Environnement : quand les citoyens passent à l’action

Par Andrée-Anne Fréchette
Environnement : quand les citoyens passent à l’action
Guillaume Desrochers, Pierrette Allison, Maureen Martineau et Lise Ricard (Photo : www.lanouvelle.net)

À l’entrée du service de garde et de la bibliothèque, deux offres municipales, un frigo collectif a fait son apparition. Il s’agit du premier projet du groupe Action environnement Tingwick, une initiative citoyenne récemment reconnue comme organisme sans but lucratif.

Maureen Martineau, Lise Ricard et Pierrette Allison, trois résidentes de Tingwick, municipalité qui compte 1441 habitants, ont décidé de contribuer à la protection de l’environnement. Le réfrigérateur libre-service constitue un premier pas dans cette voie. «Au début, les gens l’associaient à la sécurité alimentaire et hésitaient à s’y servir. On leur a expliqué que c’est une action pour contrer le gaspillage alimentaire», commence Mme Martineau. Puisque la plupart des familles du village circulent au quotidien dans la petite salle qui conduit au service de garde, le frigo remporte un succès immédiat. Tous les mercredis, le Marché A. Desrochers-IGA de Warwick offre ses produits invendus de fruits, légumes, yogourts, pains et pâtisseries. En deux jours, tous ces aliments trouvent preneurs.

Le projet anti-gaspillage a bénéficié du don d’un réfrigérateur et du prêt de la salle, qui demeure ouverte en tout temps.

Citoyens

Les trois fondatrices d’Action environnement Tingwick ont en commun de vouloir faire une différence dans leur localité. Elles souhaitent sensibiliser la population en l’informant notamment des petits gestes à sa portée, mais désirent aussi avoir un impact. Pour élaborer leur plan, elles ont d’abord tenu une assemblée publique, en juin, afin de tâter le pouls de leurs concitoyens. Une trentaine de personnes y ont participé, dont des jeunes du comité Partenaires 12-18. L’aspect intergénérationnel des démarches à entreprendre est apparu comme cher aux participants.

L’organisme ambitionne également de proposer à sa Municipalité des projets à mener, comme celui de supprimer les îlots de chaleur, par exemple. «On veut amener les citoyens à passer à l’action. C’est beau le recyclage, mais on veut aller plus loin et les entraîner à diminuer la consommation et réduire le suremballage», explique Lise Ricard. La plantation d’arbres, le covoiturage et l’aménagement d’une borne de recharge électrique constituent autant d’éléments sur lesquels ces femmes comptent travailler. Bien entendu, elles désirent le faire de concert avec les Tingwickois et la Municipalité. «Il y a déjà des actions faites par la Municipalité, comme l’installation d’abreuvoirs dans différents parcs. Ça permet d’éliminer les bouteilles d’eau lors des événements. Nous proposerons des choses complémentaires, simples et à notre portée, pour que les gens puissent les mener et réussir», indique Mme Martineau.

Éducation

Au Canada, 60% de la nourriture produite est gaspillée. Avec le Frigo collectif, on souhaite sensibiliser grands et petits à l’achat local et au gaspillage alimentaire.

Tous les aliments qui s’y retrouvent s’avèrent sains, mais simplement moins attirants pour les acheteurs vu la date de péremption. On s’assure d’ailleurs que les équipements restent propres. «Ça s’inscrit dans l’éducation qu’on veut faire. Ce n’est pas parce qu’il y a une date sur un yogourt qu’à ce moment précis, il n’est plus bon», souligne Pierrette Allison. Acheter en fonction des besoins réels, bien classer les aliments et exercer une vraie rotation permettent aussi d’éviter les pertes. «C’est une goutte dans l’océan pour contrer le gaspillage alimentaire. Mais la cinquantaine de familles qui passent s’y servir posent un geste. Ça les embarque dans une idée et on suppose qu’avec les activités, une fois dans leur foyer, ces gens seront plus attentifs au gaspillage dans leur propre frigo», songe Mme Martineau.

Avant d’installer leur Frigo collectif, les trois femmes ont fait leur devoir afin de respecter les consignes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Et dans le cas de dons, les consommateurs demeurent les premiers responsables de l’évaluation de la nourriture.

Les Tingwickois peuvent aussi partager dans le Frigo des surplus de leur récolte ou autres aliments.

Au Marché A. Desrochers-IGA de Warwick, on porte déjà une grande attention à l’achat local, confirme Guillaume Desrochers. Avant d’adhérer à la demande de l’organisme, les produits se retrouvaient directement au compost. Bien entendu, pour donner des aliments périssables, il faut considérer les lois, car le logo de l’entreprise reste bien visible sur les emballages. «On était frileux, mais petit à petit, on voit bien tout le processus», dit-il, rassuré. Pour lui, c’est gratifiant de constater que tous ces aliments sont consommés et que ça rend les gens heureux. En janvier, le Marché n’offrira plus de sacs de plastique et l’on parle désormais de vrac chez IGA.

Le 20 novembre, Action environnement Tingwick tiendra son assemblée de fondation au cours de laquelle on élira les sept premiers membres de son conseil d’administration. Dès lors, on souhaite pouvoir mener plusieurs projets, de différentes envergures, pour participer localement à la lutte aux changements climatiques. Si tout se déroule comme prévu, on imagine déjà planter des plants de bleuets au printemps.

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