aux trios fraternels qui sont leurs idoles, les réponses ne se font pas attendre. «Mon idole, c’est Félix Auger-Aliassime. Je l’aime bien parce qu’il est jeune et qu’il est très bon», a confié Alexis.

Pour Mathis et Éloi, c’est Denis Shapovalov qu’ils affectionnent tout particulièrement. «C’est une grande inspiration de voir ce qu’ils font. En quelque sorte, tu veux devenir un peu comme eux.»

Le 7 septembre dernier, lorsqu’Andreescu a marqué l’histoire du Canada en mettant la main sur les Internationaux des États-Unis, il ne fallait pas chercher le clan Roux. Tous les membres de la famille étaient rivés devant le téléviseur afin de suivre ce moment marquant. «Nous avons écouté tout le match. C’était le jour de la fête d’Éloi et toute la famille écoutait la rencontre. Nous étions une vingtaine autour de la télévision. Elle est vraiment très bonne.»

Cela leur donne donc espoir de voir un jour de plus en plus de jeunes choisir ce sport. La victoire et les succès qui se poursuivent sur la plus grande scène sont souvent des facteurs qui incitent les jeunes à opter pour un sport plutôt qu’un autre.

Faire carrière dans le monde du tennis?

Les belles histoires du tennis canadien commencent à affluer. Cela donne donc des aspirations évidentes à ces jeunes qui ne demandent pas mieux que de rêver. «C’est certain qu’on y rêve, mais il faudrait voir si c’est faisable», a estimé Mathis.

«C’est certain que ce serait plaisant arriver à ça, mais ça demeure assez difficile de percer», a noté pour sa part Éloi.

Les Roux n’ont cependant pas besoin de regarder très loin pour se motiver. En effet, la Warwickoise Mireille Moreau a fait le saut dans le circuit très relevé de la NCAA avec l’Université du Connecticut. «C’est inspirant de voir ça. Elle a travaillé sans relâche et repoussé ses limites pour se rendre jusqu’à ce niveau», a souligné le cadet.

Les jeunes n’ont d’ailleurs pas peur de passer de nombreuses heures sur le terrain. Lors de la saison hivernale, Alexis pratique deux fois par semaine pendant quelques heures tandis que les deux aînés jouent cinq fois par semaine pendant un peu plus de deux heures. L’été, la routine est plutôt similaire alors qu’ils passent environ chaque jour deux heures à frapper des balles.

D’ailleurs, fait intéressant, Éloi prendra part à l’Orange Bowl le 14 décembre. Ce tournoi, qui se déroule en Floride, est l’un des plus importants chez les juniors sur la scène mondiale. De grands joueurs, dont Roger Federer, Andy Roddick ou encore Juan Martin del Poltro, y ont notamment remporté les honneurs dans les différentes catégories (18 ans et moins, 16 ans et moins, 14 ans et moins et 12 ans et moins).

Des parents qui doivent répartir leur force

Lors de la saison hivernale, c’est un peu moins exigeant pour les parents, car les deux plus vieux s’entraînent pendant leurs journées d’école, mais l’été, Nicolas Roux (franchiseur Fromagerie Victoria) et Véronique Gagné (propriétaire du magasin Chaussures Pop à Plessisville) doivent trouver le moyen d’accompagner leurs garçons un peu partout au Québec afin de prendre part à leurs tournois. Une tâche qui demande bien de la coordination. «Il faut évidemment séparer la famille en deux à quelques reprises. Le père va avec l’un des gars à un tournoi et la maman va avec l’autre à une autre compétition. Ce qui est bien, c’est que les gars participent généralement aux mêmes tournois. Quand nous nous déplaçons, c’est pour deux ou trois, donc ça vaut la peine», a partagé la maman.

Et dire que tout ça a commencé lorsqu’ils ont amené Mathis au parc. Jamais ils n’auraient osé penser que leurs trois fils deviendraient d’avides joueurs de tennis. «Nous avons touché à tous les sports et nous avons finalement amené Mathis au parc. C’est comme ça que ça a commencé. Nous n’aurions pas pensé que ça deviendrait comme ça un jour.»

Bien qu’elle juge que ce soit une bonne chose que ses garçons puissent pratiquer à l’année leur sport, la maman veille quand même à ce qu’ils décrochent. «C’est important. Nous faisons plusieurs autres choses. Nous allons à la montagne pour faire du ski ou de la planche à neige. Nous avons aussi un chalet, donc nous faisons plusieurs activités qui viennent compléter le tout. La passion demeure cependant le tennis.»

Arrivant au terme de son parcours au secondaire, Mathis devrait bientôt faire le saut dans les rangs collégiaux afin de poursuivre sa carrière de joueur de tennis. Dans le cas d’Éloi, celui-ci passera bientôt chez les 16 ans et moins. Pour ce qui est d’Alexis, il devrait faire son entrée dans le programme sport-études tennis de l’école secondaire Le boisé.

 

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